Le ruineux triomphe industriel de Macron

Publié par le 16 Fév, 2022 dans Blog | 2 commentaires

Le ruineux triomphe industriel de Macron

Dans une démocratie digne de ce nom, le scandale Alstom empêcherait Emmanuel Macron de se représenter pour un second mandat présidentiel.

Mais nous sommes en Macronie !

En démocratie, un président des Mutuelles de Bretagne, accusé de prise illégale d’intérêt, n’aurait jamais pu présider l’Assemblée nationale. Mais en Macronie, Richard Ferrand trône bien au perchoir du Palais Bourbon.

En démocratie, les membres du Conseil constitutionnel devraient être élus plutôt que nommer par les plus hauts personnages de l’Etat. Mais en Macronie, Richard Ferrand vient de nommer au Conseil constitutionnel la supérieure hiérarchique  de la juge qui avait prononcé son non-lieu dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne !

Pour en revenir au chef de l’Etat, le député Olivier Marleix a consacré un ouvrage de référence (Les liquidateurs) à l’affaire Alstom. Un second ouvrage, Alstom, scandale d’Etat, a été publié par Jean-Michel Quatrepoint.

Il paraitrait que l’on retrouverait dans la liste des donateurs de la campagne présidentielle de Macron en 2017, plusieurs des intermédiaires bénéficiaires de la vente des turbines Alstom à General Electric.

Le Parquet National Financier (PNF) serait saisi de cette affaire mais il n’est pas certain qu’il affiche la même diligence qu’il avait montrée contre François Fillon privant ainsi la Droite de son candidat alors très bien placé dans les sondages !

Voici un article publié dans le Canard enchainé qui décrit dans quelles conditions désastreuses pour la France – et pour EDF – le président Macron s’apprête à racheter à General Electric, l’activité turbines que le ministre de l’économie Macron lui avait cédée :

Arabelle rentre à la maison !

La France va remettre la main sur les fameuses turbines nucléaires – réputées être les meilleures du monde – que de tristes irresponsables avaient cédées à l’américain General Electric en 2015. C’est EDF qui va racheter ces merveilles aux Ricains, et pour pas cher, parait-il ! Un triomphe industriel ? Un tour de passe-passe pas très reluisant, plutôt.

Le 10 février, lors de la visite de Macron à l’usine de Belfort, où il est venu annoncer la bonne nouvelle, le vieux souverainiste Jean-Pierre Chevènement a tenu à venir féliciter en personne le Président d’avoir « mouillé sa chemise ». Les communicants de l’Elysée, eux, ne se lassaient pas de le distiller : EDF va payer les turbines Arabelle bien moins cher qu’Alstom les avait vendues, il y sept ans.

Las ! La fable est trop belle : c’est une boite au périmètre considérablement réduit qui va revenir dans le giron français. Sans compter qu’en fait de culbute le rachat s’avère deux fois plus élevé que le prix de vente !

Ça turbine !

Mais, au fait, qui les avait vendues, ces fameuses turbines ? « J’étais un collaborateur quand ça
s’est fait », a affirmé le Président aux ouvriers d’Alstom. Emouvant. Ce collaborateur était tout de même ministre de l’Economie au moment de la vente, à la fin de 2014. Et ce sous-fifre s’intéressait si peu à la chose que, deux ans plus tôt, secrétaire général adjoint de l’Elysée, il avait mandaté secrètement le cabinet américain A.T. Kearney pour – déjà – étudier la vente d’Alstom à GE. Tout
ça dans le dos du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, sans parler du président Hollande, pas plus informé.

Et si, au moins, c’était une bonne affaire ? Même pas en rêve ! Plusieurs sources l’ont confirmé au « Canard » : EDF va débourser plus de 1 milliard d’euros dans l’opération – bien plus que les 240 millions évoqués dans la presse via certaines fuites bien intentionnées. A noter : ni EDF, ni Alstom, ni General Electric – et encore moins Bercy n’ont laissé filtrer de chiffres sur le montant de l’opération. « Les conditions financières de la transaction n’ont pas été précisées », indique curieusement le communiqué conjoint EDF-GE du 10 janvier. Officiellement, parce que le contrat ne sera pas signé avant un an. On en est pour l’instant à un protocole d’accord, à propos duquel tous les intervenants – y compris les délégués salariés d’EDF et de GE – ont signé une stricte clause
de confidentialité.

Ce secret protège aussi un tour d’escamotage pas très avouable. EDF fait mine de croire que l’entreprise dispose de près de 800 millions de trésorerie qui viennent en déduction du prix de vente. Or il s’agit, en fait, d’acomptes versés par les clients sur les contrats qu’ils ont signés. Le
chiffre d’affaires, dans les années à venir, sera donc réduit d’autant. Pour tout arranger, EDF devra aussi reprendre une dette de 65 millions d’euros de GE.

A l’arrivée, c’est bel et bien un chèque de 1,2 milliard de dollars (1,050 milliard d’euros) que l’électricien va signer pour racheter à GE ce qui lui avait été vendu 585 millions d’euros sept ans plus tôt. Près d’un demi-milliard de perte, donc.

Modèle réduit

Et ce n’est pas fini! Car la boîte que rachète EDF a été singulièrement rétrécie – d’environ un quart, selon les estimations – par rapport à celle qu’avait vendue Alstom. GE, en effet, a exigé de garder la construction des turbines Arabelle sur son continent : aux Etats-Unis, ou les projets nucléaires sont nombreux, mais aussi au Canada et en Amérique centrale et du Sud. GE conservera également – et dans le monde entier – la maintenance des turbines des centrales à charbon. Un marché juteux : ce combustible assure encore le tiers de la production d’énergie dans le monde
et, à en croire l’Agence internationale de l’énergie, son déclin n’est pas à l’ordre du jour.

Racheter presque deux fois plus cher une boite diminuée d’un quart : le patriotisme (électoral) est devenu hors de prix.

Hervé Martin pour le Canard enchainé.

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2 Réponses à “Le ruineux triomphe industriel de Macron”

  1. Les socialos et donc macron ont toujours vendu la france !

    • Exact ! Esperons que cette échéance électorale sera la bonne occasion de se débarasser de la gauche sectaire et dogmatique…qui depuis même avant 81 nous nuit inlassablement !

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