Euthanasie et suicide assisté : une loi intégriste !

Publié par le 1 Juil, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Euthanasie et suicide assisté : une loi intégriste !

Habituellement, à chaque fois qu’elle fait voter une loi sociétale, la gauche progressiste avance masquée.

Elle a proposé le PACS pour éviter le mariage gay …

Elle avait promis le mariage gay sans adoption …

Elle a fait voter la PMA en jurant que jamais la GPA ne serait proposée …

Mais soyez en sûr à la prochaine majorité de gauche, la GPA sera actée !

Mais cette fois-ci, pour l’euthanasie et le suicide assisté, le masque s’est limité à un mensonge sémantique en remplaçant les deux termes précédents par l’Aide à mourir.

Pour le reste, c’est une loi intégriste qui vient d’être une nouvelle fois votée ! La loi la plus permissive de tous les pays qui ont légalisé l’euthanasie.

Comme la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, cette loi va entrainer la fuite à l’étranger d’organismes de soin catholiques puisqu’on leur a refusé la clause de conscience. Ils seront tenus de donner la mort à leurs patients !

Pour moi, la pire mesure de cette loi c’est le classement des morts par euthanasie en … morts naturelles ! Sous prétexte de ne pas entrainer de problèmes d’héritage, il s’agit ici d’empêcher toute statistique qui ne manquerait pas de révéler que cette loi ne traite pas des cas exceptionnels mais qu’elle va bien au delà.

Au Canada, l’euthanasie représente 5,1 % des morts (source ici) !

Cela veut dire qu’en France on atteindra … plus de 33 000 morts par euthanasie ! Pourra t-on alors parler de cas exceptionnels ?

Pour conclure, je veux partager ici l’excellent discours du député et médecin Philippe Juvin qui a mis les députés face à leur conscience :

Voici le verbatim du sublime discours de Philippe Juvin suivi de la vidéo :

Non, chacun doit savoir exactement ce qu’il va voter. D’abord, ce n’est plus une loi d’ultime recours, cette loi concernera aussi des personnes ayant plusieurs années à vivre, car avec certaines maladies ou pronostics vitals engagés en face avancée ou terminale, on vit aujourd’hui plusieurs années. Le délai de réflexion, Belgique un mois, Canada trois mois, chez nous deux à dix-sept jours. Deux jours.

Qui n’a jamais voulu mourir un jour et vivre deux jours après, mes chers collègues ? Ce texte ignore un fait fondamental, le désir de mort est fluctuant. La collégialité, le patient pourra n’avoir rencontré qu’un seul médecin physiquement. Nous proposions la vie obligatoire du médecin traitant qui connaît mieux le patient que lui et d’un psychiatre.

Refusé. Nous proposions une commission de contrôle avant le geste. Refusé.

Elle se réunira après la mort, la belle affaire. Nous proposions qu’un déficient mental. Un déficient mental.

Un bipolaire ne puisse jamais être euthanasié. Refusé. Un majeur sous tutelle, mes chers collègues, qui ne peut signer un chèque, pourra demander l’euthanasie.

Parce que toutes les familles ne sont pas aimantes et qu’il y a des héritages qui se font attendre. Nous proposions qu’un juge vérifie l’absence de pression d’abus de faiblesse. Refusé.

Nous demandions que la moindre altération du discernement interdise l’euthanasie. Refusé. Alors vous dites loi de fraternité, mais la fraternité ce n’est pas ça, c’est se préoccuper des autres.

A l’admission au soin palliatif, 3% des patients veulent mourir une semaine plus tard, 10 fois moins. Qu’est-ce qui s’est passé en 7 jours ? Eh bien, on a répondu à leurs besoins. Quand on s’occupe des gens, la demande d’euthanasie disparaît.

Vous dites, c’est une loi de liberté absolue, mais la liberté absolue, ça n’existe pas, nous ne sommes pas seuls. Et puis, est-on libre quand on souffre de dépression ? Les psychiatres savent bien que non. Est-on libre quand on ne peut pas se payer d’aides humanitaires ou matérielles ? Quand on est grabataire, seul, qu’on se sent sale dans son lit et que l’infirmière ne passe que le lendemain, on est moins libre de ses choix que si l’infirmière est là en permanence.

Oui, vous n’êtes pas contents. Mais je vous le dis, quand on ne peut pas se payer l’infirmière 24 heures sur 24, les jours et les nuits sont plus pénibles et ça, ça peut donner des envies de mort. Alors vous dites, on ne forcera personne.

Mais attention, attention, dans une société traversée par les inégalités, où l’on inculque insidieusement à certains qu’ils seraient un fardeau, la liberté proclamée peut se muer en pression silencieuse, pousser les plus vulnérables vers la sortie, les inciter à s’effacer eux-mêmes. Ouvrez les yeux, c’est déjà le cas au Canada, pour un quart des canadiens, la pauvreté est désormais une raison valable pour demander l’euthanasie et le handicap pour 50%. Vous, mes chers collègues, vous pourrez choisir, vous pourrez vous payer une infirmière parce que vous avez de l’argent, vous pourrez choisir les soins palliatifs parce que vous avez des relations.

Cette loi, c’est une loi votée par des gens riches et bien portants qui ont peur de la déchéance. Mais qui s’appliquera aux autres, à ceux qui ne peuvent pas vraiment choisir. Non, mais ne me dites pas que le SDF et le milliardaire ont le même choix, ce n’est pas vrai, surtout pas vous, s’il vous plaît, surtout pas vous.

Philippe Juvin au Palais Bourbon.

Et voici la vidéo de l’intervention de Philippe Juvin :

@tribunepopulaireoff♬ son original – Tribune Populaire

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