Bruno Le Maire a-t-il eu vent de l’existence des crèches ?

Publié par le 12 Sep, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Bruno Le Maire a-t-il eu vent de l’existence des crèches ?

Bruno Le Maire, dont l’inspiration en tant qu’auteur de roman égrillard semble quelque peu tarie pour le moment, a cru pouvoir à nouveau exister dans le paysage médiatique en proposant d’avancer de deux ans l’entrée des bambins en maternelle !

Bruno Le Maire, après avoir trahi la droite pour aller goûter à la soupe macroniste dès l’arrivée au pouvoir de Macron, a t-il achevé sa mue idéologique en se convertissant au socialisme le plus égalitariste ?

En effet, avec cette proposition improbable, on croirait entendre l’un des socialistes les plus sectaires de sa génération, Vincent Peillon qui avait déclaré :

Il faut arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel.

Visiblement, Bruno Le Maire veut retirer deux années supplémentaires à l’influence des parents sur les très jeunes enfants !

Voici un article de The Epoch Times qui descend en flammes la proposition de Bruno Le Maire :

« Il faut avancer la maternelle de trois ans à un an » :
la proposition de Bruno Le Maire revient à « remplacer les parents »

Face aux mauvais résultats de la France au classement PISA, Bruno Le Maire a proposé d’avancer l’entrée en maternelle à l’âge d’un an. Une idée qui a suscité de nombreuses critiques chez les spécialistes de la petite enfance.

Bruno Le Maire a suggéré d’abaisser l’âge d’admission en école maternelle de trois à un an, une proposition formulée après la publication, mardi 9 septembre, des mauvais résultats des élèves français au classement PISA. Invité sur CNews ce même jour, l’ancien ministre de l’Economie a justifié cette mesure par la nécessité de réduire les écarts de vocabulaire qui se creusent dès les premières années de la vie. Ses propos ont provoqué une vague de critiques.

« Un enfant sur deux ne sait pas marcher à cet âge-là »

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a réagi dès le lendemain matin sur TF1. Il a opposé à Bruno Le Maire un argument très concret: « Je ne crois pas, un enfant sur deux ne sait pas marcher à cet âge-là. »

Dans les colonnes du Parisien, le pédiatre Arnault Pfersdorff a confirmé ce constat tout en le nuançant. Selon lui, à un an, « l’enfant n’est pas propre, il ne sait pas parler et il commence à peine à marcher ». Il a cependant souligné que le tout-petit possède déjà une « grande aptitude pour apprendre ». Le pédiatre, qui recommande plutôt l’âge de deux ans, à partir duquel le bébé « sait marcher et reconnaître des lettres », a toutefois posé une condition essentielle : un environnement de qualité, encadré par des professionnels formés.

Auprès du quotidien francilien, la psychologue Marie Danet, professeure en psychologie du développement à l’université de Lille, a quant à elle insisté sur l’importance du cadre dans lequel évolue le jeune enfant. Pour elle, le sentiment de sécurité joue un rôle essentiel dans ses capacités d’assimilation. « Sinon, il va moins bien assimiler », a-t-elle averti. L’apprentissage du langage ne peut donc pas être séparé du développement global du tout-petit. La psychologue clinicienne a également mis en garde contre une approche trop centrée sur les apprentissages formels, qui risquerait de produire des « bêtes de lecture qui ne savent pas utiliser leur corps ».

Le langage, mais à quel prix ?

Bruno Le Maire a justifié sa proposition par la volonté de réduire les écarts de vocabulaire. Il a ainsi dénoncé « cette inégalité fondamentale dont on ne sort jamais, où des enfants à l’âge de trois ans vont pour certains maîtriser 500 mots, d’autres 700, d’autres 1500 ». Pour lui, « la priorité absolue est que chaque enfant maîtrise le même nombre de mots de vocabulaire année après année, ce qui impose de démarrer plus tôt la vie collective à la maternelle ».

Auprès du Figaro, Pascale de la Morinière, présidente des Associations familiales catholiques, lui oppose une conception différente des besoins du tout-petit. Selon elle, cette proposition revient à « remplacer les parents » et révèle « une méconnaissance des besoins fondamentaux de l’enfant entre zéro et trois ans ». Elle a rappelé que le langage passe avant tout par la relation affective.

La question est donc moins celle de la capacité d’un enfant d’un an à apprendre que celle de l’environnement dans lequel ces apprentissages seraient proposés.

« Bruno Le Maire a-t-il eu vent de l’existence des crèches ? »

Enfin, Bruno Le Maire a justifié sa proposition par les difficultés des parents à trouver un mode de garde. Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC), a rétorqué : « Bruno Le Maire a-t-il eu vent de l’existence des crèches ? » Il a suggéré de commencer par renforcer les dispositifs déjà existants, comme les toutes petites sections, qui n’accueillent aujourd’hui que moins de 10 % des enfants de deux ans, contre environ 35 % dans les années 1990.

La question des moyens se pose d’autant plus que le système d’accueil des jeunes enfants est déjà sous tension. Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié cet été, le nombre de places d’accueil formel, collectives et individuelles, pourrait diminuer de 240.000 entre 2023 et 2033.

Cyrille Godfroy, cosecrétaire général du Syndicat national des professionnels de la petite enfance, a plaidé pour un renforcement des moyens humains plutôt que pour la création d’une maternelle dès un an. « S’occuper d’un enfant demande des ressources humaines : c’est nécessaire pour faire en sorte qu’ils soient davantage prêts », a-t-il expliqué au Parisien.

Une autre voie existe-t-elle ?

D’autres pays ont fait des choix différents. Anne Raynaud, médecin et directrice des Instituts de la parentalité, cite notamment le Québec, où le congé parental dure un an et où l’école ne commence qu’à six ans. Avant cet âge, les enfants sont accueillis dans des structures collectives où ils jouent et développent leurs compétences psychosociales.

L’exemple illustre une autre conception de l’accueil des tout-petits : privilégier le jeu, les interactions et le développement des compétences avant l’entrée dans les apprentissages scolaires.

La France, elle, continue de chercher comment réduire ses inégalités de langage, sans qu’un consensus se dégage sur la méthode à suivre. Anne Raynaud a résumé les doutes suscités par cette proposition avec une formule ironique :

C’est peut-être mieux que de les prendre au berceau pour leur apprendre des maths et du français … Ensuite, il ne faudra pas s’étonner qu’ils aient besoin de cours d’empathie.

Emmanuelle Bourdy pour The Epoch Times.

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