Il faut vraiment avoir atteint un fort niveau de panique à l’Elysée pour que le patron de l’Arcom ait été mandaté pour mettre en demeure CNews pour …
… avoir trop critiqué l’exécutif !
Dans quelle démocratie, un organisme d’Etat supposé indépendant peut sommer – menace à l’appui – une chaine d’infos privée de soutenir le pouvoir en place ?
L’Arcom ne se limite plus au contrôle de l’équilibre des temps de parole mais s’en prend désormais clairement à la ligne éditoriale de CNews.
L’Arcom reproche par exemple à CNews que certaines de ses émissions phares commencent par un édito de l’animateur qui orienterait le reste de l’émission.
Dans le même temps, tous les matins, sur France Inter, Patrick Cohen délivre sa propagande progressiste dans un édito sans contradicteurs ! Sans que l’Arcom n’y trouve rien à redire !
Puisque l’Arcom est censée contrôler le pluralisme des chaines de la TNT, je lui poserai une seule question :
Depuis que la chaine d’infos CNews a été créée, l’offre de pluralisme sur la TNT s’est-elle élargie ou restreinte ?
Toute personne honnête considèrerait que la fermeture de CNews serait une atteinte à l’offre de pluralisme de l’information.
Je vous engage à signer la pétition contre la censure de CNews :
Voici la tribune du président du directoire de Canal+, Maxime Saada, parue dans le Figaro.
Je décode cette tribune comme un appel à la mobilisation contre la fermeture programmée de CNews, chaine d’infos qui est désormais dans le collimateur de Macron :
Maxime Saada : « Après C8, bientôt CNews :
la France, ce pays qui ferme des chaînes »
La dernière mise en demeure de CNews, rendue il y a quelques jours par l’Arcom, vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tout le paysage audiovisuel français risque de s’engouffrer, s’inquiète le président du directoire de Canal+.
Je n’ai pas connu le temps où, depuis un bureau, l’État décidait de ce que les Français avaient le droit de regarder et d’entendre. Je croyais ce temps derrière nous. Je me trompais. La toute dernière mise en demeure de CNews, rendue il y a quelques jours par l’Arcom, vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tout le paysage audiovisuel français risque de s’engouffrer. Et je pèse chaque mot. Je n’invite personne à me croire sur parole. J’invite chacun à lire la décision. Car on y trouve des passages qui devraient tous nous inquiéter, quelle que soit la chaîne que l’on aime regarder.
L’Arcom y inscrit, parmi les torts de la chaîne, la mise en cause répétée de l’action de l’exécutif. Qu’on relise le grief :
La répétition marquée, d’une séquence à l’autre, des mêmes commentaires et opinions, s’observe principalement s’agissant de l’action de l’exécutif, en raison de positions perçues comme insuffisamment fermes ou cohérentes.
Ainsi, une autorité dite indépendante range la critique du pouvoir au rang des manquements.
À charge pour la chaîne de prouver qu’elle a suffisamment dit le contraire. Et qui juge si ce contraire suffit ? L’Arcom, seule.
Dites ce que vous voulez, donc, à condition de dire aussi ce que l’autorité veut entendre.
On se demande alors comment la liberté de communication, que ce régulateur a pour mission de garantir, survit au moment précis où il dicte aux chaînes la juste mesure de leur ligne éditoriale.
Une autorité qui se fait juge de l’équilibre de la critique ne protège pas le pluralisme, elle l’appauvrit. Au décompte des temps de parole, clair, mesurable, et que CNews respecte, comme expressément reconnu dans la décision, elle ajoute désormais le « déséquilibre manifeste et durable », notion sans seuil ni référentiel, dont seule l’Arcom tient la balance. Ce n’est plus une mesure. C’est un verdict.
Quand l’Arcom sanctionne :
la prédominance d’un même cadre d’interprétation de l’actualité, (…) ce qui se traduit, sur la période concernée, par la surreprésentation d’un même courant de pensée et d’opinion par rapport à d’autres perspectives et opinions également présentes dans le débat public,
il faut bien que la surreprésentation d’un même courant s’appuie sur une juste part, un seuil qu’il aurait fallu ne pas franchir. Mais qui fixe cette part ? L’Arcom sanctionne un trop-plein dont personne ne connaît la jauge qui peut varier au gré du niveau qu’elle fixe.
Mais l’Arcom ne s’arrête pas là.
Elle reproche aussi à la chaîne le séquençage même de ses émissions :
de nombreuses émissions, notamment celles bénéficiant des audiences les plus significatives en semaine, s’ouvrent par un éditorial de l’animateur. Or les visionnages ont révélé que, dans de nombreux cas, l’opinion exprimée au cours de ce propos liminaire définissait l’orientation et la tonalité générale du débat ultérieur.
Le régulateur s’invite désormais dans la grille, dans le déroulé de l’émission, dans la fabrique intime d’une rédaction. Il ne contrôle plus le respect de règles objectives.
Il juge un contenu éditorial, ses choix rédactionnels, et finit par dicter ce qu’une rédaction doit penser, dire, et montrer.
Soyons lucides sur la suite.
Après la mise en demeure viendront les sanctions financières. Puis la menace de la fermeture de la chaîne puisque la chaîne ne saura se conformer à une exigence impressionniste et imprévisible.
Ce n’est pas une hypothèse : c’est une trajectoire évidente. Nous ne la connaissons (hélas) que trop bien pour avoir vécu la fermeture de C8.
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Disons alors les choses telles qu’elles sont :
Ceci n’est pas une décision de régulation. C’est une décision politique.
Et elle poursuit un seul objectif : faire taire, puis faire disparaître, une chaîne que des millions de Français choisissent librement chaque jour. Quand, ailleurs, un pouvoir s’en prend à la presse, la France est la première à s’indigner, et elle a raison de le faire. Mais on ne dénonce pas au-dehors ce que l’on s’autorise au-dedans. De toutes les démocraties où notre groupe opère, je n’en connais aucune autre qui soit allée jusqu’à retirer sa fréquence à une chaîne …
… Aucune, sauf la France.
Que voulons-nous en somme pour la France ?
On peut tout à fait détester une ligne, la combattre pied à pied, vouloir qu’elle ait tort. La question ici n’est pas de savoir si l’on adhère ou non à la chaîne CNews. Mais se battre pour qu’elle puisse encore le dire, c’est autre chose, et c’est précisément ce qui nous sépare de ceux qui préfèrent le silence au débat. Le jour où une autorité décide, de plateau en plateau, ce qui pencherait de trop, ce n’est plus une chaîne qu’on redresse …
… c’est la contradiction elle-même qu’on rabote, et par là même la démocratie qu’on abîme.
Maxime Saada dans le Figaro.
Signez la pétition contre la censure de CNews :




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