Un sinistre anniversaire (suite et fin)

Publié par le 11 Mai, 2020 dans Blog | 7 commentaires

Un sinistre anniversaire (suite et fin)

Voici la seconde partie de l’article de Vicento80 consacré au 39 ème anniversaire de l’accession au pouvoir de François Mitterrand.

Si Emmanuel Macron s’est fait élire sur le slogan « Ni de droite, ni de gauche ! » et si le Rassemblement national veut atteindre le pouvoir en clamant que la droite (LR) et la gauche (PS) de gouvernement, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, Vicento80, lui, tente de faire la part des choses entre la droite et la gauche.

Comme lui, je ne crois pas à la fin du clivage droite-gauche !

NON, la Droite et la Gauche au gouvernement, ce n’est pas pareil !

Ce message s’adresse d’abord à ceux qui, au centre-droit, s’accommodent d’être gouvernés par la gauche, et l’ont rejoint en pensant que finalement Macron était « quasiment de droite », qu’il valait mieux qu’un Fillon « trop vieille France » et petit magouilleur, et se sont laissé berner par ce clone génétiquement amélioré (dans le sens de « plus dangereux » car moins « comique ») de Hollande. Non, vous avez voté pour la Gauche, et celle-ci continuera à pousser son programme : socialisme économique (certes « mou » avec Macron, mais il n’a rien d’un vrai libéral) et sociétal (dur, cette fois-ci).

Il s’adresse aussi à ceux qui, plus à droite (« hors les murs »), et dont je respecte les convictions, partagent nombre d’idées et de valeurs avec la droite traditionnelle, mais la trouvent trop molle, trop centriste, surtout lorsqu’elle est incarnée par une personnalité de Centre-Droit, et qui du coup préfèrent s’abstenir quand celle-ci est finalement opposée à la gauche.

Au risque d’être en désaccord sur ce point avec quelques lecteurs de ce blog, j’ose réaffirmer que même « molle », la Droite, depuis 40 ans, c’est BIEN MIEUX que la Gauche.

Je ne m’attarderai par sur le cas du personnage Chirac en particulier : celui-ci mériterait un article-procès par ailleurs tant il a contribué à la catastrophe Mitterrand en 81, et ce serait beaucoup, beaucoup trop long compte-tenu des charges à son encontre. Donc je ne vais considérer que les politiques menées. Et même sous Chirac, malgré quelques mesures démagauchistes inspirées par le sieur en question (droit au logement opposable, on voit le résultat avec les squats), il y a nombre de ministres qui n’ont pas démérité.

Alors, certes, la Droite a fait nombre d’erreurs, et même des fautes majeures (intervention en Lybie, traité de Lisbonne non soumis à un nouveau référendum).

Certes elle n’a pas assez osé, pas été assez loin, assez fort : Kärcher mal passé, réforme à minima des régimes spéciaux, bien trop timide sur les dépenses publiques, … Elle a aussi trop souvent oublié les plus fragiles, y compris parmi ceux tels les agriculteurs qui votaient naturellement pour elle.

Certes, son personnel politique n’est pas exempt de scandales, de conflits d’intérêts, de démagogie. Mais la gauche ne vaut pas mieux (n’est-ce pas MM. Cahuzac, Strauss-Kahn, pour ne parler que des « petits malfaiteurs » ?). Et je préfère un filou qui mène ce que j’estime être une bonne politique plutôt qu’un homme honnête qui plante le pays, tel Lionel Jospin ou Pierre Mauroy. Je prefère Pasqua à Taubira, même si celui-ci était un barbouze.

Mais, faisons le bilan :

A gauche :

  • Mitterrand, Lang, Fabius, Jospin, Aubry, Royal, Voynet, Hollande, Ayrault, Taubira, Peillon, Sapin, Vallaud-Belkacem, Macron, Belloubet, Hulot, Castaner, Hidalgo, … Pour ne citer que les pires, et il en manque.

A droite :

  • Sarkozy, Pasqua, Séguin, Breton, Fillon, Ferry, Darcos, Pécresse, Alliot-Marie, Borloo, Lagarde, Wauquiez, Barnier, Arthuis, Millon, … et même Villepin et Juppé (versions 93 et 95). Je reconnais volontiers que quelques-un de ces noms peuvent donner de l’urticaire à certains (de par leur évolution notamment, ou leurs trop nombreuses concessions au politiquement correct).

Mais préférez-vous :

Le bilan général de la gauche au pouvoir :

Nationalisations, retraite à 60 ans, 35h, embauche massive de fonctionnaires, loi de « modernisation sociale », fiscalité anti-riches, régularisations massives de clandestins, affaire du voile de Creil, PMA, AME, lois Taubira, mur des Cons, Leonarda, pacte de Marrakech, soutiens aux associations en tout genre, choc fiscal Hollande, rabot du quotient familial, sanctuarisation du régime des intermittents, loi Avia, sacrifice de nos filières nucléaires, automobile, sur l’autel des éoliennes et de l’intégrisme écolo, NDDL, …

Ou ce que la droite a mis en place, même incomplètement, ou au moins tenté de faire :

Nécessaires réformes des retraites (Balladur, Juppé, Fillon, …), non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, représentativité des syndicats, autonomie des universités, heures supplémentaires défiscalisées et assouplissement des 35h (« travailler plus pour gagner plus »), « paquet fiscal » Sarkozy, lois Pasqua, peines planchers, sauvetage de l’économie en 2008, plan Borloo, Grenelle de l’environnement ne sacrifiant pas nos filières d’excellence, loi sur le voile, …

Sur l’immigration, sujet sur lequel l’extrême-droite martèle « gauche = droite », le récent rapport de la Cour des Comptes met très clairement en évidence la nette différence : immigration stabilisée (certes à niveau qu’on peut considérer comme trop élevé) sous les gouvernements de droite, explosion (x3) depuis 2012 et l’élection de Hollande.

Pensez-vous qu’avec un président et une majorité de droite aujourd’hui, 7000 détenus auraient été relâchés dans la nature pour cause de Covid-19 ?

Au niveau local :  Vous aimez Hidalgo et son Paris poubelle ? Je préférais clairement sous Tiberi, même si c’était une crapule.  Ségolène, ses projets foireux et sa région surendettée ?  Ou plutôt Wauquiez dont la gestion en Auvergne-Rhône-Alpes est cité en exemple par la cour des comptes ?  Rennes, Nantes, et leurs antifas, squatteurs et migrants qui pourrissent les rues ?  Ou ma bonne ville qui vote à Droite depuis des années, et où l’insécurité est quasi-nulle ?

Je ne sais pas vous, mais moi mon choix est fait.  Entre la droite et la gauche au gouvernement, il n’y a pas photo !

La gauche de 2020 reste entièrement l’héritière de Mai 68, et de ses penseurs comme Bourdieu et surtout Sartre, probablement l’un des types qui me dégoûte le plus dans l’histoire de la pensée française de gauche.  Elle a renié l’héritage de Jaurès, Jules Ferry et Clémenceau.

En face, la droite dispose d’un corpus intellectuel hérité de cette époque mais qui reste d’une totale actualité, s’incarnant à travers Raymond Aron, Jean-François Revel, Claude Imbert,… Et de nombreux nouveaux intellectuels talentueux comme Mathieu Bock-Côté (pour ne citer que lui) renouvellent la pensée conservatrice à lumière de la situation actuelle.  Soyons en fiers !

Il reste alors à trouver comment l’incarner et le traduire dans l’offre politique. A cette condition, la Droite pourra se relever et prétendre à nouveau à conduire les destinées de notre beau pays, et à mettre fin à ce « Suicide Français » entamé en 68 et accéléré par l’élection de Mitterrand en 81, que décrit si bien Eric Zemmour.

Vicento80 pour « A droite, Fièrement ! ».

7 Réponses à “Un sinistre anniversaire (suite et fin)”

  1. En accord quasi à 100% avec cet article.

    Pourquoi?
    Parce que mettre Pécresse dans le camp de la droite me paraît étonnant!

    J’ignorais qu’elle fusse de droite!

    (Lagarde me donne des boutons, mais je reconnais que fut un temps, on aurait pu la classer à droite)

    Sinon, très bon article.

    • Bonjour Suzanne,

      J’ai beaucoup hésité à la citer tant effectivement « je ne la sens pas » sur beaucoup de sujets (prête à suivre le sens du vent). J’ai toutefois laissé son nom principalement pour 2 raisons : elle a tenu face aux syndicats étudiants sur une réforme importante de Sarkozy. Et elle a débarrassé (pour 5 ans au moins) l’Île de France des socialos de Huchon et Bartolone, on jugera à la fin de sa gestion. Elle a au moins tenté de mettre fin au scandale des transports quasi gratuits pour les clandestins avant de se faire retoquer par des juges rouges.
      Donc plus sur le fait qu’elle a et pour moi une bonne ministre dans un gouvernement de droite plus que sur le fait qu’elle soit de droite, du moins au sens où nous l’entendons ici.
      Idem pour Lagarde (malgré ses gaffes Marie-Antoinettistes).
      Concernant Juppé, j’ai du respect pour l’homme d’État et le 1er ministre qu’il a été sous Chirac, il a vraiment tenté quelque-chose qui aurait pu changer la donne en France quand il était encore temps. Par contre je ne supporte pas ce qu’il est devenu aujourd’hui.

  2. Richard Mauden dit:

    La droite UMPS, c’est l’extrême centre élu par des gens de droite pour faire une politique de gauche depuis Giscard le médiocre crotteux qui a défendu les soviétiques contre Reagan et les États Unis avant de préparer les super-menteurs Mitterrand et Chirac.

  3. C’est qui encore qui a dit « Celui qui n’est pas socialiste à 20 ans n’a pas de coeur. Celui qui l’est encore à 40 ans n’a pas de tête. »?
    Je ne sais plus qui a dit ça mais je trouve cette citation très juste et pertinente. émotions face à la raison. L’émotion a le mérite de susciter des réactions beaucoup plus fortes, on est prêt à se battre, se sacrifier pour quelque chose qui nous passionne, qui nous prend pour les tripes plus que pour quelque chose que on croit juste avec logique et après réflexion. Cela étant, plusieurs choses deviennent claires: Les médias carburent à l’émotion. On n’informe plus mais on fait rire, pleurer, on fait aimer ou détester, on fabrique la culpabilité, fierté ou honte, panique, soulagement … bref, on manipule.
    Les politiques aussi jouent sur les sentiments parce que c’est plus facile de manipuler les émotions des électeurs que de les convaincre avec des arguments.
    Le plus surprenant pour moi c’est de voir ce même mécanisme infiltrer la justice. Ce n’est plus la raison qui oriente les décisions mais bien l’émotion. Le criminel une fois attrapé et conduit devant le juge est dans la position du faible, il suscite la pitié, compassion (les avocats connaissent ce jeu parfaitement et ils se privent pas de coacher leurs clients).
    Et on revient au début; quand on est adolescent on est animé par les émotions. Ce qui me fait penser que la majorité du corps électoral est à un niveau de développement émotionnel d’un ado et vote avec le coeur et pas avec la tête. Peut-être aussi l’électeur de droite, même si dans la moindre mesure. D’où la réaction qu’on a vu lors des dernières élections: Fillon nous a déçu, il nous a trahi, on est dégouté, frustré, on le croyait bon, honnête et on a vu qu’il était comme les autres. Mais comme on croyait en lui ça nous a fait beaucoup plus mal que si c’était quelqu’un d’autre qui avait fait la même chose. Donc dans la rage on a décidé de le punir et on s’est puni soi même. Comme des gamins.
    Moi aussi je suis frustré par cette droite qui ne s’assume pas. Pourquoi, quand il est évident que de plus en plus de gens demandent une politique de droite, les politiciens virent tous de plus en plus à gauche???
    Ca se discute mais moi je crois que la faute est aux médias. Ils ont un pouvoir énorme, ils sont les intermédiaires entre les politiques et leurs électeurs. Ils transmettent le message, le filtrent, déforment, orientent, ils font ce qu’ils veulent. Ils peuvent créer un président ou le détruire. On s’en fout de la loi, pas besoin de preuves, in suffit d’une rumeur, quelques commentaires subtilement orientés, ils savent sur quels boutons appuyer pour susciter les bonnes réactions chez les électeurs et voilà! Le jeu est fait. En sachant ça on voit bien que la droite n’a aucune chance. Ceux qui ont essayé ont tous perdu des plumes. Ce qui a pour conséquence que tous ceux qui veulent faire de la politique de droite par conviction y ont renoncé, sont restés que ceux qui acceptent de jouer le jeu par opportunisme.
    La solution serait la maturation du corps électoral mais là encore les médias ont une énorme responsabilité, on voit bien que le contenu du programme à la télé mais aussi le système éducatif font tout le contraire. L’autre solution réside dans la citation que j’ai publié il y a quelques jours:
    Les temps durs créent des leaders forts. Les leaders forts créent des temps plus prospères. Les temps prospères créent des leaders faibles (lâches) qui à leur tour créent des temps difficiles.
    Espérons qu’un leader fort émerge avant qu’on se fasse bouffer par des civilisations plus matures.
    (Désolée pour cette tarte mais vous comprenez, le confinement …)

    • « de plus en plus de gens demandent une politique de droite » ah bon ? ce n’est pas , hélas, mon impression. De plus en plus de gens sont dépendants de l’état, et donc demandent et attendent de l’argent, voilà le principal obstacle à tout changement ! Faites le compte : 6 millions de fonx, ajoutez-y les retraités, les bénéficiaires des différentes allocations, chômeurs, familles, RSA, sans oublier, tout ce qui grenouille dans les « métiers d’arts », ça vous fait une majorité qui vit et pense par l’état.
      Alors, même les partis les plus conservateurs, se croient obligés de « parler social ».
      La France est championne du monde des prélèvements et de la redistribution, mais hélas, c’est loin d’être fini !
      Et croyez bien que ce constat me désole et parfois me déprime, selon les jours.

    • ah, pour la citation, il me semble que c’est Finkelkraut qui a dit ça.

      • C’était George Bernard Shaw.
        C’est vrai que beaucoup de gens ne se rendent même pas compte qu’ils vivent aux crochets de l’état. Comme disait l’autre, ça ne coute rien, c’est l’état qui paye. Et on oublie que l’état ne crée pas d’argent, il ne fait que dépenser celui des autres. Encore une fois, seule l’éducation peut améliorer les choses et les sites comme celui ci sont les seules qui essayent de faire le job. Bonne chance …

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *