Xenia Fedorova répond aux mensonges du Monde

Publié par le 30 Août, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Xenia Fedorova répond aux mensonges du Monde

J’ai déjà consacré plusieurs articles à la journaliste russe Xenia Fedorova :

– Xenia Fedorova, révélatrice du totalitarisme macronien

– L’expulsion de Xenia Fedorova est illégale !

– La parole à Xenia Fedorova

– Haro sur Xenia Fedorova mais vive J-M. Aphatie !

Et je continuerai à défendre cette journaliste dont l’expulsion est une nouvelle mesure totalitaire de la Macronie, un véritable scandale.

Evidemment, la plupart des médias n’ont rien à trouver à redire et certains comme le Monde enchainent les articles à charge contre la journaliste.

Xenia Fedorova rappelle que le Monde précise dans un article à paraitre dans les heures qui viennent que :

L’arrêté d’expulsion de France signé par Laurent Nuñez, le ministre de l’intérieur, avec l’aide du quai d’Orsay et de Bercy et en liaison directe mais discrète avec l’Elvsée …

Xenia Fedorova en déduit que cette phrase renforce :

ce qu’elle dénonce depuis le début : non pas une simple décision administrative, mais une affaire suivie au plus haut niveau de l’État, qui nourrit sérieusement le soupçon d’un règlement de comptes politique personnel.

Voici le tweet de Xenia Fedorova en réponse à cet article publié par le Monde :

Quand Le Monde fabrique son propre récit.

Fausses informations, affirmations non vérifiées, présentées comme des faits, insinuations et vocabulaire à charge : l’article que Le Monde me consacre
aujourd’hui est un cas d’école de journalisme biaisé.

Puisqu’il est question de « désinformation », examinons les faits point par point.

Le Monde préfère parler de « cavale », me présentant comme une fugitive qui aurait disparu, plutôt que de commencer par un fait simple : j’étais déjà à l’étranger, en vacances. Je n’ai donc pas « fui » la France – après cette décision je ne pouvais pas simplement rentrer à Paris pour « me présenter aux autorités françaises » :
revenir en France aurait signifié enfreindre la mesure même qui m’était imposée et m’exposer à une arrestation ainsi qu’à une potentielle peine d’emprisonnement.

Le prétendu mystère entourant l’endroit où je me trouve est tout aussi étrange. J’ai indiqué publiquement sur mon compte X que j’étais déjà à l’étranger. Le Monde situe ensuite ma « cavale » à Rome. Je n’étais pas à Rome. L’article affirme également, en citant la direction de CNews, que j’étais récemment en Turquie. C’est également faux, et je n’ai pas discuté de ma localisation avec la direction de CNews.

Qualifier donc ma situation de « cavale », tout en transformant des informations vagues ou de seconde main sur mes déplacements en localisations précises, ne constitue pas une présentation neutre des faits.

Il en va de même de ma prétendue candidature à la direction de la Maison russe de la culture à Berlin. Je n’ai jamais postulé à ce poste, je ne l’ai jamais recherché et je n’ai jamais reçu aucune proposition officielle. La seule fois où ce sujet m’a été évoqué, sans que j’y aie donné suite, c’était lors d’une conversation téléphonique privée avec une amie qui n’exerce aucune fonction au sein de la Maison russe à Berlin. Présenter cette conversation comme une « candidature » constitue, à tout le moins, une sérieuse déformation des faits.

La référence au fait que je ne possède pas de carte de presse française est une autre insinuation présentée comme si elle démontrait quelque chose. En France,
détenir une carte de presse n’est pas une obligation légale pour exercer le métier de journaliste, que j’exerce depuis plus de vingt ans en Russie, en Allemagne et en France.

Il y a ensuite la prétendue interdiction d’entrer sur le territoire allemand. Le Monde présente comme un fait établi que, « depuis 2024 », j’aurais « interdiction d’entrer sur le territoire allemand ». Or, je n’ai jamais été informée d’une telle décision et aucune copie ne m’en a jamais été communiquée. La chronologie elle-
même soulève des questions évidentes : j’ai quitté l’Allemagne en 2017 lorsque je me suis installée en France, alors que cette mesure daterait de 2024, soit
sept ans après la fin de mon activité professionnelle et de ma résidence en Allemagne. Cette même année, mon titre de séjour français a été renouvelé et j’ai
commencé mes émissions Lumières Orthodoxes chez Canal Plus.

Les autorités françaises font référence à cette décision allemande, mais aucune copie ne m’en a été présentée. À ma connaissance, les médias qui en parlent comme
d’un fait établi n’ont pas davantage établi ce que dit réellement cette décision, si elle existe, ni sur quels motifs elle repose. Mes avocats tentent actuellement
d’obtenir ce document et de déterminer précisément l’origine de cette allégation.

La qualification de mon travail chez Ruptly comme des « activités d’ingérence » est tout aussi trompeuse. J’ai dirigé cette agence à Berlin de 2015 à 2017. Ruptly
fonctionnait comme une agence de presse B2B : sous ma direction, elle produisait des contenus audiovisuels achetés par des médias en Allemagne, en France, aux
États-Unis et dans de nombreux autres pays, qui décidaient ensuite, de manière indépendante, s’ils souhaitaient les utiliser et de quelle manière, dans le cadre de leurs propres lignes éditoriales. Je ne dirigeais pas une chaîne de télévision allemande et je ne produisais pas de programmes destinés aux téléspectateurs allemands. Pourtant, sept ans après mon départ d’Allemagne, ce travail est rétrospectivement présenté comme la preuve d’« activités d’ingérence », sans que soit expliqué quel acte concret d’ingérence me serait reproché.

Le Monde affirme également que, selon mon livre Bannie, j’aurais vécu en Allemagne « dans ma jeunesse ». C’est faux. Le livre situe explicitement mon adolescence en Autriche. Mon installation à Berlin intervient bien plus tard, à l’âge adulte, d’abord dans le cadre d’un Executive MBA, puis de ma carrière
professionnelle.

Le Monde mentionne également le gel de l’ensemble de mes avoirs financiers et de mes comptes bancaires en France, ainsi que l’interdiction faite à quiconque de
mettre des fonds à ma disposition. Mais il omet de poser une question pourtant essentielle : en quoi les revenus que j’ai gagnés et déclarés en France auraient-ils servi à commettre, faciliter ou financer de prétendus « actes d’ingérence » ?

Plus grave encore est l’accusation, reprise dans l’article, selon laquelle je serais « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes ». Une accusation d’une telle gravité exige des preuves. Être en désaccord avec la politique dominante concernant l’Ukraine ne constitue pas une preuve d’une direction étrangère. S’opposer à la poursuite de l’escalade militaire du conflit, défendre la recherche de négociations ou considérer que l’objectif devrait être de
trouver une voie permettant de mettre fin à la guerre plutôt que de l’alimenter indéfiniment par toujours davantage d’armes ne fait pas, en soi, de quelqu’un un
agent de la désinformation russe. Si l’expression de telles positions suffit à faire naître un soupçon d’ingérence étrangère, alors la frontière entre la lutte contre une véritable ingérence et le contrôle d’opinions politiques légitimes devient dangereusement floue.

Enfin, Le Monde écrit que j’ai « d’emblée sollicité les tribunaux. Sans succès » et que, le 14 août, j’ai « perdu une seconde fois mon recours ». Cette formulation occulte un fait essentiel : dans aucune de ces deux procédures d’urgence, le tribunal administratif ne s’est prononcé sur la légalité ou sur le fond de mon expulsion. Les requêtes ont été rejetées sur la question de l’urgence. La légalité de la décision reste à examiner dans le cadre du recours au fond.

Cette accumulation de termes orientés, de raccourcis et d’affirmations présentées sans les éléments qui permettraient de les étayer construit un récit dans lequel le verdict semble avoir été écrit avant même que les faits aient été établis.

Il reste toutefois un passage particulièrement révélateur dans cet article pourtant truffé d’accusations et d’informations contestables : « L’arrêté d’expulsion de France signé par Laurent Nuñez, le ministre de l’intérieur, avec l’aide du quai d’Orsay et de Bercy et en liaison directe mais discrète avec l’Elvsée ... » Cette phrase renforce, à mes yeux, ce que je dénonce depuis le début : non pas une simple décision administrative, mais une affaire suivie au plus haut niveau de l’État, qui nourrit sérieusement le soupçon d’un règlement de comptes politique personnel.

Xenia Fedorova sur X.

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