Où est passée la « vision » macronienne ?

Publié par le 21 Août, 2017 dans Blog | 3 commentaires

Où est passée la « vision » macronienne ?

Emmanuel Macron nous l’avait dit pendant la campagne : « dans une campagne présidentielle, ce n’est pas le programme qui compte … C’est la vision ! »

Jour après jour, le programme se construit – le mot est bien trop fort ! – car il apparait comme une juxtaposition de mesures de rabotage fiscal à la petite semaine.

Jour après jour, il devient évident que la vision s’avère de courte vue si tant est que le président, mis au pied du mur des réalités, en ait vraiment une …

On chercherait, nous dit-on, plus de 5 milliards d’euros pour boucler le seul budget 2017, saboté par François Hollande et sa bande de bras-cassés. Et c’est à coup de coupes budgétaires de 300 millions d’euros que le gouvernement Philippe compte réussir cette gageure ! Il y aura donc en gros 17 coups de sabre à donner pour atteindre l’objectif !

Ce qui fait de l’action gouvernementale une action sans cohérence car sans vision !

Pour illustrer ceci, voici un article de David Lisnard paru dans le FigaroVox qui dénonce les coupes sauvages, sans concertation, dans le budget des collectivités locales.

S’il est vrai que ce budget doit être drastiquement réduit, ce n’est pas par des coupes aussi ponctuelles que brutales qu’on y arrivera mais par un plan de réformes et de réduction des dépenses, structuré et étalé dans le temps.

Où est passée la vision macronienne ?

Macron sabre le budget des collectivités locales …
mais pas celui de l’Elysée !

Le gouvernement a supprimé sans consultation préalable 301 millions d’euros de dotations aux collectivités locales. Pour David Lisnard, maire de Cannes,  et membre du Comité Directeur de l’AMFMacron a perdu la « confiance » des élus locaux, qu’il avait pourtant longuement invoquée il y a un mois lors de la Conférence Nationale des Territoires.

Le 20 juillet, le gouvernement supprimait 301 millions d’euros de dotations inscrits dans la loi de finances 2017 à destination des collectivités locales et des territoires. Cette opération s’est faite par un discret décret, donc sans contrôle parlementaire et surtout sans consultation des collectivités territoriales, dans le plus grand mépris des principes avancés deux jours auparavant lors de la tonitruante Conférence Nationale des Territoires.

D’aucuns diront que cette décision n’est qu’un ajustement budgétaire dérisoire. Or il n’en est rien.

Les crédits qu’il vient de supprimer étaient destinés à financer, notamment, la Dotation de Soutien à l’Investissement Local. Cette dotation devait permettre de relancer les dépenses d’équipement et d’infrastructure du secteur local qui, du fait de la baisse des dotations, ont chuté de 25 % en 2014 et 2015. Sans ces financements, les collectivités les plus fragiles devront à nouveau différer leurs investissements, au détriment du développement de leurs territoires et de l’emploi.

Pire, s’agissant de projets lancés, comme, une nouvelle fois, cette décision intervient en cours d’exercice budgétaire, le non-respect par l’Etat de ses engagements laisse les collectivités face à une perte de recettes qui ne manquera pas de se traduire par de la dette nouvelle dans nombre de budgets locaux ou par des abandons d’opérations.

Le comble est que certains investissements ont été prescrits par l’Etat lui-même.

La réalité terroriste a conduit les collectivités à engager des travaux de sécurisation des bâtiments les plus sensibles, tels que les crèches et les écoles. Ces investissements ont été réalisés dans l’urgence avec la perspective d’une participation financière de l’Etat. Faute de crédits, les dossiers déposés auprès de ses services dans ce cadre sont toujours en attente d’instruction, et le décret du 20 juillet laisse présager que la charge de ces investissements, qui contribuent pourtant à la mission sécuritaire de l’Etat régalien, sera intégralement supportée par les collectivités.

D’autres suppressions de crédits inscrites dans le décret du 20 juillet ne manqueront pas d’avoir des incidences sur les institutions locales et les citoyens. Un seul exemple: les crédits alloués à la sécurité diminuent de 243,6 millions d’euros. Comment comprendre que, dans un contexte de lutte contre le banditisme, les trafics et le terrorisme, les forces de l’ordre voient leurs moyens réduits? Le gouvernement espère-t-il que les communes continueront de mettre en place des contingents de policiers municipaux pour assurer la sûreté, compétence régalienne par excellence, et pallier la baisse des ressources de la Police nationale (-110 millions d’euros) et de la Gendarmerie (-90 millions d’euros), augmentant de ce fait leurs charges de fonctionnement, ce qui leur sera reproché ?

Le 17 juillet dernier, lors de la Conférence Nationale des Territoires, devant les représentants des collectivités territoriales réunis par l’exécutif sous le regard des medias, il fut longuement question de confiance. Afin de restaurer la confiance dans ses relations avec les acteurs publics locaux, le nouveau pouvoir s’engageait «à faire en sorte que les collectivités territoriales soient associées en amont à toute décision qui les concerne».

Cette promesse n’aura donc duré que le temps d’une annonce.

Les collectivités territoriales sont victimes de ces atermoiements d’un pouvoir central dont on attend toujours les réformes structurelles concernant son périmètre et son appareil administratif. Un bon indicateur d’intentions en la matière aurait été que les crédits affectés au fonctionnement des «pouvoirs publics» (dont la Présidence de la République), un milliard d’euros tout de même, subissent une diminution proportionnelle à celle que l’Etat impose aux collectivités. Pas un euro ne sera retiré à ces institutions en 2017.

Au cours de l’examen du projet de loi de finances pour 2018 qui s’ouvrira à la rentrée, les élus locaux – qui ne peuvent plus siéger au Parlement – devront être particulièrement combatifs et l’opinion attentive afin d’éviter de nouvelles spoliations de ressources et de transfert de charges insidieuses ; ce que l’Etat ne devait plus faire, «promis!».

Romain Gary l’a si bien exprimé, «sans imagination, l’amour n’a aucune chance». Il en est de même pour l’exercice du pouvoir. En y ajoutant la nécessaire confiance qui ne peut se fonder que sur la fiabilité dans les actes, nous avons les deux conditions d’une relation durable et constructive.

Entre l’usage du seul rabot dont nos gouvernants technocrates semblent avoir fait l’horizon indépassable de leur vision pour le pays et les mensonges assénés par Paris aux collectivités régulièrement spoliées par l’Etat, une nouvelle ligne de fracture s’instaure. Elle sera dure.

David Lisnard pour le FigaroVox







3 Réponses à “Où est passée la « vision » macronienne ?”

  1. Christian 54 dit:

    Pour Macron, certaines catégories, notamment les retraités, sont tout simplement devenues des proies, bonne à traquer, puis à plumer… Je me sens de plus en plus dans la peau d’un pauvre Dodo de l’île Maurice.

    Et, en même temps regardez bien à la télé la multiplication exponentielle des publicités incitant le bon mouton à se faire tondre volontairement, pardon, je voulais dire à rentrer dans le système de spoliation legal des dons et legs. Très certainement pour pouvoir accueillir à bras ouverts les envahisseurs-profiteurs évoqués dans les billets précédents alors que l’état (ou ce qu’il en reste) a totalement démissioné de ses pouvoirs régaliens, notamment, mais la liste est très longue, santé, justice, entretien de l’existant, mais surtout la sécurité.

    L’avenir se présente très mal.

  2. Idomar Yassagof dit:

    Oui bon le Figaro d’accord, mais vous avez fait votre part de lèche bottes (pour être poli). Comme l’écrit Mariane « Le quotidien conservateur se montre fort bienveillant envers Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir. »

    Sauriez vous promouvoir comme mesure d’allègement structurel la suppression des subventions à l’ensemble de la presse écrite ? Vous êtes bien des libéraux non ?

    Le déshabillage des collectivités territoriales est inscrite dans les gènes de l’UE qui tient absolument à renforcer les régions, désormais moins nombreuses comme elle le souhaitait, pour en faire des landers avec qui elle finira par traiter/financer directement (voir les FEDER) en passant par dessus les instances « nationales ».

    • Bof…
      Le Figaro est un média de centre gauche, tout le monde le sait.
      Marianne est plutôt un Média qui se voudrait de « réinformation » tendance gaucho.

      Il est vrai que l’une de mes amies me passe Marianne et que, parfois, je suis en accord avec les articles tapant sur la politique jupitérienne.

      Pourquoi le Figaro n’en ferait pas autant?

      Je pense que les médias mainstream commencent à en avoir ras le bol de ce dictateur et de son épouse, même s’ils sont toujours à louanger cette dernière comme beauté « resplendissante » qui se tient si bien en public et nous fait admirer à l’étranger….

      Mais après tout, chacun ses goûts en matière de beauté féminine.
      Perso, je trouve qu’elle ne plaide pas vraiment pour les femmes.
      Beaucoup dans mon entourage ne se reconnaissent pas dans cette dame.

      Pour le reste, je suis OK avec vous : suppression totale des subventions et des prises en charge (qui ne sont pas considérées comme subventions… Bizarre.. ce ne doit pas être la même « enveloppe ») de l’acheminement de la presse dans son ensemble, et versement de ces subventions à l’armée, la police et la gendarmerie

      Je fais partie de ceux qui ont voté pour l’UE en son temps!
      Eh bien j’avoue : je regrette.

      Je pensais, franchement, que c’était une bonne chose.
      Je voyais cela plus comme une fédération de pays qui permettait des partenariats, plutôt qu’un truc-machin qui impose jusqu’au nombre de marches que peut avoir mon escabeau, moi la vieille…
      Ce qui m’oblige à monter sur une chaise, puis monter sur la table, puis mettre la chaise sur la table et monter dessus pour faire mes vitres…
      Bon, je caricature… à peine!

      Et oui, Jupiterminus semble s’aplatir devant la belle Merckel…
      Normal : sa belle épouse est née début avril 1953 et Angela le 17 juillet 1954
      Elles ont quasi le même âge, l’âge préféré des femmes par Macronimus.

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