A propos de la directive Retour votée à Bruxelles grâce à une inattendue et bénie union des droites, Macron a déclaré q’il ne mettrait pas en place de hubs de retour propres à faciliter l’expulsion des migrants clandestins.
Pour justifier son refus, il a déclaré :
« Cette mesure, ce n’est pas « Notre Europe » ! »
Mais quel est donc ce « nous » que Macron évoque ?
En tout cas, ça n’est pas le « nous » qui désigne les Français qui sont deux sur trois à approuver cette mesure !
A l’évidence, ce n’est pas non plus les autres dirigeants des pays européens qui envisagent tous de recourir à ces hubs !
Non, le « nous » auquel Macron fait référence … c’est juste lui même !
Son narcissisme le pousse, à se considérer, comme Louis XIV, comme au dessus de tout !
Voici un article de Boulevard Voltaire qui développe ce sujet :
Immigration : le grand malaise macroniste sur les hubs retour
Après Macron et Barrot, Gabriel Attal enterre à son tour le dispositif européen avant même sa mise en œuvre.
Les déclarations de Gabriel Attal, lundi soir, sur LCI, n’ont rien d’un dérapage isolé. En qualifiant les futurs hubs retour de « camps », en mettant en doute leur efficacité et leur coût, le président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale s’inscrit dans une ligne désormais clairement assumée par l’exécutif.
Quelques jours auparavant, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait déjà indiqué que la France n’utiliserait pas ce nouvel outil prévu par le règlement européen sur les retours. Emmanuel Macron lui-même avait balayé le dispositif, estimant qu’il ne correspondait pas à « notre Europe ». Trois prises de position qui dessinent une doctrine : la France ne veut pas des hubs retour, pourtant adoptés par une majorité du Parlement européen.
Cette position isole d’ailleurs davantage Paris qu’elle ne rassemble.
Le règlement a été soutenu non seulement par le Parti populaire européen et la droite souverainiste, mais également par plusieurs délégations sociales-démocrates. À l’inverse, Renaissance s’est retrouvée objectivement sur une ligne proche de celle défendue par les écologistes, les socialistes français et La France insoumise, qui dénoncent depuis des semaines une « ignominie » et assimilent ces centres à des « camps ».
Un dispositif jugé inefficace… avant même d’avoir existé
L’argument le plus contesté de Gabriel Attal reste celui de l’efficacité. Selon lui, ces hubs retour ne fonctionneraient pas. Une affirmation qui fait bondir ses opposants, puisque le dispositif n’a encore jamais été expérimenté dans le cadre juridique prévu par le nouveau règlement européen.
Pour justifier le vote de ses élus contre le règlement retour, @GabrielAttal invente ce soir sur LCI une panoplie de raisons absurdes : les centres de retour auraient échoué (aucun n’est encore ouvert), ou bien expulser des étrangers en situation irrégulière… coûterait trop…
— Fx Bellamy (@fxbellamy) June 29, 2026
Les centres de retour auraient échoué .. alors qu’aucun n’est encore ouvert,
ironise, ainsi, l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy, sur X. Selon lui, Gabriel Attal « invente une panoplie de raisons absurdes » pour justifier le vote négatif des élus Renaissance. Bellamy pousse même la charge plus loin :
si les macronistes estiment que ces centres portent atteinte aux droits fondamentaux, ils se placent à la gauche de beaucoup de socialistes européens.
L’Italie empêchée par les juges
Les défenseurs du règlement rappellent que les seules expériences invoquées par Gabriel Attal n’ont jamais pu aller à leur terme. L’exemple italien est révélateur. Le gouvernement de Giorgia Meloni avait conclu un accord avec l’Albanie afin d’y transférer certains migrants en attente de retour. Mais le dispositif a été suspendu non pour des raisons d’efficacité, mais à la suite de décisions de justice fondées sur le droit européen alors applicable. Le nouveau règlement a précisément été conçu pour lever ces obstacles juridiques.
« C’est une hypocrisie pas possible », réagit, auprès de Boulevard Voltaire, le député UDR Matthieu Bloch :
Ça ne fonctionne pas parce que le juge a interdit que cela se fasse. Là, on change justement la règle européenne, et Gabriel Attal explique malgré tout que cela ne marche pas.
Même constat au Royaume-Uni, où le projet de transfert des demandeurs d’asile vers le Rwanda a été bloqué pendant des mois par les juridictions, avant d’être abandonné par le gouvernement travailliste.
Une fracture politique qui s’élargit
Pour le Rassemblement national, les propos de Gabriel Attal ne font que confirmer la continuité du macronisme en matière migratoire :
Gabriel Attal est dans la communication politique uniquement,
estime Julien Limongi, auprès de Boulevard Voltaire. Selon le député RN de Seine-et-Marne :
l’ancien Premier ministre n’a jamais porté un discours consistant à réduire l’immigration lorsqu’il était à Matignon, si bien que les Français ne seront pas dupes de cette position.
Au-delà de la polémique, une ligne de fracture apparaît de plus en plus nettement. D’un côté, une majorité d’États européens cherchent à durcir la politique de retour des étrangers en situation irrégulière. De l’autre, l’exécutif français continue de contester l’un des principaux outils imaginés par Bruxelles pour accélérer les expulsions. Une position qui vaut désormais à Gabriel Attal les applaudissements de la gauche … et les critiques de la droite comme d’une partie de ses partenaires européens.
Yann Montero pour Boulevard Voltaire.




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