En juillet 2021, soit 7 mois avant ce que l’Occident appelle l’invasion russe de l’Ukraine, et la Russie, une opération spéciale, Vladimir Poutine publiait un essai intitulé :
Sur l’Unité historique des Russes et des Ukrainiens.
Il y expliquait comment les Russes et les Ukrainiens — ainsi que les Biélorusses — étaient des « peuples frères » — une trinité de nations, toutes issues de la même racine, le Kievan Rus.
Pour Poutine, la trinité des trois nations est une trinité fondée en partie ou même principalement sur une foi religieuse partagée, à savoir l’Église orthodoxe russe.
A rebours de ce que prétend la doxa occidentale dominante, la Russie n’est pas en guerre contre l’Ukraine, mais contre le projet atlantiste de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN.
La Russie refuse que des missiles otaniens viennent s’installer juste derrière la frontière avec la Russie ! Les Etats-Unis accepteraient-ils que les Russes viennent installer leurs missiles à Tijuana au Mexique ? A 30 km de la ville de SanDiego et à 800 km de San Francisco ?
Je souhaite relayer ici un excellent article de fond sur le conflit ukrainien publié dans le Saker francophone par EuroYankee, Le 25 septembre 2026, Source Blog de l’auteur.
L’article tente d’expliquer aux Occidentaux la logique et la stratégie de Vladimir Poutine. Il fait état de la prudence de Poutine qui doit résister aux pressions internes du Parti communiste qui le presse d’en finir.
Les attaques de drones et de missiles par l’Ukraine en profondeur dans le territoire russe ont fortement marqué les esprits et Poutine a dû se résoudre à passer à la vitesse supérieure en frappant plus durement la capitale Kiev jusque là relativement épargnée.
Vue sa longueur, je publierai l’article en trois parties :
- La guerre proprement dite et la stratégie des Russes
- Le rappel historique et géostratégique du contexte de cette guerre
- L’évolution récente du conflit et sa fin prochaine annoncée.
1 – Ukraine : la fin est proche
Je suis la guerre par procuration de l’OTAN en Ukraine depuis plusieurs années, et donc ce qui se passe maintenant n’est pas une surprise pour moi. C’est, en effet, quelque chose que j’attendais depuis un certain temps.
Tout d’abord, passons en revue ce qui se passe : la Russie bombarde Kiev quotidiennement, de jour comme de nuit. C’est nouveau. Auparavant, les drones et les missiles russes arrivaient par vagues, avec des périodes de calme de plusieurs jours ou semaines. Maintenant ces périodes ne durent que quelques minutes.
La Russie cible les infrastructures énergétiques d’une manière qu’elle avait évité auparavant. Ces attaques ont le but évident de rendre Kiev inhabitable cet hiver, car l’Ukraine n’aura plus la capacité de générer et de distribuer de l’électricité à sa population.
La Russie détruit également l’infrastructure logistique de l’Ukraine : des entrepôts sont régulièrement détruits. Le gouvernement ukrainien a déclaré qu’il avait perdu 90% de sa logistique alimentaire.
Le champ de bataille semble également désastreux pour l’Ukraine. La Russie avance toujours, et les derniers bastions de la vaste ceinture de soi-disant « villes forteresses » du Donbass, Sloviansk et Kramotorsk, devraient tomber dans les semaines à venir. Après la chute de ces deux villes, il ne restera pratiquement plus d’obstacles entre les Russes et le Dniepr, la porte d’entrée de Kiev.
Ce désastre imminent a été décrit par l’analyste pro-ukrainien de politique étrangère, Jimmy Rushton, journaliste britannique au Kyiv Independent basé à Kiev, qui a expliqué le danger en septembre 2025 :
L’Ukraine a la ligne du Donbass, un réseau de fortifications qui s’étend à travers Donetsk…Si l’Ukraine devait les abandonner, elle n’aurait presque plus rien comme défense. Le sol derrière est plat et ouvert, sans défenses préparées.
En effet, les analystes semblent s’accorder sur le fait que renoncer aux défenses du Donbass équivaudrait à un “suicide militaire” pour l’Ukraine.
Néanmoins, après des années « d’attrition« , souvent qualifiées de « glaciales » par les médias occidentaux, la Russie est, lentement mais sûrement, sur le point de remporter son prix.
Pourquoi l’Occident est sur le point d’être choqué ?
Dès le début du conflit, les analystes occidentaux n’ont pas compris la stratégie russe en Ukraine. Je me souviens que lorsque l’invasion a eu lieu, les responsables militaires américains étaient complètement perplexes : la doctrine américaine dit qu’il faut frapper durement, rapidement et mortellement, avec ce que le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, appelle une « létalité maximale« . Cette stratégie a été pleinement mise en évidence lors de l’attaque “Chock and awe” de George W. Bush contre Saddam Hussein en 2003, et plus récemment avec le bombardement impitoyable de l’Iran par Donald Trump.
Pourquoi, se sont-ils demandés, la Russie se déplace-t-elle si timidement en Ukraine, sans un bombardement massif ou une campagne aérienne, sans détruire les infrastructures clés de l’Ukraine, et avec seulement 150 000 soldats ? Pour les Américains, cela a fait paraître Poutine comme étant peu sérieux. Comment pouvait-il espérer maîtriser une population de 35 millions de personnes (à l’époque) avec une force aussi infime ?
En comparaison, quand Hitler a décidé de conquérir la Pologne, il l’a envahi avec une force de 1,5 million d’hommes. Il est ridicule de croire que Poutine pensait qu’il n’avait besoin que d’un dixième de cela pour subjuguer l’Ukraine — un pays deux fois plus grand que la Pologne, et dont il savait qu’il était “militarisé” par l’OTAN depuis 2014, qui lui avait fourni des milliards en armes, munitions et fournitures, et formé aux dernières techniques de combat de l’OTAN.
Pour les analystes occidentaux, c’était presque comme si Poutine ne voulait pas vraiment conquérir l’Ukraine.
Eh bien, la vérité choquante est qu’il ne voulait pas l’envahir. Poutine n’a JAMAIS voulu “conquérir l’Ukraine”. Il voulait seulement que l’Occident le prenne au sérieux lorsqu’il a dit “non” à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, insistant sur le fait que l’Ukraine devait rester fidèle à sa Constitution de 1991 et rester toujours neutre.
L’incapacité totale de l’Occident à comprendre ce que Von Clausewitz appelait la “nature” du conflit l’a rendu aveugle à ce qui se passe réellement, et le laissera brisé et choqué lorsque ce conflit atteindra sa conclusion inévitable.
EuroYankee sur son Blog.
A suivre …




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