Les sondages sur la prochaine présidentielle de 2027 se succèdent avec toujours le même résultat : Marine Le Pen distance ses adversaires au premier tour et l’emporte largement (67 %) au second face à Jean-Luc Mélenchon.
Il convient néanmoins de rester vigilant et de pas tenir pour acquise la défaite de LFI face au RN, surtout dans cette ambiance pré-révolutionnaire qui s’est emparée de la France depuis plusieurs semaines.
Un fait troublant doit nous interpeller !
On pouvait penser que les violences physiques et les pillages qui ont accompagné la révolte des lycéens renforceraient l’image sulfureuse de LFI et que l’électorat bourgeois, celui des retraités et des classes moyennes se mobiliseraient pour rejeter ce parti et son candidat …
Il n’en est rien, et Mélenchon a même gagné 2 points dans les sondages à cette occasion. L’explication est sans doute à chercher du coté de la jeunesse très sensible aux réseaux sociaux où l’extrême gauche est bien plus implantée et active que le RN.
Eric Verhaeghe dans un article paru dans le Courrier des stratèges délivre une brillante analyse de la situation politique et appelle à la mobilisation de la droite.
Voici une synthèse réalisée par IA de cet article qui relève trois points à l’avantage de Jean-Luc Mélenchon, notamment en vue du débat télévisé entre les deux tours :
- Sa popularité dans la jeunesse,
- Ses qualités de débatteur hors pair,
- La solidité de sa doctrine face à celle fluctuante du RN.
Pourquoi Mélenchon pourrait battre Marine Le Pen en 2027
Au Brésil, le 25 octobre, Lula a remporté le second tour de la présidentielle avec 51,79 % des voix. Au premier tour, il était pourtant arrivé deuxième, deux points derrière Flávio Bolsonaro (45,16 % contre 47,03 %). C’est une première depuis le retour de l’élection directe en 1989 : CNN Brasil a parlé de « première remontada au second tour de l’histoire ». L’auteur part de ce précédent pour soutenir une thèse à contre-courant :
en 2027, Jean-Luc Mélenchon pourrait battre Marine Le Pen.
Un outsider très distancé
L’auteur admet d’emblée que la France n’en est pas là. Selon l’Ifop pour LCI (enquête du 27 au 29 octobre), Marine Le Pen recueille entre 35 et 37 % des intentions de vote au premier tour, contre 17,5 à 18 % pour Mélenchon. Au second tour, la moyenne des sondages donne 68 % contre 32 %. Condamnée en appel le 7 juillet, Marine Le Pen reste éligible tant que la Cour de cassation n’a pas statué. Lula avait deux points de retard, Mélenchon en a trente-six.
Pour l’auteur, la campagne ne fait pourtant que commencer, et trois raisons ouvrent un chemin au leader insoumis : la jeunesse, le débat télévisé et la doctrine.
1 – La jeunesse et les écrans
Mi-septembre, un mouvement lycéen est parti de Créteil. Le 5 octobre, plus de 400 établissements étaient perturbés : Public Sénat parlait du « plus massif mouvement lycéen spontané depuis 1990 ». Ce jour-là, devant des étudiants d’HEC, Mélenchon a déclaré :
Aucune société ne peut se fâcher avec sa jeunesse.
Selon l’Ifop, 74 % des 18-24 ans soutenaient alors la mobilisation.
Dans la même période, Mélenchon a gagné deux à trois points. Il était mesuré entre 15,5 et 17 % début septembre, puis entre 16 et 20 % en octobre, avec un pic à 20,5 % chez Cluster17 le 15 octobre. L’auteur reste prudent : l’institut lui-même n’attribue pas cette hausse à un événement précis, et Marine Le Pen a elle aussi profité de la colère. Mais chez les 18-24 ans, Mélenchon obtiendrait environ 40 %, contre 30 % pour elle. Or cette génération votera pour la première fois en avril.
L’écart est encore plus net sur les réseaux sociaux :
- TikTok : 3,3 millions d’abonnés pour Mélenchon, contre 1,7 million pour Le Pen ;
- YouTube : 1,31 million contre 224 000 ;
- Instagram : 1,23 million contre 917 000.
Marine Le Pen ne le devance que sur X et Facebook, « les deux réseaux où l’on vieillit ». La formule de l’auteur résume l’argument :
Un sondage photographie une opinion. Un réseau mesure une énergie.
2 – Le soir du débat
Selon l’auteur, le second tour se joue en grande partie lors du débat télévisé, et Marine Le Pen a perdu les deux siens face à Emmanuel Macron. En 2017, 63 % des téléspectateurs interrogés par Elabe ont jugé Macron le plus convaincant, contre 34 % pour elle. En 2022, mieux préparée, elle a fait mieux (39 % contre 59 %), sans changer l’issue.
Mélenchon, lui, est un « animal de plateau ». Lors du débat à onze candidats d’avril 2017, il est sorti premier avec 25 %, devant Macron (21 %) et Le Pen (11 %). Il a la mémoire des chiffres et le sens de la formule. Il lui manque la sympathie, mais l’auteur estime qu’un débat « se gagne en ayant réponse à tout ».
L’auteur reconnaît que trente-six points ne se rattrapent pas en une soirée. Le Brésil montre seulement que l’ordre d’arrivée au premier tour n’est pas un destin. Le vrai obstacle de Mélenchon est le rejet : 69 % des Français le rejettent selon Cluster17. Le débat ne peut l’aider qu’à une condition : que l’élection cesse d’être un référendum sur sa personne pour devenir une confrontation entre deux projets.
3 – Une idéologie « épaisse » contre une idéologie « mince »
C’est l’argument central. L’auteur s’appuie sur le politologue Cas Mudde, qui définit le populisme comme une idéologie opposant « le peuple pur » à « l’élite corrompue ». Pour Mudde, c’est une idéologie « mince » : elle ne tient debout qu’adossée à une autre, plus complète, socialisme, nationalisme ou libéralisme. Il classe Mélenchon parmi les populistes de gauche, et Marine Le Pen dans la droite radicale populiste.
La suite est la lecture de l’auteur, non celle de Mudde. Chez Mélenchon, le populisme habille une doctrine ancienne issue du marxisme. Il l’a apprise à l’Organisation communiste internationaliste entre 1972 et 1976, et il en a gardé une méthode : une organisation centralisée, une ligne, un programme qui répond à tout. La cinquième édition de L’Avenir en communcompte 1 069 mesures, dont 238 nouvelles. L’auteur déteste « presque toutes » ces mesures, mais reconnaît qu’elles ne se contredisent pas.
Le Rassemblement national, à l’inverse, adosse son populisme à une identité plutôt qu’à une économie, et son programme économique a souvent changé :
- abandon de la sortie de l’euro en 2019 ;
- en 2024, abrogation de la réforme des retraites subordonnée à un audit, et baisse de la TVA réservée aux cas de « forte inflation » ;
- en juin 2026, Jordan Bardella évoquant un relèvement de l’âge légal pendant que Marine Le Pen défendait les 62 ans.
Ces virages ont pu rapporter des voix, mais ils ont privé le parti de toute réponse stable. Lors d’un débat, Mélenchon déroulera selon l’auteur une chaîne cohérente :
la cause, le coupable, la mesure et le financement, même si ce dernier est faux.
Marine Le Pen opposera plutôt un ennemi à désigner et un chiffre à recalculer, comme en 2017 sur l’euro.
Conclusion : un avertissement à la droite
L’auteur maintient ce qu’il avait écrit en octobre : une victoire de Mélenchon ruinerait la France plus vite que celle de Marine Le Pen, par la peur des créanciers. Mais qu’une victoire coûte cher ne la rend pas impossible, et confondre les deux est selon lui « l’erreur favorite de la droite française depuis vingt ans ».
Son message vise donc surtout les libéraux qui se croient protégés par la seule présence de Marine Le Pen. Ils ont laissé un parti sans doctrine économique servir seul de « dernier rempart », sans lui fournir ni idées ni contradicteurs.
Sa conclusion : si le Brésil a montré que l’ordre du premier tour n’est pas un destin, la France pourrait montrer qu’un programme cohérent bat un programme flottant, « même quand il est faux ».
Vous venez de lire une synthèse réalisée par l’IA Claude Opus 5.5 d’un article d’Eric Verhaeghe pour le Courrier des stratèges.




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