Wokisme versus Christianisme …

Publié par le 10 Avr, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Wokisme versus Christianisme …

Comme toutes les idéologies en « isme », le wokisme part d’une très généreuse idée : la protection des minorités mais détient en elle-même les ferments du totalitarisme.

Il suffit de voir comment ont tourné toutes les mises en pratique du communisme – cette belle idée de l’égalité – comme en URSS, en Chine, au Cambodge ou à Cuba.

Le wokisme n’a pas inventé la notion de protection des minorités. Déjà, Alexis de Tocqueville, dans son ouvrage De la démocratie en Amérique, pointait le danger de la tyrannie de la majorité.

La tyrannie de la majorité peut être une conséquence indésirable de la démocratie par laquelle une majorité démocratique peut imposer ses volontés et ses préférences, si la démocratie n’est pas accompagnée de la reconnaissance de certains droits pour protéger les minorités.

La protection des plus faibles, donc des minorités, est au coeur du christianisme mais il n’a jamais versé dans le totalitarisme qui découle de l’égalitarisme, comme le fait le wokisme.

Voici une tribune de The Epoch Times qui compare le wokisme et le christianisme :

L’humanisme chrétien contre le racialisme woke :
un choix de civilisation

Selon Malraux, « La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion » (Note sur l’islam, 1956). La spiritualité chrétienne culmine avec l’architecture gothique, qui, de son berceau en Île-de-France, s’est répandue à travers toute l’Europe. Mais aujourd’hui, l’ouest du continent succombe aux chimères de la cancel culture et du wokisme, analyse l’avocat Wilfried Kloepfer.

Wokisme versus christianisme – L’Union européenne cherche aujourd’hui à s’inventer un « coran européen » autour d’un programme de recherche, subventionné à hauteur de 10 millions d’euros, visant à mettre en exergue la réception du livre sacré de l’islam dans les cultures européennes depuis le Moyen Âge. Sous les auspices de la démocratie libérale, Francis Fukuyama, prophétisait la fin de l’histoire (1992) qu’aurait consacrée la chute du mur de Berlin. Or, rattrapé par le retour de l’histoire, l’Occident est confronté au choc des civilisations, annoncé par Samuel Huntington (1996), dont l’un des actes se joue sur la scène européenne et en France en particulier.

L’ensauvagement à rebours de notre modèle civilisationnel

La violence wokiste déloge les universitaires récalcitrants de leur chaire, et en interdit l’accès aux conférenciers non convertis (Nathalie Heinich, Ce que le militantisme fait à la recherche, Gallimard, tracts, n°29). L’université Lumière Lyon II fut le théâtre d’une campagne de dénigrement, lancée contre le géographe Fabrice Balanche, conspué par un groupuscule d’individus cagoulés, accusant le maître de conférences d’être un raciste sioniste (voir la tribune collective de 50 universitaires sollicitant la démission de la présidente de l’université en raison de sa « complaisance glaçante », Le Figaro, 18/04/2024).

Il est contraint, aujourd’hui encore, de dispenser ses cours sous la protection de deux gardes du corps. L’extension du domaine de la violence atteint un paroxysme avec le lynchage à mort de Quentin Deranque par des membres présumés de la Jeune garde, milice de l’ultra-gauche et bras armé de LFI, en marge de la manifestation du collectif Némésis contre la venue de Rima Hassan à Science Po Lyon le 14 février 2026. Les slogans populaciers et injures, proférés au soir du second tour des élections municipales, et lors de l’investiture des quelques maires LFI, rompent avec la tradition républicaine des alternances démocratiques respectueuses des oppositions politiques, désormais commuées en ennemis à réduire au silence en usant de toutes les intimidations, jusque et y compris dans la vie privée de leurs chefs de file, anciens édiles et militants.

Les idéologies post-modernes déploient leurs discours racialistes. Sonnent-elles le glas de l’ère judéo-chrétienne ? En d’autres termes, la continuité historique résistera-t-elle au processus de la double inversion que Chantal Delsol met en évidence :

Inversion normative menée sous l’égide de la culpabilité, ce qui la rend violente et pleine d’amertume, substrat de l’inversion ontologique remettant en cause la signification et la place de l’homme dans l’univers (La fin de la chrétienté, Cerf, 2021).

Les legs culturels cèdent le pas au droit au ressenti opposable, à l’empire des émotions individuelles et aux intolérances à toute frustration. L’auteure compare ce processus avec la chute du monde païen dans l’Antiquité.

La religion woke (Jean-François Braunstein, Grasset, 2022) appauvrit le terrain sur lequel elle prospère. Elle emporte tout dans un maelström d’imposture morale et de « terrorisme intellectuel » (Jean Sévillia, Les Habits neufs du terrorisme intellectuel, Perrin 2025). Le dogme racialiste, au cœur de la pensée woke, consomme la rupture ontologique avec l’universalisme chrétien. La marque du « privilège blanc » comme péché originel, à l’image du patriarcat, symbole de la masculinité toxique, n’offre aucune perspective de rédemption.

Fédérant les forces destructrices, le wokisme avance en bande organisée mais ne constitue pas un bloc homogène de valeurs et de principes. Faiblesse constitutive d’un commun dénominateur, qui ne peut résister aux antagonismes internes entre l’indigénisme et l’islamisme conquérants d’une part, l’identité queer et l’antispécisme, idiots utiles des premiers d’autre part. Les « racisés » deviennent les élus d’une nouvelle religion à laquelle se sont converties les « élites ». Né aux États-Unis en réplique à la ségrégation raciale, le wokisme retourne le credo protestant de la prédestination, contre les WASP. Pierre Valentin affirme en effet que « le wokisme est un post-protestantisme » (Revue des deux mondes, avril 2024).

Porterait-il les stigmates de la French theory ? Les philosophes de la déconstruction (Deleuze, Derrida, Foucault…) sacrifiaient toutes les institutions sur l’autel de la liberté individuelle en recyclant au besoin les concepts de la philosophie allemande (Luc Ferry et Alain Renaud, La pensée 68, Folio, 1988), avec notamment le « phallogocentrisme » de Derrida. Mais leurs œuvres, vouées à la libération de l’individu de toute attache identitaire, semblent peu compatibles avec l’assignation communautaire sur laquelle prospère le wokisme.

Toujours est-il que l’entreprise de déconstruction laisse la mémoire en ruine.

Or, le besoin d’enracinement est, comme le démontrait la philosophe Simone Weil :

le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine » (L’enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain, 1949).

Et Hannah Arendt d’alerter :

Nous sommes en train de livrer le monde aux barbares, parce que nous, les adultes, refusons d’assumer la responsabilité d’introduire les enfants dans ce monde. » (La crise de l’éducation, 1958).

La cérémonie de réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 7 décembre 2024 rappelait que la France vient du fond des âges, qu’elle est assise sur un socle gallo-romain, forgée dans le catholicisme et émancipée par la philosophie des Lumières. Elle œuvra au fil du temps à sa sécularisation : du gallicanisme à la laïcité, qui trouve sa première expression dans l’édit de Nantes (1598), en passant par le concordat.

Le « grand remplacement » revendiqué par J.-L. Mélenchon et sa cohorte islamogauchiste traduit le dessein acharné de rompre avec le modèle civilisationnel qui a fait la France et que les hussards noirs de la République perpétuèrent. Ils enchantaient le destin français en diffusant le récit national d’Ernest Lavisse (Dimitri Casali, Quand la France perd la mémoire, Fayard, 2025), jusqu’à ce que l’école devienne une fabrique de déshérités.

L’affluence des croyants à la messe des Cendres qui inaugure la période de Carême, et la recrudescence des catéchumènes

21 386 adultes et adolescents furent baptisés lors de la veillée pascale (chiffre officiel publié par la conférence des évêques de France), soit une augmentation de plus de 20 % par rapport à l’année dernière (17 788), qui s’inscrivait déjà dans une tendance haussière, illustrent un regain d’intérêt pour la spiritualité chrétienne. Elle traduit une quête de sens face à l’insignifiance du consumérisme effréné autant qu’elle manifeste une réaction à l’islamisme conquérant dont les réseaux fréristes travaillent à rendre la société « charia compatible ». Cette tendance à la redécouverte des racines chrétiennes est à contre-courant du « pays légal » qui impose une lecture à géométrie variable des principes de laïcité, de neutralité et de respect des « Valeurs de la République ».

Elle offre d’un côté une face inclusive, comme en témoignent le jugement rendu par le tribunal administratif de Melun le 6 février 2025 qui annule l’OQTF frappant l’influenceur algérien Doualemn, ou celui du tribunal administratif de Lille qui, le 23 avril 2025, annule la décision du préfet du Nord mettant fin à l’association entre l’Etat et le lycée privé confessionnel musulman Averroès. Si l’on voulait plagier la célèbre réplique d’Arletty dans le film Hôtel du Nord de Marcel Carné (1938), on ferait dire à Marianne :

Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule de [djihadisme] d’atmosphère ? (Gilles Kepel).

L’autre face oppose une lecture intransigeante de ces principes, lorsque, par exemple, le tribunal administratif de Lyon annule le 19 mars 2025 la décision du commandant de groupement de gendarmerie de l’Ardèche d’organiser la journée traditionnelle de célébration de la sainte Geneviève, patronne et protectrice de la gendarmerie française, en tant qu’elle prévoit la tenue d’un office religieux.

De même, le Conseil d’État n’a-t-il pas, le 7 avril 2023, enjoint la commune des Sables-d’Olonne de retirer la statue de l’archange Saint-Michel érigée en 2018 du domaine public communal, au motif qu’elle appartient à « l’iconographie chrétienne » et que l’utilisation de la place, parvis de l’église éponyme, ne permet pas de la qualifier de dépendance de l’édifice du culte. Mais l’histoire de France ne s’est-elle pas approprié cette figure, icône de l’indépendance et de victoire nationale, à l’image de Jeanne d’Arc célébrée par la IIIᵉ République avant même sa canonisation par l’Église ?

Cette mise en perspective de la jurisprudence donne le sentiment d’un deux poids deux mesures qui trahit « l’âme de la France » car, si les religions sont égales devant la loi, elles ne le sont pas devant notre histoire, depuis le baptême de Clovis en 496, dont la France n’osa même pas célébrer le 1500e anniversaire ! Est-elle restée fidèle aux promesses de son baptême ? Si l’histoire se répète toujours deux fois, la cancel culture serait alors la farce et non la tragédie puisqu’elle n’a rien d’inéluctable comme la force du destin. Elle fabrique des déshérités, des esprits perméables à l’endoctrinement, avides de « bien-pensant » sur le marché des idées reçues.

Que soit remerciée cette jeunesse qui se réapproprie les fondements de notre civilisation

Elle n’a pas peur ! Elle est porteuse d’une force de vie source d’espérance en l’Humanité alors que les écologistes radicaux ne voient en elle qu’une espèce nuisible ! La spiritualité chrétienne n’est pas une aventure vers un nouvel obscurantisme. Pour s’en convaincre, il est opportun de parcourir le discours du pape Benoît XVI au monde de la culture, prononcé le 12 septembre 2008 au Collège des Bernardins à Paris. Il évoquait les origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne. Le souverain pontife rappelait que :

le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploitation dans toutes ses dimensions […].

De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de chanter avec les mots qu’il a lui-même donnés, est née la grande musique occidentale […]. Il ajoutait que :

L’écriture a besoin de l’interprétation. […] Le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté (2Co 3,17).

Mais, il prévenait que :

Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme absence de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire.

Et, sa conclusion semble être comme un écho à Malraux précité :

Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à l’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable.

Difficile donc de reconnaître ce Pape derrière le portrait réactionnaire, brossé par ses contempteurs « progressistes » zélés.

Wilfried Kloepfer

Wilfried Kloepfer pour The Epoch Times.

Wilfried Kloepfer est Avocat au Barreau de Toulouse, docteur en droit, ancien lauréat de la Conférence, et Spécialiste en droit public. Il a publié Le droit à la continuité historique (Vérone Ed., déc. 2023).

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