Mais comment avons-nous pu être Charlie ?

Publié par le 30 Nov, 2019 dans Blog | 11 commentaires

Mais comment avons-nous pu être Charlie ?

Ce n’est pas parce que j’ai pu être Charlie quelques heures après le massacre de leur équipe rédactionnelle par les frères Kouachi que j’approuvais leur ligne éditoriale et que je ne rejette pas certaines de leurs unes.

Cette semaine, Charlie a cru pouvoir faire de l’humour après l’accident qui a coûté la vie à treize de nos soldats en opérations extérieures au Mali.

Je relaye ce matin un article d’Arnaud Florac paru sur Boulevard Voltaire qui développe tout à fait mon point de vue. Il note que pour épargner les musulmans, l’équipe de Charle préfère s’en prendre aux piliers de notre société, la famille, l’Eglise et l’Armée.

C’est en effet sans risques !

Soldats français morts au Mali: laissons ricaner les charlots

Avez-vous vu les dessins de Charlie Hebdo sur les soldats français morts au Mali ? C’est désopilant : Charlie a gardé les slogans de recrutement de l’armée de terre, mais a remplacé les photos de militaires par des dessins morbides. On voit, par exemple, des paras qui portent un cercueil drapé de tricolore avec cette légende : « Je suis tourné vers les autres et vers mon avenir. » Que dire de tout cela en tant qu’observateur civil ?

D’abord que, comme il arrive souvent en pareil cas, ce que Charlie Hebdo reproche à l’armée en dit davantage sur les propres obsessions de sa rédaction que sur le poids de la mort dans l’armée. Mettez-vous deux secondes à la place d’un dessinateur de Charlie Hebdo : on ne fait plus rien, ou presque, sur les musulmans, on a renoncé… Mais on veut encore jouer à l’iconoclaste. Alors, pour rigoler à pas cher, il reste encore les piliers de l’ancien monde : la famille, l’école, l’Église, l’armée…

Mais dans notre société liquide, beaucoup de ces concepts ne sont plus ce qu’ils étaient. La famille est une association temporaire « des deux sexes et autres » (comme la pension Vauquer dans Le Père Goriot) en vue d’avoir ou d’acheter, ou pas, des enfants qui auront notre ADN, ou pas, après avoir été portés ou pas.

L’école est une usine qui produit, chaque année, en série, des centaines de milliers de futurs chômeurs qui sont, pour beaucoup, immédiatement engloutis par les fournaises infernales de l’université gauchiste, persuadés d’être uniques, mais voués à devenir des clones.

L’Église est une ONG socialiste, en voie de paganisation, qui compte sur la démagogie, la soumission et la mode pour remplir les églises que ses propres prêtres ont vidées. Au moins, il reste l’armée.

Hélas pour Charlie, l’armée n’a jamais été aussi connue, aimée et respectée depuis 1945. Entre notre pays et son armée, les dernières décennies n’ont pourtant pas été faciles. Il y a eu l’Indochine, avec les ouvriers communistes qui sabotaient le matériel militaire qu’ils fabriquaient ; il y a eu l’Algérie, avec les porteurs de valises et les intellectuels anticolonialistes. Il y a eu les comités de soldats, les chansons de Maxime Le Forestier, les années sans OPEX dans l’Est, les corvées de patates, les alcooliques à moustache et verres fumés, les revues de chiottes. Il y a eu l’attentat du Drakkar, la guerre du Golfe à laquelle on ne comprenait rien.

Toutes nos condoléances aux familles de nos treize soldats morts pour défendre notre civilisation contre les barbares de l’islamisme radical.

Aujourd’hui, il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que l’armée est comprise, que les militaires sont unanimement salués. Il y aura du monde sur le pont Alexandre-III. Avec émotion mais sans faiblesse, parce que la mort fait partie du job et que, n’en déplaise à nos défenseurs du monde libre, tout le monde sait, en dehors du périphérique, que parfois on meurt, tout comme les crayons ne sont pas plus forts que les canons.

L’humour insultant et méprisable des tocards de Charlie arrive trop tard, dans un monde qui commence à comprendre que la dérision de tout ce qui est grand et beau est un puissant corrosif, un jet d’acide gratuit sur une statue de marbre blanc. Les charlots, avec le clin d’œil du « dernier homme », salissent ce qui est admirable, pleurnichent sur leurs morts et allument des bougies. Les soldats, eux, trouvent de la grandeur dans ce qui est prosaïque, honorent leurs héros puis engagent des chargeurs.

On peut imaginer que les familles des défunts porteront plainte et que les autorités militaires livreront un communiqué. Quant à nous, laissons rire les charlots : le panache, vertu française, c’est aussi refuser de se colleter avec des minables. « Ils n’auront pas ma haine… »

Arnaud Florac pour Boulevard Voltaire.

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11 Réponses à “Mais comment avons-nous pu être Charlie ?”

  1. Richard Mauden dit:

    L’humour insultant et méprisable des tocards de Charlie arrive dans la suite des propos insultants de Macron contre ceux qui ne sont rien et qui vont mourir dans une guerre qui n’est pas la nôtre, inventée par Hollande pour faire diversion à son quinquennat des plus calamiteux. Comme toujours, les socialistes, fauteurs de guerre contre le peuple !

  2. Je veux bien continuer à être  » Charlie » – que je n’ai jamais été un seul jour, d’ailleurs-, mais uniquement pour Zineb El Razhoui 🙂

  3. Pire que tout cela, on peut se demander comment tant de français ont défilé  » je suis Charlie »,….tout le ghota politique présent en tête du défilé (Merkel, Hollande …): AU NOM DE LA LIBERTE D’EXPRESSION…
    Quand on sait ce qu’est devenue la liberté d’expression sous Hollande et Macron.
    Charlie Hebdo ne sont que des provocateurs (fond de commerce) il ne faut pas chercher autre chose par contre ils révèlent l’HYPOCRISIE de toute l’élite bobo pseudo-progressiste qui se gave de cet hebdo provocateur.

  4. Pour le coup je ne vous suit pas sur la phrase « pour épargner les musulmans etc… ».
    Charlie a toujours été et restera toujours une publication (je n’ose pas écrire « journal « ) anar anti-droite, anti-curés, anti-armée, et il n’y a pas de raison que ça change. Son « humour » est souvent à gerber, et ici clairement insultant.
    Mais pourquoi y voir un lien avec une quelconque protection de l’islam quand la moitié de la rédaction est tombée sous les balles des Kouachi, que Charb dénonçait l’escroquerie de l’islamophobie, que Riss dénonce les collabos et vit sous menace de mort constante,…
    Oui Charlie me donne la nausée avec cette couverture, mais ce procès-là est mauvais…

  5. stéphane roncaglia dit:

    Personnellement je suis toujours Charlie, et même si j’aime pas toujours leur caricature (ce qui est finalement assez rare pour moi), je serais triste de les voir disparaître. Je préfère leur excès de caricature, que l’excès de dictature de notre gouvernement.

  6. Jamais ete charlie, meme une micro seconde…

    En attendant, les « officiels » sont favorable a l' »immigration et l’islam:

    Procès : j’ai vu la haine de ceux qui me reprochent d’incarner la haine…
    https://ripostelaique.com/a-mon-proces-jai-vu-la-haine-de-ceux-qui-me-reprochent-dincarner-la-haine.html

  7. Je suis toujours « charlie » pas pour la publication qui s’ est finalement soumise au « nazislamisme » mais parce que l’exécution n’est pas une réponse à la caricature moqueuse et provocatrice. Les dessins et les mots ne doivent pas non plus mener à l’emprisonnement ni à la censure.

    Si on aime, on achète, sinon, on boycotte point barre !!!

    Que ce soit Charlie, playboy, minute, le figaro, l’humanité ou le monde le traitement doit être le même, aucune subvention de l’Etat et je souhaite que M. Bockel en personne se saisisse de ce problème.

    Les parents de ces 13 soldats ne doivent pas financer, par leurs impôts, la publication qui a sali l’honneur des « morts pour la France ». Par souci d’égalité, toutes les subventions des journaux doivent aller dans le pot pour sauver l’économie et les retraites des francais.

  8. Je n’ai jamais été « charlie », pas même une seconde et ne le serai jamais.

    J’étais et me revendiquais « mouton noir ».
    Je disais : « oh, moi, je me prénomme Suzanne et pas Charlie, donc je suis Suzanne »

    En effet, si j’ai eu de la compassion pour les familles des victimes de ces barbares, qui sont pourtant toujours, semble t-il, les chouchous de nos zélites, je ne me suis jamais identifiée à des journaleux de gauche extrême ni à leurs dessins humoristiques qui ne m’ont jamais fait rire (même les dessins de Mohamed ne m’ont pas fait rire, moi la miso-islamiste et musulmanophobe notoire

    J’ai toujours détesté le détournement des définitions des mots pour émouvoir les foules (sous-entendu= pour manipuler les foules et leur faire faire ce que l’on veut qu’elles fassent).

    Ainsi le mot empathie qui veut dire « sympathie froide » est détourné en « identification projection à la personne que l’on nous somme de victimiser.

    Depuis ces attentats et la mise en scène tragico-comique de Hollande avec son défilé sécurisé de personnalités dans une petite rue tandis que le petit peuple défilait avec un peu moins de sécurisation (heureusement il ne s’est rien passé), j’avoue que je n’ai pas changé un ma vision des choses d’un seul iota.

    Aussi, la Une de Charlie Hebdo ne me surprend pas : ces gens n’ont rien appris de la tragédie qui a touché leur « journal » (et surtout leurs collègues)
    Ils se sont simplement soumis aux barbares envahisseurs.

    Il est vrai que j’ai une vision des médias tellement négative que pas un seul journal me fait, au jour présent, changer d’avis.
    Même V.A. se met à entrer dans le jeu gauchisant (ou plutôt bienpensant) dans certains de ses articles.

    Leur QI est bien bas.

    • Christian 54 dit:

      Chère Suzanne,

      Votre intervention justifiée m’a donné envie de vous répondre directement.

      Moi non plus, je n’ai jamais été Charlie.

      D’abord à cause de mon attitude revendiquée d’anarchiste bâtisseur d’extrême centre, choix qui me permet de ne pas me mélanger à la foule (surtout celle qui est hurlante).

      Ensuite car les mêmes qui se réclamaient Charlie étaient les premiers à crier aussi «pas d’amalgame», «c’est pas ça l’islam» et autres niaiseries scandées jusqu’à l’écœurement par des individus dénués de la faculté de raisonner.
      Et surtout, lorsque j’ai vu Pelloux pleurnicher sur l’épaule du minable Hollande, j’ai eu des hauts le cœur !
      Charlie n’a rien compris, Charlie n’a aucun respect.

      Mais ce qui fait rire des gamins boutonneux – et on peut le leur pardonner (bienheureux les pauvres en esprit…) – est intolérable chez les adultes. Charlie n’est pas un exemple, ce n’est que l’étalement d’une imbécilité profonde et fière de l’être. Le drame qu’ils ont vécu ne leur a rien appris.

      Quant à V.A., les réactions de certains lecteurs à ceux de leurs articles qui vous déplaisent à juste titre me rassurent, du moins pour l’instant.

  9.  » …aux piliers de notre société, la famille, l’Eglise et l’Armée »

    Ah oui, il y a encore des gens qui pensent ce genre de choses…
    🙁
    La famille se porterait tellement mieux sans les deux autres archaïques entités !

    • Vous savez, l’humain (et non l’homme qui fait la bête) a besoin d’une composante existentielle (on disait autrefois « spirituelle », au sens de spiritus = esprit)

      C’est pourquoi l’église (pardon l’Église ou plutôt les Eglises) est importante : elle permet par des rituels de baliser le sens de la vie, de parler en symboles qui « parlent » à tous, au sens archétypal du terme.

      De plus, la nature a horreur du vide.
      Ainsi, si on supprime l’Église chrétienne ou la philosophie bouddhiste par exemple qui sont pacifiques (je ne parle pas des quelques humains pervers qui détournent ces philosophies pour leur propre compte ou par idéologie), eh bien, elles seront remplacées par d’autres.

      Résultat?
      la chrétienté, harcelée et démantelée tous les jours par des personnes reniant le côté spirituel ou le besoin existentiel de l’Humain, fait, petit à petit, place à la « philosophie » musulmane, qui elle, est violente, réservant sa miséricorde seulement aux soumis à ses préceptes, sans aucune notion de symbole (archétypal ou non) puisqu’elle refuse toute exégèse.

      Je ne suis donc pas pour l’éradication des Églises (ou autre philosophie existentielle pacifique).

      Et encore moins de l’armée, qui, bien pensée, permet de défendre la communauté et de lui donner un sentiment de sécurité, besoin essentiel de l’Homme selon V Handerson.

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