Le rêve de Suzanne

Publié par le 15 Jan, 2020 dans Blog | 2 commentaires

Le rêve de Suzanne

Retraite à points, retour des djihadistes en France, explosion de la violence, réchauffement climatique, creusement de la dette, naufrage de la droite et cerise sur le gâteau, perspective d’une réélection de Macron en 2022, faute d’une opposition crédible !

Difficile de garder le moral quand tant de problèmes pèsent sur nous aujourd’hui et alors que tant de nuages s’amassent pour l’avenir !

A part en se perdant dans l’alcool ou le cannabis, on ne voit pas bien comment échapper à ce noir destin français !

Ou alors on peut essayer de rêver …

C’est ce que nous propose ce matin Suzanne, notre appréciée contributrice :

C’était un rêve étrange que j’ai fait cette nuit.

C’est un rêve (est-il Freudien ou Jungien, je ne sais, sans doute un mélange des deux), aussi toute ressemblance avec une situation actuelle est forcément fortuite ou relève d’un symbolisme à étudier. Peut-être certains d’entre vous pourront m’aider…

Voici :

Mon conjoint et moi, nous promenons dans la région et, adorant chiner dans les brocantes, tombons (rassurez-vous nous nous sommes ramassés sans dommages, ni intérêts, tout du moins dans ce rêve !), par hasard, sur un vieux livre, à la couverture en satin élimé, délicatement brodé, aux pages fines, écrites à la main, mais avec l’encre délavée.
En plus, il ne coute pas un pognon de dingue, et, payé en liquide, nous avons été exonérés de la TVA.

Hop, embarqué.
Arrivés à la maison, nous nous empressons de l’ouvrir.
Il s’agit du Journal Intime de Constance d’Ex Provence (ou Aix, le mot étant à moitié effacé), Comtesse du Menu Fretin des Territoires, journal commencé dans les années 1783

Certains mots sont presque illisibles, l’encre ayant pâli avec le temps, qui, sans doute, n’avait pas encore suspendu son vol.

Comme aurait dit Marie Bizet,
Z’y vas-t-y, Z’y vas-t’y pas
Z’y vas-t-y ?
Y faut-y, y faut-y pas
Y faut-y ?

Hop, nous y allons.
Lorsqu’un mot était à moitié effacé par le temps, j’épelais une lettre, que je croyais avoir reconnue, mon conjoint la deuxième, et ainsi de suite, afin de trouver le secret du mot quasi illisible, et, ainsi, la clé de la phrase.

Et je vous livre ce que nous sommes arrivés, ainsi, à déchiffrer, toujours dans mon rêve.

La Comtesse vivait dans un manoir, meublé de beaux meubles, tous peints en gris et marron, sans enluminures, comme c’était à la mode en ce temps difficile pour tous.
Les anciens tableaux collectionnés par ses ancêtres, étaient dorénavant rangées dans les dépendances, ainsi que nombre de ses livres, mis à l’index au nom de la morale du temps, qui refusait les privilèges intellectuels de la vraie noblesse, au profit de ceux que la Comtesse appelait les « Parvenus ».

Il faisait sombre, il faisait gris.
Elle partit donc, comme souvent, faire un pèlerinage dans cette dépendance, située à l’écart de chez elle, dans le village de Allalenterne .
Elle s’installa dans un fauteuil recouvert de soieries , dorénavant interdites car dues à l’esclavage des chenilles, mais dont elle ne pouvait pas se passer, et pris au hasard un livre dans sa bibliothèque, après avoir appuyé sur le bouton qui ouvrait le faux lambris qui la masquait, afin de la protéger des flammes de la censure, imposée à cette époque.

Oh, surprise, elle avait rangé là, par mégarde, un livre qu’elle aurait dû avoir chez elle, toujours à portée de main, selon les obligations imposées par la Cour.
Il s’agissait du livre intitulé le Mocran, livre dont on devait lire un passage 5 fois par jour, après avoir fait ses prières à Ste Tresse, déesse celte qui protège le royaume de France de l’horrible chaleur submergeant le royaume et tous ceux alentours.

Pensez, le vin pétillait sur les tables de Versailles, les Homards, qui y étaient servis dans nos belles porcelaines de Sèvres, étaient péchés déjà cuits et l’eau sortait bouillante des fontaines.
Aussi, il était demandé de prier 5 fois par jour, tournés vers les pays celtiques, cette Déesse, afin d’obtenir un temps plus froid, comme du temps de son arrière arrière grand-mère, sous Louis XIV.
Pourtant, elle se rappelait que ses parents lui racontaient que la température de l’époque avait provoqué la famine… Mais était-ce vrai ?

Elle ne l’avait jamais ouvert.
Aussi, elle se dit que, par ce temps désagréablement lourd, c’était peut-être le moment de lire ce qu’il contenait.

Il avait été inspiré par un Dieu de l’Olympe grecque, Chronos, à notre Monarque, qui, préférant la mythologie romaine et en même temps ne voulant pas froisser sa cour de petits marquis poudrés préférant celle de Grèce, s’était proclamé Zupiter (Pour Zeus, supposait-elle), fils de Saturne, et Maître des Horloges, donc à la fois, père et fils, ayant reçu ainsi le Saint Esprit.

Elle en lu des passages à haute voix :

Chapitre 2
Un monarque vaut 2 princes qui valent 4 Duc, qui valent 8 Marquis, qui valent 16 Comtes…
Un roturier n’est qu’un rien, locataire de la surface du terrain que la maison, qu’il a parfois réussi à construire, occupe

Sauf au Palais, une femme vaut 2 hommes.

Les femmes peuvent être labourées aussi bien par d’autres femmes que par les hommes qui eux aussi peuvent être labourés.

Surprise par ce passage du texte, La Comtesse réfléchit. Qu’est-ce que cela veut dire ?
Serait-ce une coutume auvergnate ?
Sans doute, puisque l’on parle parfois de la bourrée auvergnate.
Il se pourrait que ceci vienne du Berry, où l’on danse également la bourrée dite berrichonne.
Il va falloir qu’elle se renseigne.

Cette phrase avait été soulignée par elle d’un trait encore très visible à nos yeux ébahis.

Elle passa alors au chapitre 8.

Ô vous qui aimez votre Monarque comme il vous aime, vous, Marquis qui m’entourez ! Combattez ceux des réfractaires, qui sont autour de nous; et qu’ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez que Zupiter est avec ses adorateurs.

Réprimez les fainéants, les riens, les cyniques, les extrêmes où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade.
Gazez les, mutilez les, éborgnez les, emprisonnez les.
Si, ensuite ils se repentent, comprennent la sagesse de Votre Monarque, alors laissez-leur la voie libre, car Je suis miséricordieux.

Il faut « transformer » le pays « en profondeur pour retrouver le destin qui est le sien »

Terriblement outrée, car jamais de sa vie, elle n’avait lu de telles demandes de la part d’un Monarque, elle passa au chapitre 4

Vous trouverez des hypocrites qui désirent vivre tranquilles avec vous, Marquis et autres Barons de mes amis, et en même temps, tranquilles avec ceux qui pensent comme eux… Sils ne se prosternent pas réellement devant Moi, et ne déposent pas leurs banderoles devant Moi et mes désirs, ou ne brûlent pas leurs pamphlets, prenez les et tuez leur respectabilité en les diffamant ou les calomniant, afin qu’ils soient couverts d’infamie. Ma justice sera bonne pour vous et dure pour eux !

Horrifiée, la Comtesse hésita à jeter ce livre dans les flammes, mais il faisait si chaud qu’un peu de fumée sortant de la cheminée eut amené rapidement un de ces gardes habillé en vert, qui vérifiait, nuit et jour, le respect des lois et imposait une amende.

« Heureusement que François-Marie Arouet est décédé il y a bientôt treize ans », écrit-elle.

Là-dessus, mon réveil a sonné et je me suis réveillée.

Quelle leçon de vie devais-je tirer de ce rêve ?

Suzanne pour A droite, fièrement !

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2 Réponses à “Le rêve de Suzanne”

  1. Le titre du billet m’a fait souvenir du songe d’Athalie de Racine et je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager:

    C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit.
    Ma mère Jézabel devant moi s’est montrée,
    Comme au jour de sa mort pompeusement parée.
    Ses malheurs n’avaient point abattu sa fierté ;
    Même elle avait encor cet éclat emprunté
    Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage,
    Pour réparer des ans l’irréparable outrage.
    « Tremble, m’a-t-elle dit, fille digne de moi.
    Le cruel Dieu des Juifs l’emporte aussi sur toi.
    Je te plains de tomber dans ses mains redoutables,
    Ma fille. » En achevant ces mots épouvantables,
    Son ombre vers mon lit a paru se baisser ;
    Et moi, je lui tendais les mains pour l’embrasser.
    Mais je n’ai plus trouvé qu’un horrible mélange
    D’os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,
    Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux
    Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.

  2. aujourd’hui nous avons Attali, comme racine du mal …

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