Le politiquement correct a tué le débat d’idées

Publié par le 15 Oct, 2019 dans Blog | 7 commentaires

Le politiquement correct a tué le débat d’idées

Zéro pointé pour Mohamed Sifaoui !

Hier soir, à 19H précise, je m’installai devant ma télé pour regarder la première de l’émission Face à l’info, émission qui avait vu un déchainement politico-médiatique sans précédent contre la présence régulière d’Eric Zemmour sur une chaine d’infos.

Le seconde partie de l’émission était dédiée à un débat entre le dit-Eric Zemmour et Mohamed Sifaoui. Je m’attendais à des échanges riches mais peu polémiques tant je pensais que les deux protagonistes étaient proches idéologiquement et menaient « côte à côte » le même combat contre l’islamisme et sa progression constante en France.

J’avais par ailleurs une forte admiration pour le courage de Mohamed Sifaoui qui ose combattre, à visage découvert, l’islamisme radical avec tant de conviction et de virulence.

On ne déjeune pas avec le diable,
même avec une très longue cuillère.

C’est la maxime attribuée à Raymond Barre qui résume le mieux le débat d’hier soir !

Mohamed Sifaoui n’était pas venu pour débattre avec Eric Zemmour mais juste pour se glorifier , sur un plateau de télé, de ne pas vouloir réellement débattre avec un tel personnage.

Il commença par une diatribe d’entrée très agressive contre son adversaire et tout le débat ne fut qu’une suite d’interruptions, d’agressions verbales entrecoupées par les questions à contre courant de la nullissime animatrice du débat, Christine Kelly.

Mon propos n’est pas de rendre compte du débat aussi je ne donnerai qu’un seul exemple de l’agressivité de Mohamed Sifaoui qui, après qu’Eric Zemmour ait cité un auteur, Mohamed Sifaoui s’écria : « Arrêter de jouer au cuistre ! »

Cela lui évita de répondre, sur le fond, à son interlocuteur …

Bref, la statue que j’avais érigée à Mohamed Sifaoui s’est écroulée dans la poussière. Lui aussi s’avère contaminé par le politiquement correct. Mais ce qui est triste et contre productif pour lui, c’est que ce faisant, il a trahi sa propre cause car je maintiens  que les deux hommes mènent quotidiennement le même combat.

Pardonnez-moi cette longue introduction tout à fait raccord avec cet article paru dans Boulevard Voltaire qui annonce la fin des débats politiques puisque seule la morale a droit de cité :

Politiquement correct : vers la fin du politique ?

Depuis les remous suscités, en 2006, par la publication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo à la récente ouverture d’une enquête à l’encontre d’Éric Zemmour suite à son discoursprononcé lors de la Convention de la droite, l’actualité française ne cesse de nous rappeler combien notre rapport au politique semble, aujourd’hui, profondément embrouillé sous l’effet d’un politiquement correct dont la puissance coercitive nous apparaît chaque jour davantage, à notre plus grand effarement…

Avec la Révolution française, notre pays fut pourtant moteur d’une évolution qui allait généraliser une vision de la chose publique centrée sur la valeur unanimement reconnue à la raison et, partant, à la libre discussion des opinions. Malgré l’évident progressisme niché au cœur du projet républicain, nul n’aurait eu l’idée, au siècle dernier, à l’exception des adeptes de l’idéologie communiste, d’en appeler à un quelconque bien supérieur pour refuser la parole à un polémiste ou pour enjoindre à des journalistes d’omettre quelque information jugée « stigmatisante ».

Il est cependant devenu courant, aujourd’hui, de voir des journalistes, des hommes politiques ou des éditorialistes refuser a priori de débattre de questions soulevées par un confrère ou un adversaire politique au prétexte que celui-ci s’éloignerait de « valeurs » supposément républicaines, mais dont la définition sans cesse plus extensive en subvertit le sens. Il y a quelque chose de religieux dans leurs imprécations : gardiens zélés de leur foi, ils rejettent le « réactionnaire » comme jadis ils eussent persécuté l’hérétique. La réaction indigne de la SDJ (Société des journalistes) du Figaro, qui a récemment appelé à l’exclusion du journal de leur collègue Éric Zemmour, en est le consternant témoignage. Mais c’est la réduction même du champ politique à un conflit de valeurs qui pose problème, en ce qu’elle limite de plus en plus notre capacité collective à débattre véritablement des enjeux contemporains, puisqu’ils ne sont plus guère appréhendés à travers une argumentation contradictoire et rationnelle, mais sous l’angle d’un présupposé moral tout-puissant.

À quoi doit-on cette percée inouïe du dogmatisme au sein de sociétés occidentales pourtant de longue date sécularisées ? Le recours au terme de « politiquement correct », pour répandu et pratique qu’il soit, échoue cependant à caractériser ce long cheminement qui voit nos sociétés basculer du débat au dogme, de la raison à la vérité et du politique au religieux. La journaliste et essayiste Natacha Polony évoquait, dans son ouvrage Bienvenue dans le pire des mondes, paru en 2016, l’avènement d’un « soft totalitarisme ». Le terme peut, à première vue, paraître étrange à une époque où les libertés individuelles ne semblent plus connaître de limites, mais songeons que ce totalitarisme ne sera peut-être pas le fait d’un tyran sanguinaire et omnipotent, archétype du « fasciste » que l’on débusque aujourd’hui à chaque coin de rue, mais celui d’un amas d’individus dont le panurgisme effrayant pourrait sans mal accoucher d’une tyrannie d’autant plus redoutable qu’elle serait consentie par une majorité, ainsi que le pressentait déjà Alexis de Tocqueville au XIXe siècle.

Laurent Chauvet pour Boulevard Voltaire.

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7 Réponses à “Le politiquement correct a tué le débat d’idées”

  1. Christian 54 dit:

    Comme vous, j’ai regardé cette émission.
    J’avoue que j’ai eu exactement le même ressenti.
    Mais j’ai décidé que plus jamais je n’acquerrai de bouquin de Sifaoui. Sa méchanceté m’a sidérée mais il n’a pas su se dégager de ses préjugés et s’est révélé infiniment petit et mesquin.
    Zemmour, face à lui a su conserver sa sérénité et s’est sorti de ce débat grand vainqueur.
    Son adversaire n’a pas su, par contre, montrer qu’il pouvait avoir sur l’islam une analyse impartiale.

  2. Sur le débat entre Sifaoui et Zemour, comme je vous l’ai écrit:
    1 je n’étais pas disponible,
    2 je ne regarde ni la TV ni les vidéos, je ne pourrais donc pas dire ce que j’en pense véritablement.

    Je n’ai trouvé qu’un compte rendu écrit sur Riposte Laïque, souvent un peu trop extrémiste à mon goût, mais permettant de voir comment cette extrémité du panel politique voit les choses (à l’origine, Riposte Laïque était de «très à gauche», comme quoi les extrêmes se rejoignent)

    J’ai donc trouvé ceci :
    Zemmour rappelle évidement que l’islam n’est pas que spirituel mais aussi juridico-politique par essence.
    Pour Sifaoui, Zemmour combat tous les musulmans et Quand Zemmour cite quelques versets violents du Coran, Sifaoui, faute d’arguments, le traite de salafiste.

    Où Sifaoui dénonce la réaction de « racailles » de ceux qui l’ont agressée, Zemmour dénonce les comportements provocateurs de tous ces musulmans qui se comportent en colonisateurs.

    En conclusion, on a assisté à un débat des plus classiques sur l’islam.
    .
    Un Zemmour qui dit des vérités incontestables. Un Sifaoui de mauvaise foi qui soutient l’indéfendable et s’emporte faute d’arguments.

    En ce qui concerne l’article ci-dessus, je me porte en faux sur la phrase :
    Avec la Révolution française, notre pays fut pourtant moteur d’une évolution qui allait généraliser une vision de la chose publique centrée sur la valeur unanimement reconnue à la raison et, partant, à la libre discussion des opinions.

    Ce pour plusieurs raisons.

    —L’une familiale, qui a vu une partie de ma famille disparaître parce qu’elle ne faisait pas partie du « bon côté et de la bien-pensance » du moment

    —L’autre, parce qu’un guide, passionné par l’histoire du Château qu’il nous faisait visiter (Rambouillet) nous a raconté, comment les familles de fermiers et de serviteurs des nobles de l’époque, avaient été tués avec leurs «maîtres» parce qu’ils les défendaient…

    Je ne vois là, rien de raisonnable, aucune liberté, aucune égalité, aucune fraternité.
    Même si je suis convaincue que parmi les « zélites » de l’époque (les nobles, les commerçants, certains religieux), il y avait des mégalo-narcissiques-Rapetout, comme à notre époque (« zélites » médiatico-économico- politiques)

    Sans doute, à l’époque, les révolutionnaires n’avaient pas droit, les pauvres, à leurs pilules de Padamalgam et leurs suppositoires de Cépaçalanoblesse journaliers, ainsi que leur sirop de Raisonpure et leurs gouttes de Libertédopinion à forte dose !.

    Ce fameux (fumeux) moteur d’évolution a été en fait un génocide basé sur la « race » présumée (les sangs bleus) , le statut social (pour ou contre les « riches » ou présumés tels) ou voire le délit d’opinion (interdit de défendre cette classe honnie), sans compter le génocide vendéen qui a suivi.
    Et nous en subissons toujours les effets néfastes et quelques bons côtés, il faut l’avouer, même s’ils sont peu nombreux.
    Je me dis parfois que si nous étions en 1789 et suivantes, nous serions déjà débarrassés de quelques individus peu reluisants qui nous gouvernent.

  3. Vous n’êtes pas le seul, Christian, à avoir vu tomber dans la poussière la statue que vous aviez érigée à Mohamed Sifaoui.

    J’avais des doutes sur Sifaoui depuis un bon moment déjà: faux démocrate, faux libéral et en poussant un peu le raisonnement (peut être injuste pour lui) et en l’exagérant, adepte de la taqiyya islamique ?

  4. maria-miguel Bechet dit:

    Personnellement, je trouve M. Sifaoui insupportable. Imbu de sa personne, Lui seul sait, lui seul fait la bonne analyse. Ce qui me surprend et m’indigne c’est le servilisme de tous les journalistes, qu’ils animent les programmes ou qu’ils fassent partie des commentateurs. Aucun ne réussit á lui tenir tête car il ne les laisse pas en placer une et personne n’ose lui couper la parole. Je ne peux pas m’empêcher de penser comme Galatine que s’en sans rendre compte, il devient peu à peu adepte de la taqiyya. Ce qui est sûr c’est qu’il n’est plus possible en France de débattre sur un plateau de télévision. Seule consolation, c’est que ce mal atteint tous les pays européeens et autres dont je parle les langues.

  5. Et pour confirmer l’hypocrisie du monde médiatique : Zemmour insulté, méprisé, censuré, mais Zemmour fait de l’audience …
    https://www.lepoint.fr/medias/medias-zemmour-dope-cnews-15-10-2019-2341347_260.php

  6. Ne vous y trompez pas, si la télé-manipulation invite une personne face à Zemmour c’est qu’elle marche dans la ligne de la bien-pensance et de l’idéologie, pas pour régler les problèmes de fond des Français.

    Puisque grand remplacement il y a, pourquoi les médias et les politiciens se préoccuperaient-ils et défendraient les Français, à part pour payer des impôts ?

    Nous le voyons trop souvent, et toujours à notre désavantage.

  7. on a découvert le vrai Sifaoui qui ne combat les fondamentalistes que pour faire progresser la fausse idée d’un islam de paix alors que l’islam est par définition une religion au dessein hégémonique.

    je me suis toujours méfié de ce type que je qualifierai de possible agent double. En tout cas, il est très virulent pour ne pas dire agressif et j’oserai même dire:

    Sifaoui, le voile est tombé !!!

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