Le lobbyiste … C’est Nicolas Hulot !

Publié par le 29 Août, 2018 dans Blog | 4 commentaires

Le lobbyiste … C’est Nicolas Hulot !

On s’achemine vers la canonisation de Nicolas Hulot !

Alors, que les chaines d’infos ont passé toute la journée d’hier à commenter la démission du ministre de la transition écologique, beaucoup de voix s’élèvent pour saluer les convictions de Nicolas Hulot qui caracole, depuis Ushuaia, en tête des hit-parade de popularité.

Je partage avec elles une certaine admiration pour l’homme, malgré ou plutôt à cause de sa naïveté.

Mais après l’émotion, la part des choses doit être faite. Et plusieurs autres sons de cloche ont commencé à tinter.

C’est d’abord, Ségolène Royal, jamais avare de commentaires sur les radios – et peut-être pas tout à fait désintéressée – qui a déclaré ne pas comprendre la démission de Nicolas Hulot. Personnellement, elle n’aurait jamais démissionné !

Je me suis aussi beaucoup amusé, ce matin, pendant l’interview du lobbyiste proche des chasseurs, Thierry Coste, par Yves Calvi sur RTL. Mis en accusation comme responsable de la démission du ministre Hulot, il a habilement retourné la situation à tel point que Yves Calvi en a failli avaler son micro d’indignation.

Voici un extrait de cette interview dont vous pourrez écouter l’intégralité.

Yves Calvi : Est-ce que vous avez conscience que votre présence aussi proche du pouvoir peut interpeler voire tout simplement choquer ?

Thierry Coste : Ah, non, c’est une véritable hypocrisie ! Nicolas Hulot a été pendant vingt ans, et je l’ai combattu pendant vingt ans, puisqu’il était lobbyiste, président d’une fondation financée par des industriels. Il a influencé quatre présidents de la République. Comme moi, il a parlé à l’oreille de quatre présidents de la République, sur des sujets qui étaient protection de la nature alors que moi je parlais des sujets ruralité et chasse.

Yves Calvi (s’étranglant) : Donc le lobbyiste, c’est Nicolas Hulot ?!? Vous êtes en train de me dire sur RTL, que le lobbyiste, c’est Nicolas Hulot ?

Thierry Coste : Mais il l’a été ! Il a fait du lobbying pendant vingt ans ! Au moment du Grenelle de l’environnement, je me suis battu contre lui parce qu’il voulait écarter les chasseurs qui représentent 1 100 000 personnes. Il les a éliminé du Grenelle de l’environnement en influençant Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo et nous n’avons pas été intégrés au Grenelle de l’environnement ! Il faisait du lobbying pour ses amis, mais c’est pas grave !

Voici l’enregistrement complet de l’interview :

Et ce matin, Nicolas Beytout, dans l’Opinion, en a fait le sujet de son édito :

Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé »

Nicolas Beytout

Remake de l’arroseur arrosé, la démission de Nicolas Hulot est en réalité l’épilogue de l’histoire du « lobbyiste lobbyé ». Toute la carrière du ministre démissionnaire a été construite autour du lobbying, avec comme figure centrale de l’influence, la sienne. Usant d’abord de sa notoriété télévisuelle, il a rapidement construit un instrument de pression à son nom, à sa main : la bien-nommée Fondation Nicolas-Hulot (qui changera plusieurs fois de nom ensuite). Lobbyiste parmi les lobbyistes, il a inscrit en toutes lettres dans les missions de sa fondation qu’elle « participe au débat public ». Plus clair encore, l’ancien ministre avait créé une société commerciale, Eole, dont l’objet était, entre autres « le conseil en relations publiques et en communication sous toutes ses formes ».

Nul mal à cela, naturellement, et la cause est noble. Mais du coup, les effarouchements de Nicolas Hulot face aux lobbies et à leur présence autour du pouvoir paraissent bien décalés. Il a lui-même été un as de la discipline, ayant réussi, en usant de son influence, à faire signer par les principaux candidats à la présidentielle de 2007 un Pacte pour l’Ecologie.

Au fond, l’ancien animateur de télévision n’aurait jamais dû franchir le pas, passer des idées à l’action politique, des bonnes intentions écolos à la gestion ardue d’un portefeuille ministériel. Il n’aurait pas dû quitter le statut admiré de sympathique militant de la planète pour celui décrié d’homme politique confronté aux compromis quotidiens. Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

Nicolas Beytout pour l’Opinion

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4 Réponses à “Le lobbyiste … C’est Nicolas Hulot !”

  1. Les émissions d’Ushuaïa étaient très intéressantes, mais pas très écologiques!
    Je n’ai pas compris ce que Hulot allait faire au gouvernement: nous empêcher de voyager (voiture ou avion), de consommer (électricité réduite à la maison mais voiture électrique!)(eau à la maison mais agriculture sans OGM donc arrosage extensif!).
    Je pense qu’il cherchait un moyen de partir en fanfare et a profité de cette réunion.

  2. Notre ex-ministre de l’hélicologie fait effectivement partie de ces quelques personnes dont on ne sait trop s’il faut saluer l’engagement ou déplorer la naïveté. Pour ma part, je lui fais crédit d’une réelle conscience écologique, là où tant d’autres (dont notre Président) manipulent ce sujet à de seules fins politiciennes, et d’avoir essayé de faire progresser ses idées là où la plupart se contentent d’asséner leurs leçons du haut de leur magistère moral, bien au chaud dans leur quartier bobo.
    Hulot s’y est cassé les dents, d’abord chez les Verts où il s’est fait piéger dans une secte marxiste qui a préféré à sa ligne écologique celle d’une juge norvégienne portée sur le gauchisme sociétal. Puis chez Macron où les lobbies font la loi, peut-être encore plus que chez tous les gouvernements précédents.
    Si je respecte sa démarche, et s’il a souvent pointé de vrais enjeux il n’en reste pas moins qu’il reste fondamentalement un homme de gauche (qui a voté Hamon en 2017) porteur d’une vision de gauche sur le sujet, où le principe de précaution est sanctifié, avec la décroissance comme but plus ou moins assumé, et finissant par une multiplication des taxes en tout genre (que l’automobiliste faisant 100 km par jour pour son A/R travail en province sans moyen alternatif ressent douloureusement).
    Il reste toutefois certains que les enjeux écologiques sont aujourd’hui fondamentaux : biodiversité, changement climatique, pesticides, pollution urbaine, océans, … et que la droite ne pourra faire l’économie d’une doctrine et d’un programme sérieux et humaniste sur le sujet. La droite ne peut apparaître elle aussi comme otage de lobbies industriels ou de clientèles électorales, façon USA (oil, gun & concrete), et n’a pas le droit de laisser par désintérêt ce sujet être préempté par les gauchistes qui nous prépareront un enfer altermondo-égalitairo-multiculti.
    Dernier mot : par pitié, que Jupiter nous épargne le énième come-back de Mme Ex-Normal 1er (n°1).

  3. Ravie qu’un lobbyiste ait eu l’audace d’informer son chef(d’état) par l’intermédiaire d’ un media…

    C’est encore plus jouissif que si Hulot avait été un simple ministre, plutôt qu’ un lobbyiste…

    En espérant que Hulot ait permis d’enlever une grosse quantité de voix (aux prochaines élections) et de soutiens de toutes sortes à ce prétentieux micro président, qui vient encore de nous rabaisser au Danemark en nous traitant de  »gaulois réfractaires » et en se targuant d’avoir  »créé un changement culturel et permis de retrouver le gout du risque »

    Remarquez que ce n’est pas faux :
    — Culturellement : »bon ramadan » souhaité dans tous les journaux, sa clôture fêtée par nombre d’édiles et, en même temps, les crèches interdites…
    Ce, entre autres changements culturels, comme la petite sauterie élyséenne de la fête de la musique…

    — Risques : Nous nos habituons progressivement aux risques d’égorgements pour un simple regard par des couteaux déséquilibrés, de viols pour causes de jupes trop courtes….

    Génial…

  4. A lobbyiste,lobbyiste et demi!

    Hulot, Tintin égaré en politique et alibi cosmétique de Macron à l’écologie,aurait dû rester aux commandes de son avion…

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