Remettre l’église au milieu du village …

Publié par le 11 Avr, 2018 dans Blog | 6 commentaires

Remettre l’église au milieu du village …

Après l’hystérie déclenchée, toutes gauches confondues, par les propos d’Emmanuel Macron tenus à la Conférence des Evêques de France, le calme semble revenu.

Certains observateurs tentent de définir ce qui se cache derrière ce discours très clivant du chef de l’Etat.

Hier, je suivais un débat sur LCI durant lequel Françoise Degois et Jean-Luc Mano n’arrivaient pas à comprendre le propos d’Emmanuel Macron quant au lien abimé entre la République et l’Eglise. A aucun moment ils n’ont pu imaginer que le passage en force de Taubira et de Hollande sur le mariage pour tous avait pu laisser des traces dans la communauté catholique. On a compris pourquoi en fin d’émission quand ils ont avoués, tous deux, leur aversion pour la Manif pour tous.

Je vous propose le point de vue de Nicolas Beytout paru hier dans l’Opinion qui me parait des plus pertinents :

Pourquoi Emmanuel Macron veut remettre l’église au centre du village

« La laïcité n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel ». En une heure d’un discours dense prononcé devant la Conférence des Evêques de France, et en quelques phrases politiquement incorrectes, Emmanuel Macron a remis le sujet de la laïcité au centre du débat politique. Et provoqué une déferlante de réactions courroucées de la part des défenseurs intransigeants de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. C’était prévisible.

Alors pourquoi ? Quel besoin avait-il d’affirmer que « les politiques ont profondément méconnu les catholiques de France », et qu’il lui revenait dès lors de « réparer » ce « lien (…) abîmé »? Candidat à l’élection présidentielle, le chef de l’Etat avait certes déclaré qu‘il avait « une réflexion permanente sur (sa) propre foi ». Il avait révélé avoir choisi de se faire baptiser à 12 ans. La profondeur de son discours et les références multiples à la sémantique catholique ne laissent donc aucun doute sur son engagement : Emmanuel Macron est croyant. Mais, ajoutait-il alors, il n’en faisait pas « un élément de revendication ».

S’il déplace aujourd’hui cette limite, c’est vraisemblablement pour des raisons politiques. La première, la plus évidente, est son besoin de parler à une France inquiète devant la montée de l’islam, un pays bousculé dans ses traditions, une population qui ne reconnaît plus ses villages et ses clochers, se sent décrochée et échappe aux politiques ou se réfugie dans les extrêmes.

Mais s’il parle à « la part catholique de la France », c’est aussi parce qu’il a devant lui un chantier difficile : l’organisation de l’islam en France. S’occuper des musulmans sans envoyer de signe aux chrétiens, un déséquilibre que ses prédécesseurs ont installé.

C’est cet « en même temps » que le président de la République semble avec raison vouloir restaurer.

Nicolas Beytout pour l’Opinion.

A lire aussi, en contrepoint, cette analyse de Philippe Kerlouan parue sur Boulevard Voltaire : « Quand Emmanuel Macron flatte les évêques pour mieux les étouffer« .






6 Réponses à “Remettre l’église au milieu du village …”

  1. Personnellement, je ne peux que me réjouir du fait que le chef de l’état se soit adressé aux évêques et plus largement aux Catholiques, qui ont été largement méprisés depuis des années, sous des prétextes fallacieux. Je comprends que certains soient sceptiques sur ses intentions réelles, mais je pense qu’au point où nous en sommes, c’est toujours bon à prendre, qu’il suffit de se remémorer les déclarations publiques de Peillon, Taubira, et l’autre insignifiant, dernier PM de Flamby, dont je ne retrouve plus le nom … ah oui, Cazeneuve, pour se dire que « c’est moins mal que si c’était pire » !

    • C’est pire que si c’était moins mal, dirais-je plutôt!

      Car un nombre incalculable de gogos vont le prendre pour argent comptant, alors que ce n’est que du mauvais théâtre de la part d’un type qui, par là, méprise les chrétiens (ou les catholiques, puisque les autres n’en font pas partie, sauf quelques protestants), puisque persuadé que des bonnes paroles suffisent à ce peuple benêt au point de tout croire!

      Inculte (au propre et au figuré), il a oublié la saine colère de Jésus chassant les marchands du temple, Marchands dont ce type fait partie, vendant ses bobards à qui veut les acheter!
      Les bradant même parfois, lorsqu’il sait que ces bobards vont lui permettre d’obtenir des voix et donc du fric et du pouvoir!

      Non, un chrétien n’est pas un humain bête comme chou!
      Un chrétien est capable de voir si les actes sont conformes aux paroles.

      Un chrétien est capable de distinguer la « taqîya » d’un discours vrai partant du cœur.

      Un chrétien est capable de pardonner si la personne en face est véritablement repentante. Elle peut demander que ces cœurs retrouvent le chemin du vrai et non du faux et du clinquant.

      Mais un chrétien n’est pas balourd au point de bien vouloir accepter de faux discours sous prétexte de fausse paix!

      Enfin, je l’espère…

      Alors oui, mettons l’église, le temple protestant, les dômes des églises orthodoxes, les chapelles, au milieu du village, au centre des villes et des villages de nos campagnes, avec le retour de leurs crèches à Noel, des pèlerinages nombreux et variés qui marquaient les fêtes et l’écoulement des jours dans la France chrétienne.

      Ceci nous permettra, peut-être, de ne plus être obligés de faire ces pèlerinages avec des routes bloquées par des cubes de béton, et « protégés » par la police!

      Oui,remettons au centre des villes et des villages, les cloches sonnant l’Angélus, marquant les heures de louanges à Celui qui permet le renouveau quotidien de la vie, et son repos, matin et soir…

      Ces cloches qui sonnent les jours de fêtes pour nous inviter à la louange.

      Ces cloches qui nous demandent aussi de nous mettre en communion avec les familles qui viennent de perdre un être cher, et l’accompagnent jusqu’à leur dernière demeure…

      Ces cloches qui nous appellent à la fraternité vraie et universelle et non à la soumission ou à la discrimination (positive ou négative, une discrimination est un tri dont le but est un choix, donc positif pour les uns d’où négatif pour les autres), ou au meurtre.

      Tout ceci sans risque d’égorgement ( peine encourue par les Juifs, les mécréants et les associateurs…)!
      Je pense là, aussi, à nos amis juifs qui vivent un antisémitisme jamais vu depuis le 20 eme siècle!

      Alors, là, ensuite, je croirais ce menteur patenté, acteur de seconde catégorie, donnant du cirque en lieu et place de pain à ce populo qu’il méprise.

  2. Chère Suzanne, je suis un pragmatique avant tout. Je suis également réaliste et je sais, qu’après 40 ans de socialisme plus ou moins affirmé, on ne peut pas s’attendre à une révolution inverse ! aussi je me réjouis chaque fois qu’il y a un petit pas dans ce que je pense être la bonne direction. On ne changera pas tout d’un coup, et cela ne peut se faire que par étapes. Je vois aujourd’hui « l’entame de l’amorce d’un début de commencement » … J’attends la suite , bien sûr, les actes qui suivent les belles paroles.

  3. Quand a moi j’ecoute, et je suis attentif aux avancées vers les catholiques, s’il est sincere, sans oublier la part politique, electorale etc…

    Quand a la goche, n’essayer pas de comprendre quoi que se soit c’est mieux pour vous, restez laique et « primaire ».

  4. Je profite de cet article (et de la notoriété du site), pour faire ma petite pub. personnelle et donner l’adresse de mon blog:
    http://aumilieuduvillage.eklablog.com/

    et vous inviter à y lire un article sur le même thème…
    http://aumilieuduvillage.eklablog.com/prizident-djame-dire-ca-a142489034

    (d’ailleurs, j’étais déjà dans les « liens favoris » de « à droite »: Remettre l’église au milieu du village

    j’espère que je n’abuse pas !!!

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *