« Pour que je parte, il faudra venir me chercher ! »

Publié par le 6 Nov, 2026 dans Blog | 1 commentaire

« Pour que je parte, il faudra venir me chercher ! »

Avec 13 % de Français satisfaits, Macron vient de battre le record d’impopularité détenu par François Hollande.

Constatant de plus le blocage à l’Assemblée nationale et l’enchaînement des manifestations sources de débordements, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander le départ de Macron de l’Elysée.

Mais comme il l’avait déclaré pendant l’affaire Benalla, il faudra « venir le chercher » pour le déloger de son palais.

On n’imagine pas une seule seconde le pervers narcissique de l’Elysée convoquer les JT de 20H pour annoncer sa démission au nom de l’intérêt supérieur de la France.

De la France, Macron n’en a cure et encore moins des Français !

Au contraire, il va s’accrocher à son siège dans une fin de quinquennat crépusculaire.

Voici un article de Valeurs actuelles tente d’imaginer le départ de Macron :

Quitter le bal

Emmanuel Macron quittera l’Élysée comme on quitte un CDD :
à l’heure dite, sans bilan ni destin.

Le président de la République va partir, et c’est l’horloge institutionnelle qui sonnera l’heure de la sortie. Il partira en se pliant à une formalité, comme un gardé à vue est accompagné par la police, ou un automobiliste s’arrête à un péage : parce qu’il le faut.

Certes, ce sera – on le souhaite – par la grande porte et avec les honneurs, devenus d’ailleurs dérisoires, et en lambeaux, comme le prestige de sa fonction. Il y aura peu de liberté politique dans ce départ, et si nous pouvons dire, peu de destin. Une banale fin de CDD chahutée, qui sera accompagnée de lazzis, d’injures et d’appréciations péjoratives de son bilan, que certains réduiront à des émeutes et à l’accélération administrative de la fin de vie.

Les lazzis sont toujours drôles, et le comique taquin a encore droit de cité dans notre pays. Son idée principale sera que le président aura réussi très peu et qu’il était très sûr de lui : de là des variations autour du thème du gandin, du mirliflore, du godelureau, du garçonnet, du muscadin. Tout cela est partiel, partial, mais une caricature est la silhouette de l’essentiel. Louis-Philippe, une poire. Macron, un ado avantageux et survolté.

Plus proche d’épuiser le problème, la critique de la performance intellectuelle de la macronie se donnera à fond : on parlera de mou de veau électrisé, de Juste-Milieu sous substance, de babil de khâgneux, de coalition de demi-habiles, de nid de malins-malins à demi. Quant à son chef : brillant, mais dans le genre dissertation de technocrate littéraire passionné de lui-même, mimant l’inspiration mais errant dans des zigzags ténébreux, confondant le sublime avec une effusion de son moi, prenant le ni-ni pour une synthèse, le « en même temps » pour une transcendance, et s’imaginant que de ne pas voir est une manière supérieure de voir …

Le tout débouchant sur une théorie informe de verticalité abstraite, qui ne répond ni au besoin d’ordre ni au besoin de démocratie du peuple. En bref : il n’a jamais trouvé la clé. Il a juste gagné au bonneteau, il y a dix ans. Léon XIV qui, lui, est bien formé sur le plan intellectuel, avait l’air diplomatiquement aimable, mais pas franchement bluffé.

Il y a dix ans, quelques mois avant qu’il gagne, nous avions prévenu : un banquier d’affaires qui croit avoir trouvé la formule de la transcendance politique, ce n’est pas bon pour le pays. Il partira sans bilan, en ayant simplement laissé le scénario tendanciel se dérouler sans intervenir. Nous y sommes, et il s’en va.

C’est dommage, car les départs sont si beaux, à condition de quitter quelque chose. De Gaulle : adieu mon peuple, qui vient de retoquer mon projet référendaire, adieu l’histoire.

Ma vie est une pauvre vie, semblait-il dire, mais j’ai laissé la maison debout et en ordre, quand je l’avais trouvée détruite. Je quitte le bal, pour reprendre l’expression de La Fontaine. Je vais tailler mes roses, dîner avec des amis et méditer sur les fins dernières le reste de mon âge.

Mais voilà : il faut avoir un bilan pour partir en beauté. Inutile d’en avoir un pour être exfiltré.

Marin de Viry pour Valeurs actuelles.

Merci de tweeter cet article :





Une réponse à “« Pour que je parte, il faudra venir me chercher ! »”

  1. Hollande et son record d’impopularité en tant que Président envisage de se représenter aux prochaines élections présidentielles. Tout est possible dans ce monde merveilleux.

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *