L’Incorrect exécute le monde de la culture

Publié par le 19 Mai, 2026 dans Blog | 0 commentaire

L’Incorrect exécute le monde de la culture

Cela s’appelle cracher dans la soupe !

Quand 600 professionnels du cinéma signent une tribune traitant Canal+ de cryptofasciste, ils crachent tout simplement sur la main qui les a nourris depuis des décennies en oubliant que Canal+ porte le cinéma à bout de bras, et rend possible l’exception culturelle française.

Il faut se remémorer d’où vient Canal+ …

En 1984, François Mitterrand fait cadeau à son ami André Rousselet de la fréquence qui portera cette chaine. Notons qu’il y avait un certain paradoxe que ce soit des socialistes qui créent une chaine cryptée donc payante.

Née sous les auspices socialistes, la chaine Canal+ deviendra petit à petit la chaine du progressisme et le monde de la culture s’en accommodait parfaitement et profitait de ses généreuses subventions au cinéma Français.

Mais patatras, la chaine est rachetée par Vincent Bolloré et pour le petit monde de la culture c’est le drame car Bolloré, c’est le diable en personne. La gauche qui adorait un Canal+ de gauche, l’exècre désormais sous prétexte que son actionnaire principal est de droite !

Ces 600 professionnels du cinéma aurait dû réfléchir à deux fois avant d’apposer leur signature au bas de cette tribune contre Canal+ car Vincent Bolloré, bien que chrétien pratiquant, n’est pas homme à tendre l’autre joue quand il vient d’être giflé !

Maxime Saada

La riposte est venue de Maxime Saada, le patron de canal+, qui, six jours après la parution de la tribune anti-Bolloré, a déclaré à Cannes que son groupe de travaillerait plus avec les 600 signataires du texte.

Il a ainsi déclaré :

J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix. Et en conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition.

Samedi soir, j’ai été scotché par l’excellente chronique d’Arthur de Watrigant, le fondateur de la revue L’Incorrect, qui dans l’émission Face à Bock-Côté, a collé au mur le petit monde sectaire et gauchisant du cinéma.

Je vous propose le verbatim de sa chronique suivie, pour ceux qui préfèrent l’image, de la vidéo correspondante :

On en a parlé, ouverture de festival de Cannes, les caméras sont braquées, les caméras du monde sont braquées sur la France, et 600 professionnels du cinéma signent une tribune dénonçant, je cite, l’emprise grandissante de l’extrême droite sur le cinéma. Fallait oser. Quelques jours plus tôt, vous avez les Inrocks, le journal de Mathieu Pigasse, qui à défaut le lecteur a encore des idées, qui mettent en une Jordan Bordela avec ce titre hyper original, la culture contre les fachos.

Vous leur filez un micro à un tapis, les types vont monter à maquiller en moins de deux secondes. Mais le problème c’est qu’ils salissent tout le monde. Parce que quand on regarde de près ces résistants qui sont sur le tapis rouge en smoking pour la plupart, ils ressemblent furieusement à des porte-parole autoproclamés.

Parce que c’est toujours les mêmes, et au fond ils ne sont pas si nombreux que ça. Et il y a, si vous voulez, un monopole de la représentation. C’est pour ça qu’on peut parler en effet de prise d’otage du milieu.

Alors, il y a des militants comme partout, sauf que dans le monde de la culture, ils sont exclusivement de gauche. En tout cas, si vous connaissez un artiste qui traque contre le progressisme ou contre la gauche, vous me présentez le spécimen. Il y a ceux qui baignent dans un conformiste qu’ils ignorent de bonne foi, et puis il y a les autres, ceux qui ne sont pas idéologisés, et qui se taisent par peur d’être exclus.

Parce que la nouveauté depuis des décennies, ou quelques décennies, c’est celle-là, c’est l’exclusion des plus verticales à les horizontales. La censure ne vient plus d’en haut, c’est plus la puissance publique qui va censurer Flaubert, ce sont les pairs qui vont vous censurer, les artistes qui censurent les autres artistes. Alors c’est une censure qui est plus sournoise, qui est moins spectaculaire.

En fait, ils butent au silencieux, si vous voulez. Et les militants, donc ces militants-là, ils sont minoritaires, mais ils tiennent des postes stratégiques. Mais le plus drôle, c’est qu’en fait, on se rend compte qu’ils ne sont pas si efficaces que ça, parce que ça fait des décennies qu’ils dominent le paysage culturel, et pourtant la fameuse extrême droite qu’ils dénoncent ne cesse de progresser.

C’est-à-dire que non seulement ils sont écoutés, mais en plus ils sont convaincants. Mais le plus grave, en revanche, c’est l’affadissement de la création. Et ça, il y a plusieurs raisons.

La première, c’est que les idées qui dominent dans la culture sont celles de la classe dominante, à savoir la classe bourgeoise, citadine et progressiste. Donc l’art reflète de plus en plus une position de classe. Ensuite, vous avez le gauchisme culturel qui excelle dans la confusion des plans, c’est-à-dire qu’ils ont une vision politique du… religieuse du politique, une vision politique du culturel.

Et si vous ajoutez à cela l’idéologie égalitariste, vous savez, la parité, la diversité, les politiques de quotas, c’est l’art qu’on enterre. Parce que pour une raison très simple, l’égalitarisme est en contradiction totale avec le génie. Le génie, c’est la discrimination absolue.

C’est la discrimination la plus irréductible. Le talent, c’est discriminant. C’est comme ça.

Mais depuis Jack Lang, vous savez, tout est culture. Donc plus rien ne l’est, avec deux conséquences, ubérisation de la profession et inflation de la médiocrité. Parce que si on parle uniquement de cinéma, puisque c’est le Festival de Cannes, combien de films français, ces dernières années ou ces dernières décennies, vous ont émerveillé ? Combien de films vous ont décroché la mâchoire et vous vous êtes dit comment il a fait ? Combien de fois vous avez eu le sentiment de voir des choses pour la première fois ? Combien de fois un type a réussi à imprimer un peu d’invisible sur pellicule ? Combien de plans vous ont transpercé le cœur ou l’âme ? La réalité, c’est que le cinéma français est bien souvent sage, sans ambition, petit bourgeois.

Il se regarde filmer, il récite un catéchisme. La réalité, c’est que la plupart méprisent leur art et ne croient même plus à ce qu’ils filment. C’est un petit milieu qui transpire l’ego, qui méprise le public à force de le prendre pour un con.

Le spectateur pour eux, c’est même plus un visage, c’est un code barre sur un ticket d’entrée. Vous avez le règne de la contrefaçon, avec des producteurs, des artistes, la presse amie, ils n’ont plus d’audace, il n’y a plus de risque, mais ils font semblant. Ils font semblant de s’indigner, de faire une descente d’un film ou de l’encenser.

C’est juste le royaume de la moyennasserie. Honnêtement, la réalité, c’est que sur plus de 250 films produits par an, il n’y en a même pas 20 par an que vous regretterez de ne pas avoir vu le jour de votre mort. Franchement, avant de parler de risque, de culture sous contrôle ou de disparition, commencez juste par exister.

Donnez au lieu de réclamer. Essayez juste de nous élever au lieu de s’harmoner. Filmez comme si c’était la dernière fois et nous dénoue encore des bonnes raisons dans les salles obscures et des bonnes raisons surtout de croire que la belle idée de l’exception culturelle française mérite encore d’être soutenue aujourd’hui.

Et voici la vidéo de l’intervention d’Arthur de Watrigant :

Excellentissime, non ?

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