Gabriel Attal éclaboussé par son ministère de l’eau

Publié par le 13 Août, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Gabriel Attal éclaboussé par son ministère de l’eau

Un jour, une idée. Ou presque. Gabriel Attal qui a décidé de faire don de ses vacances à la France, pour cause de campagne présidentielle, nous épate, chaque jour un peu plus. On a eu l’épisode des gens du voyage puis celui des ingérences russes, voici donc venu celui de l’eau. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, le 10 août dernier, faisait étape dans les Pyrénées-Orientales. Plus précisément à Argelès-sur-Mer où il a rencontré des viticulteurs qui ont durement souffert de la sécheresse. À l’issue de cette visite, le candidat à la présidence a fait une grande annonce : « Si les Français me font confiance, je souhaite qu’un ministère dédié à l’eau soit créé ». Personne n’y avait pensé jusque-là.

Vous venez de lire l’introduction d’un article de Boulevard Voltaire consacré à la campagne présidentielle très active et très précoce de Gabriel Attal.

C’est sa proposition (démagogique et opportuniste ?) de création d’un ministère de l’eau a déclenché de nombreuses critiques dans le monde politique.

Voici la suite de l’article :

Gabriel Attal découvre l’eau qui mouille

Réflexe bien français …

Pour résoudre un problème, on crée un ministère. Bien évidemment, « l’eau est le bien de toute l’humanité » et « nous devons en prendre soin », comme l’affirme Gabriel Attal qui enfile les évidences comme d’autres les perles. Mais un ministère de l’Eau ? Gabriel Attal croit-il vraiment qu’une couche supplémentaire d’administration étatique contribuera, par exemple, à « lever tous les freins qui empêchent la réutilisation des eaux usées » ou encore à « faciliter pour nos agriculteurs, les projets de retenues d’eau », pour reprendre les items évoqués dans son post publié sur X ?

Du reste, Gabriel Attal croit-il vraiment que les Français sont encore sensibles – s’ils l’ont jamais été – à ce genre de proposition marketing ? Certes, un certain Maxime Boudet, collaborateur d’élu macroniste, n’a pas pu s’empêcher de saluer sur X la proposition de son candidat préféré : « Sur l’eau, il fallait bien que quelqu’un se mouille ! Et visiblement, le seul à vraiment se jeter à l’eau… c’est notre candidat. Gabriel Attal, le seul politique à se saisir vraiment de l’enjeu de l’eau ! » Ce qui reste à prouver. Certes, encore, Prisca Thevenot, préposée en chef à l’encensoir, a laissé tomber deux secondes ses lectures estivales, pour réagir à l’idée de génie, pardon, du génie : « Préserver l’eau, c’est protéger notre avenir. Alors ne subissons pas : agissons… »

Ça coule de source

En revanche, David Lisnard, lui aussi candidat à la présidentielle et qui connaît sans doute un peu mieux le sujet que Gabriel Attal en tant que maire, est – disons-le – plus circonspect. « Les actions dans le domaine de l’eau (potable, usée, pluviale) ont besoin d’un cadre juridique clair et responsabilisant, qu’on simplifie les procédures et facilite le travail des collectivités responsables (intercommunalités et communes), et de moyens en solidarité pour les secteurs les plus démunis. Rien de cela ne peut résulter d’un ministère supplémentaire. » C’est clair et coule de source.

De son côté, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, qui n’en rate pas une, a lui aussi réagi. « Il y a déjà un ministère qui s’occupe de l’eau. Dommage qu’un ancien Premier ministre ne le sache pas et ne s’y soit jamais intéressé avant, cela aurait pu éviter le désastre actuel. Quoique si Attal s’y était intéressé, cela aurait pu être encore pire. » De l’eau au moulin.

Ce décret de 2024

S’il n’y a pas à proprement parler un ministère de l’Eau, il y a tout de même, depuis un décret pris le 12 juillet 2024, un délégué interministériel en charge de la gestion de l’eau en agriculture. Une sorte d’embryon de ministère de l’Eau. Interministériel, car ce haut fonctionnaire est placé à la fois auprès du ministre chargé de l’agriculture et du ministre chargé de l’environnement. Sa mission ? « Accélérer l’adaptation de l’agriculture au changement climatique, en promouvant la gestion raisonnée et performante de l’eau pour des usages agricoles, dans le respect des équilibres des milieux et des autres usages s’inscrivant dans la gouvernance territoriale de l’eau, en particulier l’eau potable. » Très bien. Avant de penser à créer un ministère de l’Eau, il ne serait pas inutile de faire un petit bilan de cette délégation interministérielle. Au bout de deux ans d’existence, ce ne serait pas sot. Au fait, qui signa ce décret du 12 juillet 2024 ? Vous l’aurez deviné : Gabriel Attal.

Georges Michel pour Boulevard Voltaire.

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