Les causes sociologiques de la grève des cheminots

Publié par le 6 Avr, 2018 dans Blog | 2 commentaires

Les causes sociologiques de la grève des cheminots

Les chaines d’infos tournent en boucle, tels des hamsters dans leur cage tournante, sur la grève des cheminots.

Les experts ferroviaires, sociologiques, politiques se succèdent à l’antenne, mais peu sont capables de prédire la façon dont va tourner cette grève.

Hier matin, sur RTL, Eric Zemmour nous a gratifié d’une analyse sociologique sur les origines de ce mouvement social.

Yves Calvi : Eric, les usagers habituels des trains ont payé un lourd tribut à la grève des cheminots, comme d’habitude …

Eric Zemmour : Et oui, ce sont des images qui ont tourné en boucle sur nos écrans : de rares RER bondés et pris d’assaut ou au contraire, dans la grande couronne comme on dit, ou même plus largement dans tous les territoires ruraux, des gares vides et des rails encombrés de passagers qui ne savent à quel saint se vouer …

Autour de toutes les grandes villes françaises, et de la métropole parisienne, en particulier, le même spectacle désolant ! Pour tous ceux qui n’ont pas les moyens de vivre en centre ville, la galère des transports n’est pas une expression toute faite, mais une cruelle réalité ! Une réalité cruelle, qui d’ailleurs ne date pas de la grève. Depuis des décennies, cette France périphérique, selon l’expression de Christophe Guilluy, désormais consacrée, a le choix entre les embouteillages automobiles ou les trains vieillots ou toujours trop rares, quand ils ne sont pas visités par des bandes de racailles fort peu amènes. La peste ou le choléra !

La grève des cheminots ne fait qu’exacerber une situation déjà exécrable en temps normal, mais la SNCF ne pouvait pas tout faire ! depuis les années 80, elle a mis tout l’argent qu’elle avait, et même tout l’argent qu’elle n’avait pas, dans le TGV ! Car la dette pyramidale dont on parle tant aujourd’hui vient avant tout du TGV ! Beaucoup du TGV et un peu du fameux statut des cheminots !

Yves Calvi : Alors soyons précis. Où voulez-vous en venir ?

Eric Zemmour : Et bien, c’est que ce choix n’est pas anodin, sociologiquement. Bien sûr le TGV a d’abord été conçu comme un formidable outil d’aménagement du territoire, mais il est rapidement devenu la coqueluche des classes favorisées de la métropole parisienne pour se rendre plus vite sur leur lieu de villégiature. Les RER, les trains de grandes banlieues et je ne parle même pas des trains de petites lignes en province, sont empruntés par des gens plus modestes pour aller travailler à Paris ou dans les grandes métropoles.

Il faut préciser, pour que le paysage soit complet, que c’est la gauche qui, à partir de Mitterrand, a opéré ce choix-là. La gauche qui a privilégié les bobos au détriment des classes populaires.

La gauche bobo pressée de rejoindre le Luberon et qui se moquait
comme d’une guigne du trajet entre Coulommiers et Paris ! 

Les derniers à avoir mis de l’argent dans les trains de banlieue furent les gouvernements de Georges Pompidou ! Et oui, c’est la droite, la droite gaulliste, proche de la bourgeoisie, disait la gauche, à l’époque. La France périphérique paye donc deux fois pour ce TGV qu’elle prend si peu :

  1.  En temps normal, parce que ces trains de banlieue sont hors d’âge, et encore une fois je ne parle pas de ces trains de petites lignes qui sont carrément au rencard ! 
  2. En cas de grève des cheminots qui se révoltent contre une réforme qui veut réduire leurs avantages sociaux, parce que le TGV a coûté trop cher !

On peut même poursuivre le raisonnement jusqu’au bout : c’est l’ouverture à la concurrence, imposée par Bruxelles, qui met l’épée dans les reins des gouvernements français, une Europe en faveur de laquelle ont voté, depuis vingt ans, les catégories sociales les plus favorisées, vivant dans les centre-villes au grand dam de cette France périphérique qui a toujours voté non aux référendums européens et qui vote régulièrement pour le Front national, voire la France insoumise.

La boucle est bouclée ! Et il parait que la France est le pays de la justice sociale !

Eric Zemmour pour RTL.






2 Réponses à “Les causes sociologiques de la grève des cheminots”

  1. Nous n’avons pas nous meme d’information a ce sujet, aussi poussées que ceux de E Zemmour, je fais donc confiance a Zemmour, mais sans connaitre tous les aspects de cette affaire.

  2. Un des problèmes du TGV, c’est que l’on a multiplié les trajets sur des lignes classiques, chaque élu local voulant absolument sa liaison directe avec Paris. On se retrouve avec des Paris-Morlaix, Evian, Hendaye, ou Brive où le TGV se traîne à la vitesse d’un tortillard la majeure partie du temps, avec des wagons à moitié remplis en fin de ligne. Ceci coûte une fortune alors que l’on pourrait économiser des millions avec des correspondances intelligemment conçues. Les lignes Paris-Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, sont en revanche logiques et rentables. Par ailleurs, que dire du projet de LGV Poitiers-Limoges qualifié de gouffre par la Cour des Comptes mais qui a obtenu le feu vert sous Moi-je 1er. Il faut dire qu’avec Segolène, Raffarin & co il dispose de lobbyistes de poids.

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