Le suicide des Républicains

Publié par le 26 Nov, 2019 dans Blog | 5 commentaires

Le suicide des Républicains

Le mot d’ordre qu’on entend en permanence chez les Républicains, c’est « rassemblement ».

Un mot d’ordre qui n’a d’existence que dans les mots, mais surtout pas dans les actes !

Après le départ de beaucoup de personnalités (Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé), les Républicains devraient effectivement serrer les coudes et les rangs, s’ils veulent ne serait-ce que survivre.

Et pourtant une procédure d’exclusion vient d’être ouverte contre un jeune militant du parti, Erik Tegnér (photo ci-dessus) qui a osé parlé de dialogue avec le Rassemblement national. Alors que dans le même temps, des alliances avec la République en marche se nouent comme à Nice , à l’initiative de Christian Estrosi !

Voici une interview d’Erik Tegnér parue sur Boulevard Voltaire :

Erik Tegnér : « Je suis abasourdi par cette procédure d’exclusion, c’est une vaste blague ! »

Erik Tegnér est sous le coup d’une procédure d’exclusion de son parti, les LR, à l’initiative du secrétaire général Aurélien Pradié.

Au micro de Boulevard Voltaire, il exprime sa loyauté et sa volonté de garder sa « liberté de parole », dans ce parti où il compte « de nombreux soutiens ».

Une commission va se mettre en place pour décider ou non de votre exclusion du parti Les Républicains. Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

J’ai été abasourdi, étonné et surpris. J’ai beau prôner un dialogue avec le Rassemblement national et surtout l’émergence de quelque chose de nouveau et de différent, cela fait sept ans que je suis dans ce parti. Je n’ai jamais eu de poste, je suis un simple militant, je tracte, colle des affiches et j’ai toujours soutenu les candidats LR. En revanche, je n’ai jamais soutenu des candidats d’en face ou d’autres partis politiques. Je trouve que c’est un faux procès et une vaste blague. J’avais l’impression d’être sous le Mac Carthisme des années 50 aux États-Unis.

On commence néanmoins à voir que c’est une procédure assez isolée qui vient du secrétaire général, Aurélien Pradié et absolument pas de Christian Jacob que je ne me permettrais pas de critiquer. Je suis extrêmement touché par le nombre de soutiens, notamment de Julien Aubert et de Guillaume Larrivé. Tout cela me rassure. J’ai eu également des appels de gens de la direction au bureau politique. Ces derniers trouvent que c’est aberrant. Si on commence à renvoyer les simples militants qui ont des positions certes différentes de la direction, mais qui en même temps restent fidèles et loyaux à leur parti politique, alors on finira dans une cabine téléphonique. Dans ce cas-là, il faudrait commencer par exclure ceux qui prônent une alliance avec la République En Marche et avec Emmanuel Macron.

Vous avez cité le nom d’Aurélien Pradié, est-ce ce que c’est ce que vous représentez ou est-ce purement personnel ?

J’aimerais bien lui demander. Je trouve cela assez surprenant. Quand je parle aux gens, je leur dis toujours que je suis très confiant. J’ai souvent vanté le fait que chez les LR, nous avons une vraie liberté de parole qui me plaît beaucoup et qu’il n’y a pas dans d’autres partis politiques. C’est pour cette raison que je suis attaché à ce parti. Le fait que le nouveau secrétaire général décide de faire cela en début d’élection municipale est semble-t-il révélateur de quelque chose, mais je ne sais pas de quoi. Il faudrait lui demander.

Cette décision intervient alors que vous aviez critiqué le Rassemblement national. À la radio, vous aviez critiqué sa volonté de se rallier aux grévistes du 5 décembre. Cet agenda tombe très bien pour vous.

Je ne vois pas les choses par rapport à un agenda. J’étais scandalisé de voir que Marine Le Pen appelait des cadres RN à se joindre aux islamo gauchistes, aux CGTistes du 5 décembre. La réalité c’est que cette manifestation est initiée non par un mouvement populaire, mais par la CGT et par FO. Il y a deux semaines, ces derniers défilaient avec les islamistes de la marche pour la honte. Je l’ai évidemment condamnée. J’ai beau prôner une alliance avec d’autres partis politiques, cela ne m’empêche pas du tout de critiquer Marine Le Pen. Je le fais assez régulièrement, notamment sur les questions économiques. Si je reste chez LR, c’est justement parce que je n’ai pas la même sensibilité. Cela ne m’empêche pas de dialoguer avec des gens comme Robert Ménard ou comme Nicolas Bay qui ont du courage, de bonnes convictions et de bonnes idées. Je suis indépendant, je ne dépends de personne. Je n’ai pas à dicter ce que je vais dire par rapport à un quelconque agenda. Quand il faut critiquer Marine Le Pen au Rassemblement national, je le fais. Quand il faut critiquer les positions de certains chez Les Républicains, je n’y manque pas. On ne pourra jamais me le reprocher.

Si vous êtes exclus des Républicains, ne craigniez-vous pas de devenir très isolé ?

Je ne comprends pas vraiment la question. On n’est pas en mode « on fait monter sa côte et on se vend ailleurs ». On m’avait déjà proposé des choses au Rassemblement national, j’avais fermé la porte. Je défends mes convictions. Quand je prône la fin des clivages partisans à droite, c’est parce que je considère qu’il faut arrêter de s’emprisonner dans les partis. Je ne vais quand même pas dicter ce que je vais faire par rapport aux partis politiques. Je reste très confiant.

Honnêtement, je pense qu’il n’y a aucune possibilité de m’exclure. En dernier ressort, c’est la fédération de Paris qui décide de cette exclusion. Aujourd’hui, je soutiens Rachida Dati. Je ne soutiens pas la liste d’union de Serge Federbusch pour lequel j’ai beaucoup d’admiration, mais je pense qu’il faut faire un rempart de droite à Anne Hidalgo. Rachida Dati est la mieux placée et c’est la candidate de mon parti, Les Républicains. Je pense que cette fédération-là ne choisira pas de m’exclure. Je vais venir et défendre mon cas. Si cela ne marche pas, je saisirai la commission.

J’ai commencé la journée assez déprimé et je la termine avec un grand sourire puisque je comprends pourquoi je suis encore dans ce parti. La droite, c’est la liberté d’expression. On ne va donc pas commencer à se transformer en parti stalinien. Cela me motive.

Si le fait que je défende mon parti LR dérange les gens du Rassemblement national, cela ne me fait ni chaud ni froid.

PS : je ne pense pas que cette procédure ira à son terme mais si cette aberration devait avoir lieu, je renverrais ma carte d’adhérent rue de Vaugirard …

Je rajoute un tweet plein d’humour de Gilles-William Goldnadel :

Merci de tweeter cet article :





5 Réponses à “Le suicide des Républicains

  1. un seul mot : lamentable ! Et oui, Christian, hélas, en faisant passer leurs monstrueux égos avant tout, ils ont ruinés nos espoirs, pour longtemps !

  2. Que les vieux canassons LR rejoignent macron, ils en crévent d’envie! Mais qu’ils se disent qu’il n’y aura pas de la place pour tout le monde!

    Leur trahison remonte à quelques années ………..
    nombreux sont ceux qui devrait regarder attentivement prochaines municipales pour s’imaginer ce que seront les prochaines « grandes élections »!

  3. Richard Mauden dit:

    Zemmour: « Les Républicains sont morts »
    Zemmour : « Les Républicains sont morts » Pas de meilleur symbole que Didier Geoffroy pour représenter cette pseudo droite qui se renie et qui fait sienne l’idéologie de la gauche : « On ne saura jamais ce que la peur de ne pas paraître suffisamment à gauche aura fait commettre de lâchetés à nos Français ». Charles Péguy

  4. Richard Mauden dit:

    LR : le dernier éteindra la lumière
    Par Michel Janva Le Salon beige le 24 novembre 2019
    LR n’a jamais voulu exclure Balkany, malgré tous ses déboires. En revanche, LR veut exclure Erik Tegnér car il est trop à l’écoute de l’électorat de droite. Erik Tegnér compte demander un recours.
    Tandis qu’au niveau local certaines digues sont prêtes à céder entre des élus LR et d’autres du Rassemblement national, la direction veut poursuivre le suicide engagé par Chirac et faire savoir qu’aucune porosité ne sera tolérée entre les deux formations politiques. Aurélien Pradié, le nouveau secrétaire général de LR, indique :
    «Erik Tegnér sera exclu d’ici la fin de l’année. Ce monsieur est le porte-parole de Marion Maréchal. Il n’habite pas chez nous, donc on va le soulager».
    «On lui reproche d’avoir accepté un poste au sein du Rassemblement national, ce que l’on ne saurait tolérer chez LR».
    Une information contestée par Erik Tegnér qui, «abasourdi» affirme «ne rien avoir reçu» pour l’heure et avoir appris la nouvelle dans les médias.
    Je n’ai évidemment accepté aucun poste au Rassemblement national. On me reproche ma proximité avec une personne (Marion Maréchal) qui n’est pas élue et a indiqué qu’elle ne se présenterait pas en 2022. On ne peut pas m’exclure pour cela. Je déposerai un recours». «C’est une véritable chasse aux sorcières, la droite est censée défendre la liberté d’expression, et pourtant chez LR on sanctionne la liberté de penser».«En m’excluant, on adresse un message aux 57% des militants qui sont favorables à une union des droites»
    Julien Aubert, député du Vaucluse, est défavorable à cette exclusion :
    «Je suis défavorable à ce qu’on exclue des gens sur leurs idées». «On a aujourd’hui des gens favorables à une fusion avec La République en marche, et on ne les exclut pas pour autant. Il faut sanctionner les actes, pas les idées, et avoir la même rigueur pour tous».
    Si LR veut purger, il va y avoir du boulot… Plusieurs élus LR militent pour une union des droites dans le Sud en vue des municipales à Béziers et Sète.
    Henri Gas, responsable LR de cette circonscription, a envoyé un message pour prendre la température sur une éventuelle alliance avec le maire sortant Robert Ménard en vue des municipales de mars à Béziers.
    « Chers amis, vu le contexte actuel, le moment est venu de se poser des questions et de prendre les bonnes décisions ».
    Selon Henri Gas, 90 % des personnes interrogées « veulent qu’on rejoigne Ménard, la messe est dite ! ».
    « Les Biterrois en ont assez des divisions et des querelles internes. Si l’on veut vraiment avancer, il vaut mieux être dans la majorité municipale que dans l’opposition. Et pour garder des territoires, on a tout intérêt à s’allier plus largement avec des gens qui ont des convictions de droite. »
    Comme lui, plusieurs élus locaux LR sont favorables à un rapprochement avec Ménard. Un repas en ce sens avait été organisé avec des membres de l’UDI, du RN et des Républicains début octobre.
    Ce rapprochement n’est pas du goût des Républicains, qui ont investi un candidat : Lewis Marchand, 35 ans, préféré à Henri Gas, qui avait demandé l’investiture, et à Antoine About, qui a décidé finalement d’y aller en solo. Des sanctions pourraient être prises contre les élus acceptant la main tendue de Robert Ménard. « Les Républicains n’existent plus à Béziers », balaye le maire de Béziers :
    « Leur électorat vote pour nous, ils sont pour faire tomber les frontières. Et dans les autres municipalités, ils n’en pensent pas moins, seulement, ils n’ont pas le courage de le dire. »
    Cette union des droites pourrait également aligner un candidat à Sète, dans le but de faire tomber le maire en poste François Commeinhes, ancien LR et désormais proche d’Emmanuel Macron. Ce candidat pourrait être Sébastien Pacull, président des Républicains de l’Hérault. En juin dernier, il militait déjà pour une ouverture plus à droite :
    « Ça ne me dérange pas de parler à des gens qui sont ou ont été au RN pour voir ensuite ce qui peut se passer. Il faut en finir avec les complexes. »
    Quand LR aura viré tous ces gens-là, il restera à éteindre la lumière et à jeter la clé.

  5. Rester au LR et renouveler sa carte n’a plus aucun intérêt.
    je ne l’ai pas fait et LR continue comme s’il ne se passait rien à m’adresser des notes et à me demander de voter !!!
    Ce parti est comme un canard sans tête.

    Mieux vaut attendre que s’agrège un mouvement de rassemblement des droites avec un vrai courant de droite et du sang neuf issus de LR mais qui en ont assez du centrisme mou au du RN mais qui en ont assez de Marine et sa démagogie économique à la Mélenchon.Je crois que ce mouvement est devenu inéluctable…

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