Le mauvais coup du Conseil d’État … à France Inter !

Publié par le 17 Fév, 2024 dans Blog | 1 commentaire

Le mauvais coup du Conseil d’État … à France Inter !

La décision du Conseil d’État exigeant de l’Arcom une surveillance plus étroite de la chaine CNews a fait beaucoup réagir ! D’abord à droite !

– Georges Fenech, à l’Heure des pros 2, a parlé de putsch judiciaire.

– Philippe de Villiers a déclaré que le Conseil d’État avait violé ce qui est écrit dans la loi de 1986, à la rédaction de laquelle il avait personnellement participé.

Dans l’article 13 de la loi du 30 septembre 1986 (consultable ici), il est stipulé que seuls les temps de parole des « personnalités politiques » doivent être controlés pour garantir le pluralisme.

Y inclure les journalistes et les chroniqueurs, comme le demande le Conseil d’État, est donc contraire à la loi dont il est chargé de vérifier le respect et en aucun cas de la réécrire !

La gauche et tous ses médias ont évidemment sablé le champagne.

Peut-être impudemment, car les plus grosses carences  de pluralisme ne sont pas forcément à trouver sur les antennes de CNews ! Messieurs Nicolas Demorand et Thomas Legrand, passés de la presse de gauche comme Libération, à France Inter, radio pilotée par l’extrême gauche n’ont-ils pas quelques soucis à se faire ?

Nicolas Demorand et Thomas Legrand

C’est l’objet de cet article de l’IREF :

Décision CNews : une victoire à la Pyrrhus pour la gauche ?

Le Conseil d’État a rendu le 13 février, sur saisine de Reporters sans frontières, une décision fort… médiatique.

La décision du Conseil d’Etat

La haute juridiction administrative a enjoint l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) de réexaminer sous six mois le respect par la chaîne CNews du pluralisme. Ce faisant, il a élargi, sur la base de la loi du 30 septembre 1986 relative à l’audiovisuel, la capacité de contrôle du successeur du CSA.

Le fait que, en pratique mais selon des modalités qui restent à définir par l’Arcom, le décompte du temps de parole sur les antennes ne va plus se limiter à celui des hommes politiques mais concerner l’ensemble des animateurs, chroniqueurs et autres invités, a provoqué un tollé à droite et à l’extrême droite qui ont crié à la censure et à l’« usine à gaz ».

Des réactions contrastées

De manière intéressante, l’animateur vedette de CNews, Pascal Praud, s’est exclamé : « J’attends que le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) saisisse l’Arcom ou le Conseil d’État pour qu’ils regardent comment France Inter et France Télévisions traitent l’attaque du Hamas du 7 octobre »… Et il a rappelé qu’il n’était pas responsable du fait que certaines personnalités refusaient de venir sur le plateau malgré des invitations renouvelées, avant de conclure que CNews ne se laisserait pas intimider par la « bien-pensance ».

De leur côté, la gauche et l’extrême-gauche se sont bruyamment réjouies de la décision. Les chaînes du groupe Bolloré en général et CNews en particulier sont depuis longtemps dans le collimateur tant de la presse de gauche (un pléonasme) que des hommes politiques, du parti socialiste à LFI en passant par les Verts. L’Humanité avait d’ailleurs publié peu avant une tribune qui demandait purement et simplement que soit refusé le renouvellement de l’agrément de CNews et de C8 à cause de la prégnance de l’extrême-droite (4 février 2024). Un comble pour un quotidien communiste largement subventionné par les contribuables !

Une victoire pour la gauche et l’extrême-gauche ?

Il est toutefois permis de se demander si cette victoire pour la gauche et l’extrême-gauche ne risque pas de se transformer en victoire à la Pyrrhus.

En effet, la décision du Conseil d’État n’a pas vocation à s’appliquer uniquement à CNews ; elle concerne l’ensemble des chaînes de radio et de télévision.

Et si elle s’applique effectivement aux chaînes du service public, les conséquences risquent d’être cataclysmiques pour elles.

S’il y a bien un endroit où le pluralisme n’est pas respecté, c’est bien de manière générale sur le service (prétendument) public. Certes, toutes les chaînes sont soumises à une obligation d’équité en ce qui concerne les invitations d’hommes politiques. Mais pour le reste, elles sont libres de choisir leurs chroniqueurs et leurs animateurs, de même que leurs invités. Si bien que la gauche et l’extrême gauche se trouvent de fait en situation de quasi-monopole sur les chaînes publiques. Il n’est que d’écouter ou de voir France Info pour se faire une idée du respect du pluralisme sur une chaîne de service public …

Pour que le marché des idées règne

Quoi qu’il en soit, certains ont dû bien s’amuser à la lecture de la décision car il sera rappelé que les réseaux sociaux, eux, ne sont pas concernés.

Malgré les attaques récurrentes dont ils sont victimes, ils resteront alors une terre de liberté d’autant plus précieuse au regard des contraintes lourdes et liberticides qui pèsent sur l’audiovisuel français.

Il est temps que la liberté de la presse règne dans notre pays. Il est temps que le « marché des idées », pour reprendre une expression entérinée par la Cour suprême des Etats-Unis, existe en France. Il est temps qu’une vraie liberté de choix soit proposée aux auditeurs et aux téléspectateurs. Il est temps que le service public de l’audiovisuel disparaisse. Or, on en est loin à un moment où la nouvelle ministre de la Culture a plaidé pour une BBC à la française !

L’IREF appelle depuis longtemps à la libéralisation de l’ensemble du secteur audiovisuel et à la fin des subventions. La décision du Conseil d’État ne peut que conforter ces idées.

Jean-Philippe Feldman pour l’IREF.

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Une réponse à “Le mauvais coup du Conseil d’État … à France Inter !”

  1. La décision du Conseil d’État exigeant de l’Arcom une surveillance plus étroite de la chaine CNews a fait beaucoup réagir ! D’abord à droite !

    – Georges Fenech, à l’Heure des pros 2, a parlé de putsch judiciaire.

    – Philippe de Villiers a déclaré que le Conseil d’État avait violé ce qui est écrit dans la loi de 1986, à la rédaction de laquelle il avait personnellement participé.

    Dans l’article 13 de la loi du 30 septembre 1986 (consultable ici), il est stipulé que seuls les temps de parole des « personnalités politiques » doivent être controlés pour garantir le pluralisme
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    Il y a deja une loi, le conseil d’etat ne se comporte pas e garant des lois, mais en militant…

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