Mais où est vraiment le scandale des Paradise Papers ?

Publié par le 8 Nov, 2017 dans Blog | 8 commentaires

Mais où est vraiment le scandale des Paradise Papers ?

Je vais probablement aller à l’encontre de l’opinion des Français toujours très prompts à condamner les pratiques d’optimisation fiscale, surtout celles  auxquelles ils n’ont pas droit et à pourfendre les « multinationales » emblèmes du capitalisme triomphant.

Oui, je vais relayer aujourd’hui un article de Jean-Philippe Delsol paru dans l’IREF qui fait la part des choses entre l’optimisation fiscale dénoncée par les médias dans le cadre des « Paradise Papers » et la fiscalité mouvante, complexe et confiscatoire qui sévit dans notre pays et dans d’autres.

Les « Paradise Papers » s’apparentent plus à une optimisation fiscale qu’à une fraude qui est moins du côté des entreprises concernées que des journaux qui dénoncent ce soi-disant scandale.

Des journaux français, associés au Consortium international des journalistes d’investigation et à 95 médias partenaires, font état d’un nouveau scandale en révélant 13,5 millions de documents, dont une bonne part issue de cabinets d’avocats étrangers spécialisés dans la finance offshore et des registres des greffes de tribunaux de commerce situés dans des paradis fiscaux.

Jean-Philippe Delsol

Mais où est le scandale ? Sont livrés des millions de documents obtenus par des moyens frauduleux puisqu’ils étaient couverts par le secret professionnel ou bancaire. Mais, note Le Monde, « Contrairement aux « Panama Papers », cette nouvelle enquête concerne moins le blanchiment d’argent sale, issu de la fraude fiscale et d’autres activités illicites (trafics d’armes, de drogue…), que des schémas légaux montés par des bataillons d’experts en optimisation fiscale. » En clair : « Aucun de ces montages ne peut à ce jour, écrit-il encore, être qualifié de frauduleux » !!! La fraude est donc moins du côté des entreprises concernées que des journaux qui dénoncent ce soi-disant scandale.

L’optimisation fiscale n’est pas critiquable. La plupart des Français qui payent l’impôt sur le revenu en font lorsqu’ils se posent la question lors de leur déclaration de revenus de savoir comment réduire leur impôt en utilisant l’une des très nombreuses niches fiscales qui leur sont offertes. Ça n’est ni plus ni moins que de l’optimisation fiscale. Et par exemple, quand ils gagnent 300 € d’impôt par ce moyen sur les 2 000 € d’impôt qu’ils payent, c’est équivalent aux 300 millions d’euros qu’économisent les multinationales en faisant de la planification fiscale légale par rapport aux 2 milliards d’euros d’impôt qu’elles payent.

Certes, on peut trouver désagréable que les sociétés les plus prospères cherchent en sus à éviter l’impôt. Mais si elles le font de manière légale, il faut plutôt se demander pourquoi la loi fiscale est si mal rédigée qu’elle les laisse faire.

Le problème est que la loi fiscale de tous les pays développés,
et en particulier de la France, est devenue un maquis.

Et on se cache plus facilement dans le maquis que dans le désert. La fiscalité est également devenue, particulièrement en France, abusive et spoliatrice. Le remède n’est donc pas dans la chasse aux sorcières, mais dans une refonte de la loi fiscale pour la simplifier, la clarifier et rendre les taux d’imposition plus raisonnables.

A force de vouloir tuer les riches, on risque surtout d’appauvrir encore les pauvres. Depuis 40 ans, les plus riches se sont enrichis plus que la moyenne. C’est surtout dû, depuis vingt ans, à la réussite de très belles entreprises dans les métiers de la nouvelle économie et à l’ouverture des échanges au niveau mondial. Mais dans le même temps la pauvreté, qui concerne ceux qui vivent désormais avec moins de 1,90 $ par jour, a reculé de près de 80 %. L’effet de ruissèlement, qui veut que la création de richesse profite à tous, plus ou moins, a été efficace. Comme le dirait M. Macron, nous avons besoin de chefs ce cordée pour que toute la cordée soit tirée. La question est donc bien de savoir s’il vaut mieux lutter contre les riches ou contre la pauvreté. Tout système a ses défauts, mais à tout prendre je préfère vivre en Occident qu’en Corée du Nord ou au Venezuela. D’ailleurs ces derniers pays démontrent qu’à vouloir l’égalité à tout prix, on propage la misère et on favorise la corruption comme source d’inégalités plus graves encore parce qu’elles sont fondées sur la fraude et l’excès de pouvoir permanent.

Enfin, et plus fondamentalement, il faut se méfier de cette nouvelle doxa qui veut la transparence totale de tous devant tous les autres. Nous nous retrouverons bientôt nus et privés de notre intimité qui fonde notre humanité. L’essayiste allemand Byung-Chall Han le dit très bien en soulignant que dans ses excès « La transparence est une contre figure de la transcendance ».

Jean-Philippe Delsol pour l’IREF






8 Réponses à “Mais où est vraiment le scandale des Paradise Papers ?”

  1. Bonjour

    Ceux qui sont gênés par cette affaire, ceux qui sont contre ces pseudo-paradis fiscaux ne sont en réalité que ceux qui veulent vivre aux crochets de papa Etat et qui ne croient qu’en son saint rôle pour assurer notre bonheur. Des gens qui ne sont alors ni plus ni moins que des jaloux tout simplement.

    Par contre, parmi eux, s’ils avaient la chance de gagner 100 millions d’euro à un jeu de hasard, combien resteraient en France pour distribuer, suivant leurs préceptes actuels, leur argent à l’Etat et aux pauvres malheureux nécessiteux qui vivent de ses subsides. Pas beaucoup je crains !

    • Stéphane, ceux qui gagneraient 100 millions au loto n’auront pas besoin de partir, c’est net d’impôt il me semble. Les autres, ceux qui mettent leur argent ailleurs qu’en France, l’ont gagné par leur travail, quel qu’il soit, chef d’entreprise, acteur ou chanteur ou sportif et même politique!!!!

      • Tststststs, c’est net d’impôt (parce que l’Etat s’est déjà servi) la première année. Ensuite, cela peut aussi être net d’impôt si vous les mettez sur un compte non rémunéré. Mais, du moment que vous les placez, c’est imposable comme n’importe quel placement.

      • pas complétement net d’impôts!
        La première année peut être (après que l’état se soit servi copieusement!), mais les suivantes…

        ISF direct (100 millions sont supérieurs à 1,3millions)

        Ensuite, grâce à Jupiter le magnifique Rapetout, si avec ces gains, vous avez pris une assurance vie, acheté une maison, et quelques apparts plutôt que d’avoir tout dilapider en maquillages, perruques, liftings et autres foutaises pour votre cagole ou pour votre jeune petit copain, eh bien, hop, ce sera l’Impôt sur la fortune immobilière et sur les fonds qui ne sont pas en actions (quand bien même votre assurance vie n’est pas en euros)

        Et si ces apparts achetés avec ces gains du loto sont loués, hop, vous verrez votre IR augmenter sans compter les taxes, contributions, cotisations…y afférant!

  2. Tststststs, c’est net d’impôt (parce que l’Etat s’est déjà servi) la première année. Ensuite, cela peut aussi être net d’impôt si vous les mettez sur un compte non rémunéré. Mais, du moment que vous les placez, c’est imposable comme n’importe quel placement.

    • 100 millions sur votre compte courant, sans problèmes? Je me demande quelle banque (et accessoirement quel bureau local des impôts qui accepterait cela en France. Je suis sceptique
      (sans compter qu’en cas de pb économiques majeurs de l’état et/ou de votre banque vous n’êtes assurés de récupérer la somme « astronomique » (proportionnellement à 100 millions) de 70 000€!

      Même dans ce cas là, (compte non rémunéré), les 100 millions risquent de ne pas être les vôtres longtemps 🙂

  3. jacques boudet dit:

    Fureur des incapables, « intellectuels » aigris,
    créateurs de Cerfa, « tout vouloir sans risques ni capacités »
    masturbateurs de Constitution, chercheurs sans objets,
    parasites d’État, journaleux à la botte et al.

    Combien de GAFA en France ?

    Spécificité française, Bercy est seul maitre des poursuites pénales.

    Et voilà pourquoi votre fille est muette !

  4. C’est toujours pareil, la jalousie, l’envie. Et cette défiance envers l’enrichissement la création de richesse qui ne peut venir que de la spoliation de pauvres !
    Et ce fantasme perpétuel des gauchistes de tout poils, qui croient que seul la confiscation et la redistribution par l’état éteindra la pauvreté … Actuellement, on parle de l’augmentation de la fortune des milliardaires, mais on oublie de dire que la pauvreté recule …
    Vraiment, je suis las de voir chaque jour les dégâts de 70 ans d’étatisme dirigiste, dont 40 de socialisme.

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