A Strasbourg aussi, on bafoue la démocratie !

Publié par le 18 Juil, 2026 dans Blog | 0 commentaire

A Strasbourg aussi, on bafoue la démocratie !

A Paris, des sénateurs veulent empêcher les opposants à la doxa dominante de s’exprimer sur les réseaux sociaux en renforçant les pouvoirs de l’Arcom (cf cet article) !

A Bruxelles, l’Union européenne veut aussi contrôler les réseaux sociaux. Elle a commencé avec le Digital Services ACt (DSA) et continue aujourd’hui avec le Chat Control qui va lui permettre d’avoir un droit de regard sur tous les messages échangés sur les réseaux sociaux !

A Strasbourg, le Parlement européen a dû penser qu’il devait se joindre à la chasse aux opposants puisqu’il vient de voter, à une large majorité, une motion demandant la mise à l’index des députés d’un parti soupçonné de ne pas partager les « valeurs de l’Europe » !

Oui, vous avez bien lu ! Des députés se permettent de remettre en cause le suffrage universel en éliminant certains de leurs collègues en fonction de critères totalement subjectifs et orientés politiquement !

Le plus terrible est qu’il s’est trouvé 414 députés pour voter ce reniement du vote des électeurs ce qui témoigne du degré de panique de toutes les forces de la bien-pensance !

C’est ce que rapporte ce tweet :

Ça va très mal pour Sarah Knafo au Parlement européen

Je vous explique tout

Le 7 juillet, à Strasbourg, il s’est produit une première dans l’histoire de l’Union européenne, et elle est passée sous les radars de l’été : 414 eurodéputés ont voté l’ouverture d’une procédure de vérification des « valeurs » d’un parti politique européen — avec, au bout, sa possible radiation et la coupure de ses financements. Je décris le mécanisme, pièce par pièce, parce qu’il mérite d’être regardé en face.

Les faits. Par 414 voix contre 224 et 18 abstentions, le Parlement européen a saisi l’APPF — l’Autorité pour les partis politiques européens — pour vérifier la conformité du parti Europe des Nations Souveraines (la famille de Reconquête et de l’AfD, plus petit groupe du Parlement) avec les « valeurs fondamentales de l’Union » : démocratie, État de droit, droits humains. Si l’enquête conclut à la non-conformité : perte du statut de parti européen et des subventions afférentes, jusqu’à deux millions d’euros par an. Le dossier d’instruction : environ 300 pages compilées par le directeur de l’Autorité lui-même — des publications de MEMBRES du parti, dont une vidéo d’un élu slovaque insultant un migrant et un communiqué bulgare assimilant homosexualité et pédophilie.

Disons-le sans détour : plusieurs des propos compilés sont indéfendables, et je ne les défendrai pas. Leurs auteurs ont des noms, des visages, et il existe pour cela des tribunaux — l’injure et la diffamation sont des délits partout en Europe, imputables à ceux qui les commettent. Mais regardez ce que fait la procédure :

elle ne poursuit pas les auteurs. Elle instruit contre la STRUCTURE — le parti entier, ses milliers d’adhérents, ses électeurs — au titre d’une non-conformité idéologique collective.

C’est le glissement décisif : de la responsabilité pénale individuelle, jugée par des juges, à la conformité doctrinale collective, appréciée par une autorité administrative. Un parti ne peut pas être coupable. Il peut désormais être non conforme — le vocabulaire de l’homologation industrielle, appliqué à l’opinion.

Et qui décide de saisir l’Autorité ? Le Parlement — c’est-à-dire les partis.

Relisez le vote : 414 élus de formations concurrentes ont voté l’ouverture d’un procès en valeurs contre une formation rivale. Dans aucun autre domaine du droit on n’accepterait que les compétiteurs d’une entreprise votent l’ouverture de l’enquête qui peut la radier du marché.

Ici, le conflit d’intérêts n’est pas un vice de procédure : il EST la procédure.

Que la cible soit aujourd’hui le plus petit groupe du Parlement ne rassure en rien — c’est même la règle des précédents : on les établit sur le faible, pour les avoir sous la main contre le fort. La grille « valeurs » est infiniment extensible ; l’eurodéputée Sarah Knafo l’a résumée d’une phrase :

Opposez-vous à l’immigration, l’UE ouvrira une enquête contre vous. 

Replacez enfin l’événement dans sa séquence, car rien de tout cela n’est isolé. Décembre 2024 : la Roumanie annule une élection présidentielle pour « manipulation en ligne ». Juillet 2026 : le Sénat français propose un observatoire capable de faire « invisibiliser un utilisateur fautif » avant les élections. La même semaine : le Parlement européen ouvre la première procédure de dé-reconnaissance d’un parti d’opposition. Un vote annulé, des électeurs invisibilisables, un parti radiable — chaque étage vise un niveau différent de l’expression démocratique, et tous convergent vers la même échéance : 2027. Ce ne sont pas des coïncidences. C’est une grammaire.

Le parti n’est pas interdit.
Il est déclaré non conforme.

(Sources : Parlement européen, vote du 7 juillet 2026 ; APPF, saisine et dossier ; AFP via Le Temps, 8 juillet ; Euronews, 1er juillet)

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