Les Français vont probablement constater
encore une fois qu’ils ne vivent plus en démocratie !
En effet, tout laisse penser que le rapport de la commission Alloncle sur l’audiovisuel public va être bel et bien enterré.
Charles Alloncle a fait honneur à l’Assemblée nationale et donc aux Français, en relevant tous les manquements du service public de l’audiovisuel en terme de gabegie des fonds publics et de manque de pluralisme.
Le député UDR, parti fondé par Eric Ciotti, a été l’objet de multiples attaques aussi bien de la part des personnalités auditionnées que de celles du milieu politico-médiatique.
Le pire vint de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui osa venir critiquer Charles Alloncle sur France Inter alors que la présidente de cette radio allait être auditionnée l’après-midi même ! Une pression antidémocratique insupportable alors qu’elle aurait dû soutenir cette commission !
Cette commission s’est distinguée par la pugnacité de son rapporteur mais aussi par la qualité et la variété des personnalités auditionnées.
Signez la pétition exigeant la publication du rapport Alloncle :
Le témoignage du journaliste Jacques Cardoze fut déterminant car il révéla un véritable scandale dans les conditions de l’émission Compléments d’enquête (voir cette vidéo).
Dans ce tweet, Jacques Cardoze revient sur son audition devant la commission Alloncle et alerte sur le risque de non-publication du rapport final :
Pourquoi la publication du rapport porté par
Charles Alloncle est devenue un enjeu décisif
La règle ne laisse aucun espoir : sans vote favorable, le rapport ne sera pas publié. Il disparaîtra. Comme si ces six mois de travaux et ces auditions n’avaient jamais existé.
Et pourtant, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité du service public audiovisuel a accompli un travail considérable. Rarement des travaux parlementaires auront suscité un tel écho : une couverture médiatique massive, une forte résonance sur les réseaux sociaux et, surtout, un intérêt réel de la part des Français.
Empêcher la publication de ce rapport enverrait un message limpide :
certains sujets doivent rester dans l’ombre.
Oui, ce rapport sera imparfait et il pourra être contesté. Mais c’est cela, la démocratie : confronter, améliorer. Un rapport n’est pas une conclusion.
Sa disparition, en revanche, constituerait un précédent qui affaiblirait le Parlement, nourrirait la défiance et aurait un impact, en particulier, sur les partis issus du bloc central.
Chacun sait que l’influence existe. Ne pas agir, c’est déjà décider. Et ce choix pourrait être perçu comme une forme de censure.
Ces dernières semaines, les auditions de Patrick Sébastien, de Nagui, de Michel Drucker, de Xavier Niel et la mienne ont marqué les esprits. À titre personnel, je n’anticipais pas une telle résonance.
Tous ceux qui travaillent à la télévision le savent : il y a l’impact classique d’une émission … et il y a autre chose. Ce que j’ai observé ici relève d’une autre dimension. Plus large. Plus profonde. Plus préoccupante aussi.
Les témoignages livrés et certains éléments évoqués, notamment l’existence d’accords financiers conclus entre salariés et direction en fonction de la gravité des faits, posent une question centrale : celle de l’opacité.
Lorsque des députés m’indiquent qu’ils ne disposent pas du pouvoir de consulter ces accords, une réalité s’impose : la représentation nationale peut, sur certains sujets, en savoir moins que des acteurs internes, syndicalistes, secrétaires généraux, services des ressources humaines. Cette situation appelle, au minimum, un débat.
J’ai été confronté à une tension majeure. On m’a demandé de citer les infractions ou les délits. Cela revient à fragiliser mes sources. Tous mes interlocuteurs m’ont fait confiance dans le cadre d’un 90 minutes produit en 2023, pensant être protégés. Des journalistes (ayant travaillé dans l’anonymat), des assistants, des collaborateurs ont accepté de travailler avec moi à condition de rester dans l’ombre. Certains ont encore peur. Certains m’appellent encore aujourd’hui. Certains craignaient de ne plus pouvoir travailler.
J’ai fait le choix de rester fidèle à ce principe fondamental du journalisme : protéger celles et ceux qui contribuent à faire émerger la vérité. Ma retenue n’est ni une faiblesse ni une esquive. Elle était volontaire.
Il y a au moins deux cas de femmes dont j’ai eu connaissance. C’est à elles de décider de leur avenir médiatique pas à moi. Ces affaires, si elles évoluent favorablement, permettront à d’autres salariées et salariés de parler.
Je ne suis personne pour en appeler à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Mais j’espère qu’elle saura alerter les parlementaires de l’enjeu que revêt la publication de ce rapport.
Toute la classe politique y a intérêt. L’information est au cœur de notre démocratie. Elle éclaire les décisions, structure le débat public et fonde la confiance. Lorsqu’elle est entravée, c’est l’ensemble de l’édifice démocratique qui vacille.
Le risque d’une défiance accrue, d’un soupçon durable, d’un affaiblissement du lien démocratique est réel.
Partout où l’information n’est plus libre, l’instabilité s’installe.
À l’inverse, une démocratie solide accepte la lumière. Même imparfaite. Même dérangeante.
Permettre la publication de ce rapport, c’est faire le choix de la transparence.
C’est faire le choix de la responsabilité.
C’est faire le choix de la confiance.
Un pouvoir ne peut pas craindre le débat.
Jacques Cardoze sur X.
Nota : contrairement à Jacques Cardoze je ne suis pas certain que Yaël Braun-Pivet défendra la publication du rapport. Il y a quelques années, alors simple députée et rapporteuse de la commission sur l’affaire Benalla, elle avait refusé d’auditionner certaines personnes et finit par ne pas publier le rapport final.
A votre avis, qui protégeait-elle ?




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