L’euthanasie a t-elle été testée pendant le covid ?

Publié par le 25 Août, 2026 dans Blog | 0 commentaire

L’euthanasie a t-elle été testée pendant le covid ?

Durant la crise du covid, on pouvait assister à ce genre de dialogue entre un médecin généraliste et le standard 15 du Samu :

– Le médecin : je voudrais faire hospitaliser un de mes patients qui a contracté le covid,
– le Samu : quel âge a votre patient ?
– Le médecin : 70 ans.
– Le Samu : on ne le prend pas !
– Le médecin : Mon patient est en difficulté respiratoire !
– Le Samu : désolé mais le protocole prévoit le maintien des malades en Ehpad.
– Le médecin : avec quel traitement ?
– Le Samu : Doliprane et Rivotril pour les cas les plus graves. Au revoir, Docteur.

Il faut se rappeler que le Rivotril est un médicament d’accompagnement pour les patients en fin de vie. Sa prescription en dehors de l’hôpital avait nécessité la signature par Edouard Philippe et Olivier Véran d’un décret spécifique appelé décret Rivotril.

Un avocat s’est révolté contre ce qui s’apparente à une sorte d’euthanasie opéré alors dans les Ehpads en notant que le pic de prescription du rivotril se confond avec celui de la surmortalité en Ehpad !

Cet avocat est Maitre Christophe Lèquevaques des Barreaux de Toulouse et de Paris qui a déposé un référé probatoire contre cette pratique.

Voici le verbatim des extraits d’une interview de cet avocat suivi de l’enregistrement audio complet :

A-t-on sciemment autorisé l’euthanasie de nos aînés ?

Dans le 17ème arrondissement, au Palais de Justice, où nous avons rendez-vous avec Maître Lèquevaques, qui dépose un référé devant la justice et qui va tenter de répondre avec nous à cette grande question.

Bonjour maître Lèquevaques. Bonjour.

Merci beaucoup de nous accueillir ici. Nous sommes au palais de justice, le nouveau palais de justice de Paris du 17e arrondissement. Nous allons parler avec vous de ce référé que vous venez de déposer à la demande de vos clients qui sont des familles de résidents des EHPAD, des professionnels de la santé, des citoyens, mais aussi des associations.

Dans ce référé, vous assignez à la fois des hautes institutions de la santé, alors citons notamment la Haute Autorité de la Santé, la HAS, l’ARS de l’Île-de-France qui est l’Agence Régionale de la Santé, ou encore l’APHP, mais pas qu’eux. Vous ne vous arrêtez pas là, vous assignez également certains EHPAD, représentant les familles victimes, et puis c’est une première en France des groupes de distribution. On citera ici deux grands groupes, le groupe Carrefour et le groupe Leclerc. …/…

Je crois qu’il suffit de regarder un petit peu ce qui s’est passé pour constater que depuis le mois de mars, l’un des grands problèmes auxquels nous allons faire face, c’est qu’en plus de la Covid, nous avons une série de mensonges, de demi-vérités, d’affabulations, de propagandes dans tous les sens. Et malheureusement, ça a un effet délétère pour la démocratie, c’est-à-dire que ça nous fait perdre confiance dans les institutions, mais encore plus grave, dans la science. Aujourd’hui, il est quasiment impossible d’avoir un discours scientifique qui soit serein.

Et ça, c’est très grave. Sur quoi est-ce que vous vous basez pour affirmer, en tout cas dans votre référé, que des malades auraient été triés ? Nous avons plusieurs séries de témoignages de syndicalistes, de familles dans les EHPAD, de médecins dans les EHPAD, qui nous disent qu’on a été obligé de faire un tri. Qu’est-ce que c’est le tri par rapport au choix ? Le choix médical, c’est le fait qu’un médecin, dans une relation individuelle avec un malade, va chercher le meilleur traitement pour cette personne à un instant T. Ça, c’est le choix médical.

Et malheureusement, parfois, il ne peut pas soigner le malade. C’est comme ça, on fait avec.

Le tri, c’est très différent !

C’est de dire que, pour un certain type de population qui est défini en fonction d’un critère apparemment objectif, l’âge, le fait que c’est une personne en situation de handicap, que sais-je encore, eh bien, on va refuser à ces personnes de les transférer à l’hôpital, parce qu’on considère que, par essence, elles ne pourront pas supporter le traitement. Et là, ce n’est pas une décision d’un médecin, c’est une décision politique, et qui s’impose dans toute la chaîne de direction. Si le médecin fait ça de manière individuelle, c’est sa responsabilité.

Le problème que va rencontrer ce médecin, c’est qu’il va décrocher son téléphone pour appeler le 15, le SAMU, pour dire, voilà, j’ai telle personne qui a tel âge, je voudrais la transférer en réanimation à l’hôpital le plus proche. Et c’est là que se fait le blocage. Le SAMU dit, il a quel âge ? 70 ans ? Non, on ne le prend pas.

Et donc, la personne est bloquée dans l’EHPAD. Mais c’est très grave ça, Maître Légal. Vous avez aujourd’hui des témoignages qui disent, on a appelé. …/…

Vous avez des témoignages publics, officiels, de syndicalistes, de représentants des soignants et des médecins, qui, devant l’Assemblée Nationale, devant la commission d’enquête, qui a eu lieu au mois de juillet, expliquent ce que je viens de vous raconter. Cela est doublé par des témoignages plus précis encore, de personnes que nous avons rencontrées et de documents que nous avons réunis, qui permettent de confirmer qu’il y a eu des instructions des ARS pour dire, attention, à partir d’un certain âge, les personnes ne doivent plus être transférées.

Le 23 mars 2020, il y a ce premier décret qui va être modifié, le 28 mars 2020, et je vais le citer. C’est le décret qui s’appelle 2020-293, paru donc, comme je viens de le dire, le 23 mars, qui stipule que la spécialité pharmaceutique Rivotril, sous forme injectable, peut faire l’objet d’une dispensation, et ce, jusqu’au 15 avril 2020, pourquoi, et par qui ? Par les pharmacies d’officine, en vue de la prise en charge des patients atteints ou susceptibles d’être atteints par le virus SARS-CoV-2, dont l’état clinique le justifie. En réalité, c’est une facilité de prescription, qui est justifiée par la volonté, en dit-on, et je cite encore ce décret :

d’améliorer le confort d’un malade en fin de vie, hors du cadre hospitalier.

Seulement, voilà, dans votre référé, vous expliquez ce grand questionnement sur l’utilisation du Rivotril, et là encore le bât blesse, vous parlez, dans le référé, d’euthanasie compulsive. C’est l’accusation la plus grave de cette procédure, et là encore, nous sommes prudents, nous avons réuni des éléments, nous avons des preuves, nous avons, par exemple, démontré que la consommation de Rivotril a subi un pic, qui est très exactement le même pic que la surmortalité que nous évoquions tout à l’heure. Donc, il y a une corrélation, ça ne veut pas dire une causalité, entre la surmortalité dans les EHPAD et l’usage du Rivotril.

Mais avant de parler du Rivotril, il faut revenir sur deux éléments. On vient de voir que les personnes au-dessus d’un certain âge se voyaient interdire de transfert et d’accès à l’hôpital. Si elles étaient malades, si elles avaient la Covid, elles étaient dans des situations très graves, parce qu’elles n’avaient pas de soins, puisque dans le même temps, le gouvernement refusait qu’on leur prescrive l’azithromycine et l’hydroxychloroquine.

Donc, le seul soin, c’était du Doliprane. Et, suivant l’état de santé des personnes, ça passait, rarement, ou ça ne passait pas. Et donc, elles se retrouvent dans un état de détresse respiratoire, et comme on ne pouvait pas les soulager, il fallait bien autoriser, en tout cas, c’est la théorie du ministère, autoriser les EHPAD et les médecins de ville de prescrire ce fameux Rivotril, qui est un médicament qui, normalement, est réservé pour traiter une maladie qui n’est pas en lien avec les problèmes respiratoires.

Et pour cause, parce que le Rivotril va avoir comme conséquence de vous détendre tellement que vous allez avoir un arrêt respiratoire. Et le vrai problème du Rivotril, c’est qu’il a été choisi parce qu’on était en manque de notre médicament, le Midazolam, qui avait le même effet, c’est-à-dire que c’est pour préparer la sédation profonde. Les mots ont leur importance.

Sédation profonde, pour le commun des mortels, ça paraît pas trop grave, mais dans la pratique médicale, sédation profonde, ça veut dire accompagner à la mort. Et ce qu’il faut comprendre aussi, c’est le deuxième point qui est très important, c’est qu’aujourd’hui, en France, l’euthanasie active est interdite. La seule chose qui est autorisée, c’est la loi Claes-Leonetti, c’est de prévoir un accompagnement en fin de vie pour éviter l’acharnement thérapeutique. …/…

 

Est-ce que vous pensez qu’on a euthanasié nos aînés ? L’accusation n’est pas la même si c’est des cas isolés ou si c’est un cas réfléchi. Le sentiment, mais là ce n’est qu’un sentiment, c’est qu’en effet, on a eu un traitement qui a conduit à la mort de personnes qui n’auraient pas mouru. Et pourquoi je dis cela ? Parce que si vous relisez le décret que vous avez cité, on applique le Rivotril non seulement aux personnes dont on sait qu’elles ont la Covid, encore faut-il avoir les tests, donc déjà c’est un premier problème, mais le décret prévoit aussi de l’appliquer à des personnes qui sont soupçonnées d’avoir la Covid.

C’est-à-dire qu’on va appliquer le Rivotril à des personnes dont on ne sait pas, dont on n’est pas certain qu’elles sont atteintes par la Covid. Et donc, dans les 10 000 morts dans les EHPAD, il y a peut-être des gens qui avaient des grippes classiques, qui ont quand même fonctionné, qui avaient de la température et des problèmes respiratoires. Et comme c’était un petit peu, si vous me permettez l’expression, le grand désordre général avec des équipes qui étaient épuisées, des équipements obsolètes, etc.

Eh bien, ni vu ni connu, ces gens-là, on leur a appliqué, sans les prévenir, sans prévenir les familles, sans avoir de collège médical qui se statue, du Rivotril. Durant la première vague du coronavirus.

L’audio de cet interview est disponible ici.

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