« Le Vatican, combien de divisions ? »
On attribue à Joseph Staline cette déclaration de 1935 en réponse à Pierre Laval qui lui demandait de faire un geste pour le Vatican ou de respecter les catholiques.
Certes, le Vatican est un petit Etat par sa puissance militaire mais, à l’inverse, il est un Etat qui compte à l’international par la portée mondiale de sa parole.
Macron vient d’en faire la cuisante expérience en voyant la récupération politique à son profit qu’il comptait faire de la visite apostolique du Pape Léon XIV, réduite à zéro par le Pape lui-même.
On ne peut s’empêcher de voir dans ces refus fermes du Pape de ne pas souscrire aux demandes de l’Elysée, la réponse du Berger Léon à la Bergère macronienne, après le vote aux forceps de la loi – scélérate aux yeux de l’Eglise – de l’euthanasie et du suicide assisté.
Voici un tweet qui rapporte les nombreuses claques que Macron a essuyées ces derniers jours dans l’organisation de la visite du Pape en France :
Venue du Pape en France : Le Vatican a cadré le voyage.
L’Élysée et Macron ont dû ravaler leur mise en scène.
Emmanuel Macron voulait transformer la venue de Léon XIV en France en visite d’État. Le Saint-Siège a tranché autrement : un voyage apostolique, centré sur les fidèles, les vêpres, les messes et Lourdes — pas un décorum présidentiel.
Plusieurs demandes françaises ont été écartées ou allégées :
- Accompagner personnellement le pape quelques dizaines de minutes à Notre-Dame pour « présenter » la cathédrale reconstruite : refusé. ❌
- Déjeuner ou dîner d’État : non. ❌
- Grand-croix de la Légion d’honneur : déclinée. ❌
- Protocole militaire : allégé. ❌
Le pape logera et prendra ses repas à la nonciature. Il passera bien par l’Élysée, mais le cadre reste celui de Rome, pas celui de la communication élyséenne.
Ce n’est pas une brouille. C’est plus gênant : un désaveu de ton.
Macron a toujours besoin d’images souveraines — Notre-Dame, honneur, table d’État, escorte. Le Vatican lui a rappelé que le pape n’est pas un invité à habiller pour la photo.
Le détail Notre-Dame est le plus humiliant. Après l’incendie, la réouverture, les discours sur « la France qui se relève », le chef de l’État voulait le rôle de guide officiel du monument. Rome a dit non :
les vêpres sont un acte liturgique, pas une visite commentée du président.
Macron n’aura pas sa séquence « moi et le pape dans la nef reconstruite ».
Ça s’ajoute à une série déjà connue. François n’était jamais venu pour une vraie visite d’État et avait refusé d’être l’acteur de la réouverture de Notre-Dame. Léon XIV vient — mais pas dans le costume que l’Élysée avait coupé. Invitation acceptée, scénario retoqué.
Le message est clair :
le Vatican n’avalise pas la théâtralisation présidentielle. Il accueille la France des catholiques, pas le storytelling d’un président en quête de grandeur.
Pour un chef d’État qui aime apparaître comme l’intermédiaire naturel entre le monde et les symboles, se faire recadrer sur le protocole, les honneurs et même l’accès à Notre-Dame, c’est une petite humiliation publique. Polie. Diplomatique. Et donc d’autant plus nette.




Suivre @ChrisBalboa78

