Le pape, les migrants et nous

Publié par le 2 Sep, 2017 dans Blog | 8 commentaires

Le pape, les migrants et nous

Si le pape a vocation à rappeler les préceptes enseignés par le Christ, il n’est pas dans ses prérogatives de dicter leur conduite aux chefs d’Etat.

Pourtant, le pape François ne s’en prive pas ! Notamment dans le domaine social et plus particulièrement dans celui de l’accueil des migrants.

C’est l’objet de l’éditorial d’Yves de Kerdrel paru dans le dernier numéro de Valeurs actuelles :

Que François ne fasse pas la distinction entre les étrangers qui frappent à notre porte et ceux qui commettent une sorte d’invasion de masse, voilà qui est regrettable.

Le pape François, à la différence de ses prédécesseurs, ne prend pas quelques jours de vacances dans la résidence officielle de Castel Gandolfo. Il continue de travailler, jour après jour, se levant à 4 heures du matin quoi qu’il arrive. Et il écrit beaucoup. Peut-être même trop. Ainsi, le 15 août dernier, le successeur de l’apôtre Pierre a rédigé une longue lettre annuelle, pour la 104 ème Journée mondiale du migrant et du réfugié qui aura lieu le 14 janvier 2018. Ce texte n’est pas une prière, ni même un texte philosophico-religieux, mais un programme en 21 points qu’il aimerait voir repris par l’Onu.

Yves de Kerdrel

On pouvait s’attendre à tout avec ce pape qui dénote, qui dérange, qui détonne, et qui, dès le début de son pontificat, avec sa visite à Lampedusa, a tenu à mettre l’immigration au coeur de son action de souverain pontife. Mais là, il a déstabilisé beaucoup d’Occidentaux, chrétiens ou pas, tant les mesures qu’il suggère sont irréalistes, dangereuses, et vont dans le sens d’une désintégration de l’Europe chrétienne pour laquelle Jean-Paul II et Benoît XVI se sont tant battus. On ignore encore l’accueil que les évêques de notre continent vont réserver à ce texte, mais il est probable que la boîte de Pandore que le pape François a ouverte va donner lieu à bien des controverses en cette rentrée.

Dans ce document, le pape défend donc l’idée d’un accueil large, généreux et légalement organisé des migrants et des réfugiés, sans jamais mentionner la question d’une quelconque restriction des flux migratoires. Ce qu’il avait pourtant fait à son retour de Suède le 1er novembre 2016 en rappelant alors qu’il fallait tenir compte des capacités d’accueil.

Parmi ses propositions, qui vont faire hurler sur les parvis, on trouve pêle-mêle :

  • le fait de favoriser le regroupement familial,
  • la création de visas temporaires spéciaux,
  • la reconnaissance du droit du sol,
  • l’accès à l’assistance sanitaire nationale,
  • l’accès aux systèmes de pension,
  • l’intégration des migrants sans nier leur « identité culturelle »,
  • et surtout le fait de toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale.

Note du blogueur : mot pour mot le programme typique de la gauche française !

Cette dernière mesure a fait sursauter même les esprits les plus ouverts.  Comment se fait-il que personne n’ait rappelé au souverain pontife que l’attentat commis il y a une dizaine de jours en Finlande était le fait d’un migrant, de même que celui intervenu à Stockholm au printemps ?

Bien sûr, le pape s’appuie, pour dérouler ses recommandations, sur la phrase du Christ largement répétée dans les Évangiles : « Frappez et l’on vous ouvrira. » Il est dommage que le chef de l’Église catholique n’ait pas fait la distinction entre ceux qui justement frappent à la porte et qui demandent, par le biais de visas, l’autorisation de venir travailler ici ou là en Europe, et ceux qui commettent une sorte d’invasion comme cela a été le cas au cours de l’été 2015.

Car comme l’a très justement mentionné l’hebdomadaire britannique The Spectator, si la France a été jusqu’ici relativement épargnée grâce à la poigne de fer de Manuel Valls, alors Premier ministre, il n’est pas sûr qu’il en sera de même le jour où l’Algérie sera, après la mort du président Bouteftika, aux mains des militaires ou des islamistes. Mais il est surtout dommage qu’une autorité morale aussi importante que le pape passe son temps à s’immiscer dans des questions qui ne relèvent ni du dogme, ni de la catéchèse, ni de la liturgie. En quatre ans, il a fait le procès de la mondialisation, du libéralisme, du progrès technique et des frontières. C’est son droit. Mais ce n’est pas son domaine d’expertise.

C’est la raison pour laquelle le Christ lui-même avait tranché entre les questions de la vie sur terre et celles d’une vie future dans l’au-delà en répondant à l’un de ses apôtres :

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Un conseil que le pape François a largement méconnu.

Yves de Kerdrel pour Valeurs actuelles.

D’où vient cette dernière citation ? (Source fr.wiktionary)

Selon ces écrits du Nouveau Testament relatifs à la vie de Jésus et aux premières années du christianisme qui sont considérées comme authentiques par les Églises chrétiennes, il s’agit d’une expression de Jésus : c’est la réponse qu’il fournit aux pharisiens qui lui demandaient s’il était conforme à la loi de payer les impôts romains. C’était un piège dans lequel les ennemis de Jésus cherchaient à le faire tomber en lui demandant s’il est permis de payer l’impôt à César. S’il dit oui, il ne peut pas être le Messie, s’il dit non, ils le dénonceront comme ennemi de l’empereur.







 

8 Réponses à “Le pape, les migrants et nous”

  1. En effet le pape reprend le programme de la goche.

    Il ignore tout des problemes que provoque l’immigration.

    Pression, foi religieuse, ignorance, ou autre ?

  2. Christian 54 dit:

    Ce pape devient une calamité ! À quel titre peut-il ainsi mettre en danger de mort la religion qu’il est censé représenter et privilégier une religion désirant la fin de toutes les autres ? Son interprétation des evangiles est délirante.
    Rappelons toutefois que le dogme de l’infaillibilité pontificale est une invention de l’église elle même et remonte à 1870.
    J’espère que les cardinaux arrêterons les dégâts avant qu’ils ne deviennent irréversibles.

  3. Dire due le pape François est irritant dans ses choix politiques est une aimable litote !
    Rendons nous à l’évidence, le François est un coco en soutane ! mais que pouvait-on espérer d’autre d’un natif d’Amérique du Sud ? il a biberonné la « théologie de la libération » à doses non homéopathiques, et ne manque aucune occasion de pointer des doigts accusateurs, tel un Mélenchon ayant reçu l’ordination.
    Je prie pour que l’esprit de Jean Paul ii vienne l’éclairer, et l’aider à se recentrer sur sa mission apostolique avant tout, et je brûle une bougie à l’autel de Ste Rita* pour qu’il ouvre les yeux sur l’utopie marxiste et les désastres humains qu’elle entraine à chaque tentative.

    *Ste Rita : patronne des cas désespérés m’a-t-on dit

  4. Bonjour,

    Chrétienne, je ne suis pas catholique.
    Je crois, qu’en France, fille aînée de l’Église catholique romaine, (catholique voulant dire, à l’origine, chrétienne universelle), il est normal de se référer au Pape, sans voir les différentes façons de vivre sa chrétienté dans le monde, et sans chercher à comprendre, le plus souvent, la foi et les façons de vivre de nos frères Chrétiens d’orient.

    Néanmoins, bien sûr, j’ai étudié les grands textes religieux chrétiens et juifs.
    Tant ceux décrétés « canoniques » (donc « authentiques »)lors du Concile de Laodicée en 363, puis confirmé aux synodes régionaux de Carthage de 397 et de 419, que les évangiles dits apocryphes, mais acceptés par d’autres chrétiens (certains évangiles dits apocryphes, sont das faux authentiques, si je puis m’exprimer ainsi, confirmés faux par des études tant linguistiques que sur les supports utilisés).

    Vous connaissez tous la rupture entre catholiques romains et orthodoxes, commencée au moment du Concile de Nicée en 325, pour un problème de dogme, puis s’étant effiloché jusqu’en 1054, date où la séparation a été définitive.
    Vous connaissez aussi la séparation entre catholiques romains et protestants…

    Le pape, pour moi, n’est donc pas infaillible.
    Je lui laisse la responsabilité de ses dires et de ses tendances politiques. Ses idées ne sont pas les miennes.

    J’ai en mémoire les épisodes des « colères » de Jésus, chassant les marchands du temple, ses prises de positions sur les pécheurs qui refusent de se repentir (tout ceci étant, bien évidement à lire de façon symbolique, après donc, exégèse), sa fin sur la croix avec le bon et le mauvais larron….le refus d’aide, parfois lorsque on essaye d’aller au-delà de ce que Dieu veut donner, où (comme Satan envers Jésus) on prend les promesses et la Parole de Dieu pour faire pression sur lui, où l’on ne sait pas – ou ne veut pas – voir l’essentiel….

    Ceci est un avis personnel d’une non-catholique.

    Il n’empêche que j’ai beaucoup aimé et apprécié Benoit XVI et jean XXIII.

    Et je me pose la question -donc sans émotivité- du pourquoi de la démission de Benoit XVI et de l’élection de ce pape, très âgé lors de son élection, et de tendance ultra gauchiste, allant jusqu’à préférer tous ceux qui ne sont pas catholiques (voire chrétiens, lorsqu’on se rappelle, que lors d’un voyage, il avait ramené des immigrés musulmans, mais pas un seul persécuté chrétien d’orient).
    Question sans réponse…

    Il est certes dommageable qu’il représente la première communauté chrétienne dans le monde en nombre de fidèles.
    Il est également dommageable que, lorsqu’on compare le nombre de fidèles de l’islam au nombre de fidèles chrétiens, on compare avec les catholiques romains, en oubliant les orthodoxes (7 églises), les protestants, les anglicans…
    les statistiques sont ainsi faussées, car si on considère TOUS les chrétiens de la planète, cette communauté chrétienne est la première en nombre, largement devant la communauté islamique (ce qui n’est pas le cas, ni on compare avec seulement la communauté catholique)

    — les catholiques représenteraient 18% de la population mondiale. Le nombre des catholiques était en 2014 de 1 milliard 300 millions environ, avec une augmentation totale de 18 355 millions.
    L’augmentation concerne tous les continents à l’exception de l’Europe (sans commentaires!!!)

    — Chrétiens toutes tendances confondues : 2 milliards 350 millions environ de chrétiens, soit 1/3 de la population mondiale, formant le premier groupe religieux devant les musulmans.
    (Là encore, En 1910, les deux-tiers des chrétiens vivaient en Europe, aujourd’hui ils ne sont plus que 26 % )
    Toujours sans commentaires…
    Ils pourraient être désobligeants.

    Pour infos:
    ** L’islam : 1.8 milliard de fidèles (j’ai compté environ 25% de la population, alors que les chiffres dits officiels, que je considère comme officieux, indiquent 23,5%)
    ** L’Hindouisme : 1 milliard de fidèles ( dont 90% sont en Inde )
    ** Religion traditionnelle Chinoise : 458 millions d’adeptes
    ** Le Bouddhisme : 400 M. de croyants

    Pardon pour ce long commentaire, mais en ce dimanche, jour chrétien par excellence, j’avoue mon ras le bol de la moraline laïcarde et les visions déformées françaises (et papales) du monde .
    Amitiés à tous.

    • Merci Suzanne de cette leçon d’histoire qu’il convient de rappeler de temps en temps.
      Pour en revenir au pape actuel, je compare son élection à celle de Macron: des puissants de ce monde ont obligé son prédécesseur à la démission (cas exceptionnel nous a-t-on seriné à l’époque!) pour mettre en place celui qui allait favoriser la fin de notre culture et de nos peuples occidentaux. Et il est en train d’y arriver, avec la bénédiction des moutons qui suivent aveuglément leur berger. J’espère qu’il va se trouver quelques patous pour ramener le troupeau dans le droit chemin.
      Bon dimanche à tous.

  5. Je suis très heureux de voir que le sujet ne laisse nullement indifférent. Comme Suzanne, je suis de culture chrétienne mais non catholique (luthérien pour être précis) et passionné durant de longues années par tout ce qui touchait au religieux. J’ai été aussi fasciné par Jean XXIll, mais très déçu par la messe en langue « vulgaire », car il était aupravant possible de suivre la messe dans n’importe quel pays, alors que maintenant…
    Quant aux églises protestantes (il y a plus de distance entre luthériens et calvinistes qu’entre catholiques et luthériens), elles ont sombré dans le populisme en premier, croyant sans doute attirer des esprits modernes et versé dans le droit de l’hommisme le plus raccoleur – voir le trotskiste Jospin – et ne méritent plus guère d’attention.
    Tout ceci est d’autant plus désolant que les valeurs fortes de la chrétienté et la spiritualité tombent en déshérence alors qu’elles pourraient constituer un point de repère fort entre un matérialisme forcené (de droite comme de gauche) qui renie toutes les valeurs fondatrices de notre société.
    C’est dans les églises coptes ou orthodoxes (qui incluent les chretiens d’Orient) que subsiste le souffle originel.
    Il est à espérer que le souffle de l’Esprit s’amplifie et vienne réveiller les esprits faibles !

    • Merci Christian54.
      Un détail : je suis orthodoxe, d’une des « églises orientales »… Mais je suppose que c’était évident à la lecture de mon commentaire.

      Ce qui n’a pas grande importance, puisque que je fais partie de la communauté chrétienne, comme vous Christian et comme tous les catholiques romains, et que nous sommes tous frères.
      Ce détail est simplement pour vous remercier de la précision que vous nous avez donné sur votre vie personnelle.

      Autres choses.
      Pardonnez moi toutes les « fôtes » de frappe (et correcteur orthographique nul) faites dans mon commentaire.
      …. »où » au lieu de « ou », « das » au lieu de « des », « ni » au lieu de « si »,etc, etc…

      • Vous êtes toute pardonnée chère Suzanne et les erreurs typographiques ne sont que pêchés très véniels et j’en laisse passer plus que vous…
        Mais merci pour votre commentaire.

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