« Il est interdit d’interdire ! »
On se souvient de ce slogan écrit à Paris sur les murs du Quartier latin pendant les évènements de mai 1968.
Parmi ces interdits, les gauchistes visaient aussi, consciemment ou non, l’interdit moral de la pédophilie.
On en retrouvera les preuves dans les colonnes de Libé et du Monde qui accueillirent alors des tribunes demandant la dépénalisation de la pédophilie.
Dans les milieux socialistes, la pédophilie est plus ou moins tolérée ou du moins elle ne fait pas scandale comme en atteste l’affaire Olivier Duhamel qui a abusé l’un de ses jeunes cousins pendant des années. On a du mal à croire que ce comportement n’était pas connu de la famille de Bernard Kouchner et Christine Ockrent !
L’énorme scandale de pédocriminalité dans le périscolaire parisien sous les mandats de la socialiste Anne Hidalgo prouve qu’il y a eu, sinon des complicité de la municipalité, au moins des négligences coupables.
Cela donne une triste idée de la morale des électeurs de gauche qui ont osé reconduire Emmanuel Grégoire comme maire de Paris alors qu’il avait eu des responsabilité dans le recrutement de ces animateurs périscolaires dont 78 viennent d’être suspendus !
Voici un article de Boulevard Voltaire signé Sophie Audugé, l’ancienne directrice de SOS Education, sur ce scandale de pédophilie à Paris :
« La pédocriminalité a toujours été niée,
c’est une omerta systémique »
A Paris, c’est tout un système institutionnel se couvrant les uns et les autres qui s’est mis en place.
Soixante-dix-huit animateurs du périscolaire parisien ont été suspendus, ces derniers jours, suite aux révélations en cascade d’agressions commises contre de tout petits enfants dans une vingtaine d’écoles publiques. Trente et un de ces animateurs sont soupçonnés de violences à caractère sexuel. Après des semaines de silence, le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a présenté le 3 avril un plan d’action à 20 millions d’euros, promis la transparence totale envers les familles, la simplification des signalements, la création d’une commission indépendante et d’une convention citoyenne. Sophie Audugé est experte en politique éducative et protection de l’enfance et ancienne directrice de SOS Éducation. Elle est l’auteur d’un ouvrage coécrit avec le psychiatre et pédopsychiatre Maurice Berger L’Éducation sexuelle à l’école. Les nouvelles orientations de l’Éducation nationale en question, paru en 2024 aux Éditions Artège. Elle réagit aux annonces de la mairie de Paris.
Sabine de Villeroché. Que pensez-vous du plan d’Emmanuel Grégoire pour le périscolaire ?
Sophie Audugé. C’est encore une réponse de technocrate complètement hors-sol : toutes les mesures annoncées étaient déjà censées être mises en œuvre depuis bien longtemps, puisqu’elles relèvent du droit en vigueur ou des standards élémentaires d’un service public. En l’espèce, il y avait des procédures internes (guide de l’éducateur) et un plan de formation « officiel » des éducateurs. Ils n’ont manifestement pas été suivis, alors pourquoi ce serait différent avec le nouveau plan ? Avec cette annonce, Emmanuel Grégoire reconnaît implicitement de graves carences, des recrutements sans supervision des ressources humaines, en synthèse que n’importe qui a pu être recruté et envoyé sans formation, au nom de la mairie de Paris, pour s’occuper de la prunelle des yeux des familles qui lui confiaient leurs enfants. Quant aux « signalements obligatoires », c’est l’article 434-3 du Code pénal qui fixe que quiconque ayant connaissance de privations, de mauvais traitements, d’agressions ou d’atteintes sexuelles infligés à un mineur doit en informer les autorités judiciaires ou administratives, sous peine de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende. Sur les 78 animateurs suspendus de janvier à mars 2026, et la centaine écartés sur la décennie précédente, ceux qui savaient et n’ont rien dit devraient relever des dispositions de cette loi et être condamnés aussi. Le plan d’Emmanuel Grégoire ne sert à rien, il jette des millions d’euros au visage des familles effondrées pour donner l’illusion d’agir.
En réalité, tout cela cache un fait absolument indiscutable : les responsables de l’institution étaient au courant depuis des années de ce qui se passait dans le périscolaire. Non seulement ils n’ont rien fait, mais ils ont continué à faire n’importe quoi en laissant les enfants entre les mains de gens qui étaient potentiellement dangereux avec, parmi eux, des pédocriminels.
S. d. V. Comment expliquez-vous ces terribles dysfonctionnements et ce silence de la part des autorités puisque, manifestement, des premiers signalements ont été faits en 2015 sans qu’aucune mesure concrète n’ait été prise ?
S. A. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord une omerta culturelle, systémique et institutionnelle sur la pédocriminalité qu’on a longtemps appelée la « pédophilie », ce qui n’est pas neutre. Une part de l’élite intellectuelle a même essayé, dans les années 70, de convaincre l’opinion publique qu’être attiré par les enfants (pédophilie) n’est pas une déviance, que ce n’est pas condamnable, sauf si vous êtes un conservateur, catho et coincé. Rappelez-vous la pétition signée par une liste bien fournie de l’élite de gauche publiée fièrement par Libération et Le Monde en soutien à trois hommes jugés pour avoir eu des relations sexuelles avec des ados de 13 et 14 ans. Puis le soutien à Matzneff ou la complaisance à l’égard des écrits de Frédéric Mitterrand ou à ceux de Cohn-Bendit sur son expérience dans une crèche à Francfort.
La pédophilie est un mythe qui vise à cacher la réalité des faits. Une domination et une violence par le sexe exercées par un adulte sur un enfant vulnérable. C’est un acte délictuel ou criminel commis sur un enfant, d’où la qualification de pédocriminalité. Pourtant, la pédocriminalité a toujours été niée. La preuve en est le grave dysfonctionnement de la Justice : seuls 3 % des pédocriminels sont réellement condamnés, et 1 % d’entre eux lorsqu’il s’agit d’inceste. Il y a un tabou anthropologique, l’interdit du sexuel entre les enfants et les adultes est et doit rester une barrière infranchissable. Quand l’interdit est outrepassé, il caractérise le mal absolu, quelque chose de l’ordre de l’impensable, de l’innommable, de l’insoutenable. Le groupe social, le système s’organise en mode sauvegarde, un réflexe de survie de l’institution qui passe avant tout. On cherche à minimiser, à se cacher derrière des procédures, à remettre la faute sur l’autre. L’enfant est nié, abandonné, invisibilisé. C’est la double peine pour la victime.
Dans les cas que vous évoquez, ce qui est marquant, c’est le temps. Les enfants agressés n’ont pas été immédiatement entendus, les parents qui ont porté plainte disent qu’il a fallu attendre des mois. Pourtant à ces jeunes âges, les capacités cognitives de mémoire, et affectives, nécessitent qu’ils soient entendus dans des délais très brefs. Sinon, leur mémoire verbale fait défaut, mais pas la mémoire psychique, car les stigmates et les symptômes, eux, s’ancrent durablement. L’institution n’est pas capable de faire ce qu’il faut absolument faire, dès lors que la priorité est l’enfant : arrêter immédiatement le système, entendre l’enfant, enquêter sur le champ avec des équipes spécifiques, pluridisciplinaires, indépendantes et nommées de manière aléatoire à partir d’une liste nationale d’experts. Le traumatisme physique et psychique d’un viol ou d’une agression sexuelle impacte toute la vie présente et future de l’enfant et de sa famille. Pourtant, ni la victime, grande par l’impact mais petite par l’âge, ni les parents ne sont pris en charge et accompagnés pour réparer ce qui peut l’être.
Dans le périscolaire parisien, comme ailleurs en France, c’est tout un système institutionnel se couvrant les uns et les autres qui s’est mis en place, au mépris du droit fondamental à la sécurité et à la santé dû aux enfants. Des animateurs signalés pour des actes relevant de la pédocriminalité, agression sexuelle ou viol, ont simplement été déplacés dans d’autres centres. Le problème n’a pas seulement été déplacé, le système a organisé les conditions pour que d’autres enfants soient victimes. Cela prouve à quel point, en France, nous avons un problème pour accepter ces faits simples : les enfants sont des proies sexuelles et les lieux où ils se trouvent des emplois ciblés par les pédocriminels. Il faut changer de logiciel, l’ensemble du système est à revoir. Il faut le penser en construisant des barrières infranchissables face aux personnes dangereuses.
S. d. V. Avez-vous des informations sur les profils des agresseurs ?
S. A. Si on ne parle que des violences sexuelles (il y a des cas de violences physiques et verbales, mais sans caractère sexuel), les agresseurs sont presque toujours des hommes. L’honorabilité des éducateurs doit normalement être vérifiée, notamment via le bulletin n° 2 du casier judiciaire et le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Dans les faits, ce n’est évidemment pas toujours fait, les entretiens durent moins de dix minutes et tout est à l’avenant. D’ailleurs, le contrôle du B2 et du FIJAIVS n’est pas une mesure fiable. Comme nous l’avons vu, entre 1 et 3 % des pédocriminels sont effectivement condamnés, cela en laisse 97 % en liberté, indécelables par cette procédure. Si l’on en croit le reportage de Cash Investigation sur le sujet, s’agissant des recrutements, certains éducateurs ont été embauchés via des associations de réinsertion d’anciens prisonniers ou anciens drogués… Il n’est pas précisé si, parmi les agresseurs, certains viennent de cette filière de recrutement. Mais cela interroge. Une mesure utile serait d’ordonner la production du profil complet de chaque agresseur, comme cela fut demandé et obtenu par Gérald Darmanin pour les assassins d’Élias. C’est le seul moyen de tracer un portrait robot des pédocriminels qui sévissent dans le périscolaire, et ailleurs.
S. d. V. Quelles seraient les mesures à prendre en priorité pour mettre les enfants à l’abri ?
S. A. Il est, à mon sens, indispensable de revenir à un corps professionnel exclusivement féminin pour le personnel qui est en contact direct avec les enfants jusqu’à 6 ou 8 ans. La parité par idéologie est idiote et dangereuse. Le secteur professionnel dans son ensemble (certains emplois masculins) doit être formé à la puériculture et des systèmes d’inspections « à l’aveugle » très réguliers, selon un référentiel de contrôle très rigoureux, doivent être mis en place. Le risque que des femmes agressent des enfants n’est pas nul, mais il se situe entre 3 et 5 %, selon les statistiques. Cela règle donc 95 % du problème des violences sexuelles dans ce cadre. Ce point est non négociable au regard de l’incapacité des gouvernants à protéger les enfants. Je sais que des hommes sont très doués pour ce « vrai métier » et animés d’une vocation sincère, mais la priorité, dans cette situation d’urgence, doit être l’enfant. Pour l’avenir, il faut travailler sur la constitution d’un corps professionnel et d’un corps d’inspection, avec certaines fonctions accessibles aux hommes dans certaines conditions. Il faut, aussi et surtout, instaurer une Justice dédiée, rapidement mobilisable, qui condamne 100 % des pédocriminels reconnus coupables à la perpétuité. Cela en refroidira certains.
Sabine de Villeroché pour Boulevard Voltaire.




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