Vous avez dit : démocratie sociale ? Quésako ?

Publié par le 2 Mai, 2018 dans Blog | 7 commentaires

Vous avez dit : démocratie sociale ? Quésako ?

En ce moment, les syndicats, même les plus modérés d’entre eux, nous bassinent avec la même rengaine :

Macron bafoue la démocratie sociale
et méprise les corps intermédiaires !

Je connais la démocratie élective, la démocratie parlementaire, la démocratie tout court, mais la démocratie sociale … Je ne vois pas !

Revenons à la définition de la démocratie :

Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.

Mais les corps intermédiaires en général et les syndicats en particulier ont-ils quelque chose à voir avec la démocratie ? Passons rapidement sur quelques corps intermédiaires comme le Conseil Economique et social (CESE) et le Conseil d’état, dont les membres sont nommés et dans lesquels les majorités successives envoient leurs copains et leurs coquins lorsqu’ils perdent leurs mandats électoraux ! Point de démocratie par ici !

Concentrons nous sur les syndicats avec quelques questions simples :

  • Les syndicats ont-ils quelque chose à voir avec la démocratie quand seuls 8 % des salariés sont syndiqués (20 % dans la fonction publique) ? Ce taux étant presque le plus faible des pays de l’OCDE :

  • Marc Blondel

    La démocratie est un système qui, par l’intermédiaire d’élections libres, est censé permettre la satisfaction de l’intérêt général. Les syndicats ne sont pas mandatés pour cela !

C’est Marc Blondel, le célèbre dirigeant de F.O. qui l’avait avoué :

« Je suis là pour défendre des intérêts particuliers,
pas l’intérêt général !
  »

  • La puissance des syndicats se mesure t-elle au nombre de ses adhérents ?

En France pas du tout ! La puissance des syndicats ne se mesurent qu’à leur pouvoir de nuisance ! Le meilleur exemple est bien évidemment la SNCF dont les salariés mesurent, en ce moment, toute la capacité de nuisance !

  • Le mode de financement des syndicats est-il démocratique ?

Non, puisque le financement des syndicats ne dépend que très marginalement du nombre de ses adhérents. Suivant les syndicats, la part de financement venant des cotisations des salariés varie de 15 à 57 %. L’essentiel du reste est constitué de fonds publics (près de 4 milliards d’euros selon un rapport de 2011, mais ce chiffre est difficilement vérifiable).

Que faire pour améliorer le système ?

Les pays européens qui comptent le plus fort taux de salariés syndiqués (la Suède, la Finlande) sont aussi ceux qui ont adopté le système dit « De Gand ». Cela signifie que dans ces pays, pour avoir droit à l’assurance chômage et à des indemnités en cas de licenciement, mais aussi pour faire partie d’une convention collective (qui assure une grille de salaire commune à tous), il faut obligatoirement être syndiqué.

Une autre solution consisterait à ne plus distribuer la subvention de 4 milliards directement aux syndicats, sans aucun contrôle sur l’utilisation de cet manne, mais à donner à chaque salarié un chèque syndical qu’il reverserait au syndicat de son choix. On augmenterait ainsi sans doute la motivation des syndicats pour s’occuper de leurs mandants plutôt que sauvegarder les intérêts de leur centrale !

Pour compléter le sujet, voici l’édito de Nicolas Beytout paru hier dans le magazine L’Opinion :

Des syndicats hors d’âge

Nicolas Beytout

Attention danger, avertissent les belles âmes : Emmanuel Macron « malmène la démocratie sociale » en imposant ses réformes à coup d’ordonnances et de confrontations assumées avec les syndicats. La vérité, c’est que les organisations syndicales ne représentent plus grand monde, et qu’elles ne peuvent donc plus prétendre incarner la seule contrepartie à une vision réformatrice du social. Des défilés nombreux mais clairsemés, des syndicats divisés entre eux et désunis jusque dans leur sein, et, plus grave encore, des stratégies qui nous renvoient des années en arrière : voir FO humilier son Secrétaire général sortant, coupable de n’avoir pas fait obstruction à Emmanuel Macron, entendre le nouveau patron de ce syndicat singer les scènes guerrières du Seigneur des Anneaux pour donner des gages à sa faction la plus extrémiste, prouve assez que ce n’est pas de ce côté-là qu’on sera le moins du monde utile à la réforme.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une expression collective des attentes des salariés et de l’ensemble du monde du travail ne soit pas utile. Mais lorsque l’action syndicale se met au service d’un autre projet de société, ou lorsque, comme dans le conflit SNCF, un syndicat n’a de cesse de pourrir la vie des Français pour préserver des avantages statutaires hors d’âge, rechercher le consensus est une illusion.

Ce sera un des défis du monde politique, dans les prochaines années : imaginer les moyens de redonner une assise aux organisations syndicales, les rapprocher des préoccupations quotidiennes des salariés, les relégitimer. Mode de financement par l’Etat, conditions d’adhésion, représentativité, tout devrait être sur la table. Pour en finir avec la génuflexion bien pensante devant des syndicats d’autant plus menaçants qu’ils sont faibles.

Nicolas Beytout pour l’Opinion.






7 Réponses à “Vous avez dit : démocratie sociale ? Quésako ?”

  1. Ce n’est pas parce que le syndicalisme français est débile et politisé qu’il ne devrait pas trouver toute sa place dans un système représentatif,où il constitue un contre-pouvoir et fait partie des corps intermédiaires.
    le Césarisme,au contraire,ignore les corps intermédiaires pour s’adresser directement au peuple.
    Et Macron,sorti tel un lapin du chapeau,jamais élu avant de devenir président,a le profil type pour dédaigner les corps intermédiaires et se comporter en César…

  2. Tous ces syndicats n’ont ils pas appelés à voter Macron? Qu’ils se débrouillent maintenant avec leurs manifs et leurs grèves!

  3. COGNET Marie dit:

    Tout à fait d’accord avec les messages précédents.

  4. On parle de démocratie sociale aujourd’hui car le social n’existe plus depuis l’émergence de Macron, quelques temps jugulé par la sociale démocratie.
    Mais depuis un an, on entend plus parler de Pierre Gattaz car le CAC 40 l’a court-circuité en propulsant son poulain au pouvoir. De toute façon, il était aussi nul que « Commémorator normal 1er » avec lequel il avait mené une campagne jumelée de promesses de gascon, le plus gros enfumage de la 5ème République,
    -la création d’un million d’emplois
    Afin d’assurer
    -une inversion de la courbe du chômage
    Le résultat est à la hauteur de la popularité de ces 2 personnages du passé.
    Aujourd’hui, la grande mesure décidée pour s’engager vers le plein emploi est la suppression de « l’exit taxe » qu’avait mis en place le « communiste » Sarkozy en compensation de l’allègement de l’ISF me semble t’il.
    Cette mesure « dérisoire » par rapport au bénéfice financier pour l’Etat en 7 années d’existence nous a soutenu le « grand benêt » dans son intervention chez « Ruth de BFMACRON ». Elle ne lui a même pas rétorqué que si la recette de la taxe était si faible, peut-être était-ce plus dû à son efficacité qu’à son insignifiance comme l’affirmait le « fusible barbu », bien plus efficace que sa mesure de réduction de vitesse sur les routes nationales et départementales pour réduire la mortalité routière.
    Mesure qui nous coûte déjà un bras par la campagne publicitaire engagée pour nous faire avaler une pilule que bien des usagers de la route rejettent. On se battra jusqu’au bout et on s’attend d’ores et déjà à une tentative de traitement par suppositoires (ordonnances).
    Quand je pense à la famille des LR qui parlait de prise de guerre il y a un an, je crois plutôt que son incompétence et son obstination lui augurent une espérance de vie d’un « kleenex »!!!

  5. Le rôle des syndicats, est de servir d’interface entre leurs adhérents et les employeurs, point ! pas de se substituer aux partis politiques …

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