Les leçons de Patrick Buisson (1/2)

Publié par le 13 Déc, 2017 dans Blog | 1 commentaire

Les leçons de Patrick Buisson (1/2)

Hier soir, Patrick Buisson était invité sur LCI.

Il y a un mois, j’avais déjà publié deux articles rapportant une interview donnée par l’ancien conseiller politique de Nicolas Sarkozy à Valeurs actuelles.

Je ne reviens pas sur les réserves à l’égard de cet homme que j’avais exprimées à l’époque mais il me semble important que la droite écoute cet homme et ses analyses.

N’oublions pas que ce conseiller politique de Nicolas Sarkozy l’avait accompagné jusqu’à la victoire en 2007 et que nous sommes nombreux à penser – contrairement à l’aile molle des Républicains – que c’est faute de ne pas l’avoir assez écouté que la droite a échoué en 2012.

Je rends compte de cette interview en deux articles :

  1. Les enseignements à tirer de l’hommage rendu à Johnny,
  2. La stratégie que Patrick Buisson propose pour la droite

Première partie : Les enseignements à tirer de l’hommage rendu à Johnny

Introduction de David Pujadas : »Je voulais vous entendre sur cette cérémonie, samedi dernier, qui a réuni le peuple, le showbiz, l’Eglise et la République avec Emmanuel Macron. La France a t-elle connu un grand moment de communion ?« 

Patrick Buisson : Régis Debray disait hier, dans le Monde, que cet événement méritait de passer dans les manuels d’histoire. Je suis d’accord avec lui pour trois raisons :

  • Le premier point, c’est qu’on a vu émerger là, la France des invisibles. Une France « antépathe ». La France qui dit : « c’était mieux avant ! » Une France qui est une espèce d’éponge à nostalgie des trente glorieuses. Elle avait devant elle, sur le parvis, Emmanuel Macron, candidat et président du « camp du progrès » – c’est ainsi qu’il s’est défini pendant la campagne – et elle, cette France-là, elle ne croit plus à la religion du progrès. Elle pense même des les trois dernières décennies ont été la marque de l’anti-progrès : 8 millions d’emplois détruits dans l’agriculture, 5 dans le secteur secondaire, la production industrielle. Elle se sent victime de ce que les élites appellent le progrès. Il y a eu ce face-à-face, pour la première fois entre ces deux France, celle du président Macron et cette France périphérique. Elles se sont rencontrées pour la première fois et c’est en cela que l’événement avait une épaisseur singulière.
  • Un second point était aussi visible, à savoir que la République a du mal à créer du sacré républicain. L’Eglise reste avec le monopole de la liturgie, du rituel autour de la mort. A chaque fois qu’il y a un grand homme à enterrer, on passe par l’Eglise ! D’ailleurs on comprend que Mélenchon soit en colère, à la vue de ces images. Parce que Mélenchon, c’est la tradition des bouffeurs de curés ! Anticlérical, un laïcisme un peu sectaire. On a vu la veuve du chanteur affiché la croix pectoral que son rocker défunt portait quelques jours auparavant. On avait un signe religieux ostensible dans l’espace public ! Etait-ce l’affirmation d’une foi, d’une identité ou d’une culture ? Peu importe ! Il y eut aussi ce moment très rare de l’Ave maria chanté par la soprano Julie Foux qui a provoqué une espèce de communion, de silence partagé dans la foule qui était, jusque là, très exubérante. Tout ça témoigne de la persistance de ce qu’Emmanuel Todd appelle « un catholicisme zombie« . Le catholicisme est minoritaire comme pratique en France, mais les racines chrétiennes, elles, sont bien vivantes ! C’était l’un des enseignements de cette journée.
  • Le troisième point, pour prolonger ce qu’a dit – et qui fait polémique – Alain Finkielkraut – « Le petit peuple des petits blancs est descendu dans la rue pour dire adieu à Johnny, il était nombreux et il était seul. »  C’est un constat sociologique que tout le monde a pu faire, et qui pose la question suivante : « Est-ce que le vivrensemble fonctionne ? » Est-ce que le vivrensemble n’est pas un concept purement idéaliste et coupé de la réalité ? La réalité, ce n’est pas la mixité ! On l’a vu samedi ! Ce n’est pas le métissage ! En tout cas, samedi, ce n’est pas celle qui apparaissait à l’écran ! Au contraire, – et j’emploie à dessein le mot qu’a employé François Hollande quand il a fait des confidences aux journalistes du Monde – la réalité, c’est celle de la partition ! De communautés juxtaposées, ayant leur propre culture, leur propre identité mais qui ne communiquent pas. Le fait, par exemple, que la masse des gens présents renvoyait à une vieille culture française était significative de cette séparation, je dirais même de cette ségrégation entre les communautés. Ça aussi, c’était un événement important ! […] Auparavant, l’intégration se faisait plus facilement, parce qu’il y avait des passerelles entre le catholicisme et l’islam. Aujourd’hui, le catholicisme étant devenu une religion minoritaire, la société laïque est devenu, pour beaucoup de musulmans, un repoussoir ! Il faut bien le dire !

Ils n’admettent, ni nos moeurs, ni nos droits !

Pujadas tentant de minimiser les choses : « Mais ça n’est pas minoritaire, cette tendance-là, chez les musulmans ? » Patrick Buisson ne le suit pas : « non, je pense qu’elle est assez largement partagée et si j’en crois l’étude qui avait été faite l’année dernière, au moins un tiers des musulmans disait que la charia était supérieure aux lois de la République !« 

Patrick Buisson et david Pujadas pour LCI






Une réponse à “Les leçons de Patrick Buisson (1/2)”

  1. je pense que dire « c’était mieux avant » ne fait pas avancer, il y avait du positif avant, éducation par les
    parents un peu stricte mais les fessées et les gifles ne nous ont pas tué, les maîtres et maîtresses qui prenaient une règle pour nous taper sur les doigts si l’on était indiscipliné, ne nous ont pas marqué, l’on vivait sans télévision, sans tél, sans voiture, mais on lisait beaucoup, on écoutait la radio qui diffusait de la musique, on allait écouter l’harmonie municipale qui donnait des concerts gratuits, on prenait son vélo pour aller voir des amis à la campagne, ou sa famille on prenait le car ou le train (là on était un peu noirci au visage) mais l’on était heureux, tous les voisins se parlaient et rendaient service s’il le fallait, maintenant il y a tout téléphone, télévision, voitures, et les gens se sentent malheureux incompris, jaloux de ce que l’autre a famille ou voisins ou amis, est ce là le bonheur ? le seul actuellement est d’avoir un toit, de quoi manger correctement, du travail et d’être en bonne santé c’est la plus grosse richesse, quand allons nous l’enseigner dans les écoles ?

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